| Yi Quan : la méthode d'entraînement |
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| Écrit par Nicolas Jucha | |||
| Dimanche, 06 Décembre 2009 09:34 | |||
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En fondant le Yi Quan (ou Da Cheng Quan), Maître Wang Xiangzhai voulait établir un système allant à l'essence même des arts martiaux. Les méthodes d'entraînements développées par ce style sont en ce sens différentes des disciplines traditionnelles. La rédaction d'Ici la Chine vous propose un éclairage sur le sujet.
A voir sur notre site : le dossier complet sur le Yi Quan
Selon la méthode originelle léguée par Maître Wang Xiangzhai, la pratique du Yi Quan se divise en plusieurs grands types d'exercices :
Zhan Zhuang gong (站樁功)
Il s'agit du
travail de la Posture de l'arbre (appellation en Occident) sous ses différentes variantes. L'une d'elle, Xiuxi Zhuang, est destinée au repos. Il s'agit de la base indispensable pour progresser en Yi Quan, car elle permet de renforcer le corps (elle est utilisée dans un but thérapeutique en Qi Gong, pour renforcer le Qi dans certains arts martiaux), et de se sensibiliser aux différentes forces hun yuan li.Les postures reprennent toutes des principes à appliquer en exercices de shili et tuishou, à l'exception de xiuxi zhuang, destinée au repos. On peut séparer les positions en deux grandes catégories : les postures symétriques, particulièrement efficaces pour aider à sentir la circulation du Qi et améliorer la santé, et les postures asymétriques, mieux adaptées à la réalité du combat. Les travails de Shili (試力) Le premier caractère signifie essayer, expérimenter, le second signifie la force, la puissance. Il s'agit de mouvements lents, souvent dans le vide, afin de sentir la «force», non pas physique mais universelle (gravité, mécanique...). Cet exercice a pour but d'aider le pratiquant à découvrir tous les petits secrets cachés dans les subtilités de chaque mouvement.
Quand le pratiquant s'y familiarise, il devient de plus en plus apte à solliciter un grand potentiel de force à moindre effort (musculaire), et développe la capacité à déraciner son opposant, à le déstabiliser, ou à lui même se protéger d'une attaque en détournant la force ou en l'absorbant. Ce type d'exercices se pratique principalement en position statique ou alors peut être couplé à un travail de déplacements, Zoubu. Les Zoubu (走步) C'est le travail des déplacements du Yi Quan, aussi appelé mocabu ( 摩擦步). L'objectif des déplacements est à la fois d'avoir des appuis stables (pour pouvoir générer de la force et se protéger d'une poussée) tout en gardant une grande flexibilité et souplesse afin de se mouvoir rapidement.Les positions du Yi Quan, par rapport à d'autres arts martiaux sont très hautes, pratiquement debout, et les déplacements sont toujours très courts, mais nombreux. Le déplacement du centre de gravité est la base de tout mouvement, le pratiquant devant toujours garder cette notion d'équilibre à l'esprit. C'est elle par exemple, qui permet d'avorter un déplacement et de retourner en arrière si le besoin s'en fait sentir. Sur beaucoup de points, les pas du Yi Quan ressemblent à ceux de la boxe anglaise. Le fondateur ne s'est d'ailleurs jamais caché de dire que son art était inspiré de certaines connaissances occidentales. A un certain niveau, le travail du shili et du zoubu fusionnent car finalement ils sont indissociables. Fali (發力 Le premier caractère signifie envoyer, l'expression évoque l'explosion de force (littéralement émettre la force). Il s'agit de mobiliser un maximum de puissance pour repousser l'adversaire le plus loin possible. On le considère parfois comme une sorte de shili à vitesse réelle. Mais la différence entre ces deux composantes de la pratique est claire : shili a pour but d'apprendre à créer un déséquilibre ou une ouverture chez l'adversaire, alors que le fali est l'exploitation de ce déséquilibre ou de cette ouverture. Dans le tuishou, fali est la finalité si ce travail de poussée avec les mains est abordé dans une optique de confrontation. Dans un combat réel, le fali peut être remplacé par une frappe. Shisheng (試声)C'est le travail pour tester le son. Il s'agit d'apprendre à mobiliser la force et à la répartir efficacement dans tout le corps lors d'un fali. Il faut unir l'énergie du corps et celle tout autour.
Tuishou (推手)C'est l'exercice de mise en pratique par excellence dans le Yi Quan. Il peut se travailler à une main (pour comprendre comment détourner la force) ou à deux mains, dans une optique plus purement martiale.
L'objectif est de sentir la force, d'apprendre à l'utiliser avec le minimum d'efforts, mais aussi de développer une forte notion d'équilibre, des réflexes défensifs et offensifs pour le combat, et surtout, tester le réalisme de toutes les techniques apprises. Le meilleur exercice de complément du tuishou est le sanshou (散手), car les deux adversaires entament le combat à distance, contrairement au tuishou où les deux opposant sont en contact physique -ce qui signifie prise d'informations- dès le début. Un pratiquant qui ne s'exercera qu'au tuishou aura donc tendance à être déstabilisé si son adversaire parvient à maintenir une distance. Le Yi Quan propose également des techniques de frappe avec les poings, pieds ou même mains ouvertes, et certaines écoles comme celle de Maître Yao Chengrong à Pékin travaillent cet aspect sur des sacs de frappes. A noter : l'entraînement doit développer un équilibre en le doux et le ferme : il faut être détendu tout en ferme face à l'adversaire, mais cette fermeté ne doit pas mener à la crispation. A voir également :
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