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Wong Fei Hong, la légende du kungfu moderne chinois PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Jucha   
Lundi, 07 Décembre 2009 17:43

Wong Fei Hong, un personnage immortel

S'il est un seul personnage ayant marqué l'histoire moderne des arts martiaux chinois, il s'agit de Wong Fei Hong. Cet expert du Hung Gar est un véritable héros populaire en Chine, et de nombreux romans et films ont retracé ou réinventé ses exploits. Gros plan sur l'une des fiertés du peuple chinois...

Huang Feihong (1847-1924)

黃飛鴻 en caractères traditionnel

黄飞鸿 caractères simplifiés

Huáng Fēihóng en pinyin

Wong Fei-hong en cantonais

Une légende des arts martiaux

Jet Li, l'incarnation de Wong Fei Hong dans Il était une fois en ChineSi on cite le nom Wong Fei Hong, beaucoup d'amateurs occidentaux du cinéma hongkongais diront «Il était une fois en Chine», la série de films de Tsui Hark dans laquelle Jet Li joue le rôle principal. Pour les Chinois par contre, le nom évoque l'un des plus grands héros de l'histoire moderne nationale, un homme qui incarnait les idéaux et la fierté d'un peuple à lui seul.

 

Également réputé pour son habileté dans la danse du lion (il avait pour surnom «le Roi des Lions»), Wong Fei Hong était à la fois un expert des arts du combat et un grand docteur en médecine traditionnelle chinoise.

La vie de Wong Fei Hong

Maître Wong est né en 1847 dans la région de Nanhai (province du Guangdong, sud de la Chine) dans une famille de pratiquants d'arts martiaux. Son père, Wong Kei-ying (Huang Qijing), était un expert en Hung Gar (une boxe chinoise) et en médecine traditionnelle chinoise.

 

Il initia rapidement son fils (vers 5 ans), et celui-ci montra un potentiel impressionnant dans les deux disciplines. Sa réputation se répandit rapidement, et dès ses 20 ans, il était perçu comme un prodige des arts martiaux.

 

Mais plus qu'un précieux savoir dans les arts du combat ou de la guérison, Wong Fei Hong apprit surtout de son père les valeurs morales qui allaient faire plus tard de lui une icône : médecin, son père soignait tous les patients, y compris les plus pauvres.

 

Une attitude que Wong Fei Hong fit sienne, et qui le poussa durant sa vie entière à protéger les faibles et les pauvres face aux triades aussi bien qu'aux abus des forces publiques.

 

Il se maria 4 fois, ses trois premières épouses décédant jeunes, et eut 10 enfants. L'un d'eux ayant été tué par balle lors d'un combat, Maître Wong renonça à enseigner les arts martiaux aux autres pour les protéger.

Wong Fei Hong, le combattant

Sans conteste, maître Wong était un combattant d'exception. Il n'est cependant pas impossible que certaines de ses prouesses aient été exagérées et embellies. Certaines informations qui circulent sur lui ne sont pas justes : par exemple, il est souvent considéré comme un membre des 10 Tigres de Canton, or, si son père avait fait partie de cette élite martiale, lui n'y a jamais appartenu.

 

Initié à la boxe de l'homme ivre, Wong Fei Hong a surtout apporté sa contribution au Hung Gar, un style qui a puisé indirectement sa source au monastère de Shaolin. Au départ, son père avait hésité à lui enseigner les arts du combat, mais son propre professeur, Lu Acai, un ami du fondateur du Hung Gar (Hong Xiguan), s'était décidé à transmettre les bases de sa discipline à Wong Fei Hong.

 

Rapidement considéré comme un combattant d'exception, le futur grand maître allait assumer plus tard les fonctions d'instructeur de l'armée de Canton et chef de la milice civile. Sa personnalité exemplaire lui attirait le respect de tous.

 

Professeur d'arts martiaux, il eut parmi ses élèves quelques futurs pratiquants de renom : Lin Shirong reste le plus célèbre, Leung Foon et Ling Wan Gai, également très doués, sont morts trop jeunes pour réellement marquer l'histoire. Parmi ses élèves se seraient également trouvé le père de l'acteur Liu Cha Liang, un pionnier du cinéma d'arts martiaux.

 

Médecin comme son père à l'hôpital de Po Chi Lam dans la ville de Foshan (province du Guangdong), Wong Fei Hong a réellement acquis le statut de légende vivante le jour où il vaincu seul un gang de 30 hommes. Aujourd'hui, un musée en son honneur existe à Foshan.

 

A une époque où la Chine se cherchait des héros, Wong Fei Hong s'est distingué comme étant à la fois un exemple et un symbole : détenteur de savoirs traditionnels (arts martiaux et médecine), il a voué sa vie à l'aide d'autrui, à l'action courageuse plutôt qu'à la recherche de l'enrichissement personnel.

Le Hung Gar, l'art de Wong Fei Hong

Hung Gar, un art qui doit beaucoup à Wong Fei HongOutre sa maîtrise de la boxe de l'homme ivre, Wong Fei Hong s'est surtout fait un nom en tant qu'expert du Hung Gar.

 

Le fondateur de cet art est Hong Xiguan, élève de Zhi San, un moine de Shaolin. Ce dernier lui aurait appris le style du Tigre. Après la destruction du célèbre monastère par les autorités, Hong Xiguan et son maître voyagèrent au sud de la Chine.

 

On dit que Hong Xiguan rencontra alors son épouse Fang Yongchun, une experte du style de la Grue. Il associa le tigre et la grue pour donner naissance au Hung Gar. Il ouvrit une école de son art dans la province du Guangdong. C'est via l'un des compagnons les plus proches de maître Hong, Lu Acai, que le père de Wong Fei Hong allait s'initier au nouvel art.

 

Doué pour les arts martiaux, Wong Fei Hong allait développer ses propres techniques à partir du Hung Gar, s'inspirant notamment de cinq animaux : tigre (puissance, force et courage), grue (agilité, vigilance), léopard (vitesse), dragon (contrôle, qualité spirituelle) et serpent (force intérieure).

 

Maître Wong développa notamment deux célèbres techniques : le Fu Hok Sok Ying Kuen, également connu sous le nom de style du «Tigre et de la Grue», et le Sup Juet Sao, connu sous le nom de «ten killing hands» ou «ten special fists».

 

Les techniques de Wong lui permirent de ne perdre aucun combat de toute sa vie, selon ce qui se dit de lui. Ses grands principes étaient particulièrement destructeurs : attaquer les yeux, couper la respiration, casser le visage, exploser les oreilles, briser les reins, tordre les tendons, casser les doigts, disloquer les articulations, casser les coudes et troubler le système nerveux.

 

Trop dangereux, ces principes n'étaient enseignés qu'à des élèves triés sur le volet. Egalement expert dans le maniement de plusieurs armes dont le bâton long en bois, Wong Fei Hong avait la particularité d'annoncer le nom de ses techniques quand il se battait.

Les hommages à Wong Fei Hong :

Kwan Tak Hing, le  Wong Fei Hong du grand écranListe complète des films sur Wong Fei Hong (wikipedia)


Une énorme filmographie retrace les exploits de Wong Fei Hong. Héros populaire, il était toujours représenté comme vertueux, exemplaire, civilisé, respectueux des aînés et patriotique. En face, ses adversaires étaient particulièrement négatifs. Ses exploits réels ont été mixés avec d'autres fictifs.

 

8 acteurs ont incarné le héros chinois, pour plus de 100 films. Le plus actif est Kwan Tak Hing avec plus de 80 films en 20 ans. Il est aussi le premier, en 1949 («L'histoire de Wong Fei Hong» de Hu Peng), a avoir pris le rôle de maître Wong.

 

Mort en 1996 à l'âge de 91 ans, il a jouit d'une grande popularité en Chine, beaucoup le considérant comme le plus crédible de tous les Wong Fei Hong du cinéma. Il avait une formation dans les arts martiaux (notamment le Hung Gar) et dans l'Opéra de Canton, ce qui a facilité son identification au personnage.

 

Jacky Chan (Drunken Master), Gordon Liu (Challenge of the Masters) ou encore Jet Li (la série Il était une fois en Chine, Claws of Steel) font partie des autres grands acteurs qui se sont testés sous l'identité de Wong Fei Hong. Preuve de sa popularité, le film intitulé en France «Il était une fois en Chine» s'appelle tout simplement Wong Fei Hong en Chine.

 

Avant même que le cinéma ne l'immortalise, de multiples romans retraçaient ses histoires. Certains de ses exploits ont pu être embellis par la population, trop heureuse de se trouver un héros aussi emblématique.

 
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