| Cui Jian, le pionnier du rock chinois |
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| Écrit par Nicolas jucha | |||
| Vendredi, 04 Décembre 2009 13:18 | |||
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Devenir célèbre via la musique alternative n'est pas chose facile en Chine. Cui Jian, considéré comme le père du rock chinois, a réussi à le faire. Admiré sur deux générations, le chanteur s'est toujours caractérisé par un message politique critique envers le Parti, ce qui lui a valu de nombreuses années de mise au ban...
Cui Jian (崔健)A noter-il est appelé affectueusement Lao Cui par certains de ses admirateurs
-au moment des manifestations de la place Tian Anmen, Cui Jian était l'un des portes voix de la protestation face au pouvoir politique, et il était extrêmement populaire auprès des étudiants. -pendant les années 90, ses disques furent interdits de diffusion sur les grandes radios nationales, jusqu'à ce qu'à l'aube des années 2000, les chaînes provinciales se l'autorise, notamment Hunan TV en 2000. -dans sa carrière, il a fait des tournées en Europe, aux Etats-Unis ainsi que dans de nombreux pays d'Asie dont le Japon, la Corée du sud... -en 2000, il a été honoré par la famille royale des Pays-Bas avec le Prince Claus Award Le père du rock chinoisDu côté des autorités, ce n'est pas faute d'avoir essayé de le passer sous silence... Du début des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000, il fut interdit (non officiellement) de tout concert ou prestation dans un complexe de taille majeure. Cela n'a pas empêché sa célébrité, on pourrait parler d'aura, de se maintenir au rang des grands noms de la musique chinoise. Petite présentation de ce personnage à part, considéré par beaucoup comme le père fondateur du mouvement rock en Chine. Né dans la musiqueDe parents de l'ethnie coréenne, Cui Jian a grandi dans un contexte musical à Pékin : sa mère faisait partie d'une troupe de danse coréenne et son père était joueur de trompette. Il a d'ailleurs commencé à jouer de cet instrument à 14 ans, intégrant dès ses vingt ans, en 1981, l'Orchestre Philharmonique de Pékin.A la même période, il découvre le rock par le biais d'amis qui vendent en contrebande des disques importés de Hong Kong et Thaïlande, et s'initie à la guitare avec pour inspiration Simon and Garfunkel, Bob Dylan ou encore John Denver. Il va former son premier groupe en 1984, les Seven Ply Board, avec d'autres musiciens de formations classiques comme lui. Il faut noter parmi eux la présence de Liu Yuan, saxophoniste considéré aujourd'hui comme l'un des deux meilleurs musiciens chinois en Jazz. La bande est influencée par des références anglophones : The Beatles, les Rolling Stones,Talking Heads... «Rien en mon nom», la chanson des manifestants de Tian AnmenIls jouent leurs propres chansons, du rock assez soft et des chansons à thèmes romantiques, dans des bars et hôtels. Cui Jian va réellement se faire connaître du grand public en 1985, pendant un programme télévisé pour jeunes talents.Les évènements s'enchaînent alors : lors d'un concert à Pékin en 1986, il lance sa plus célèbre chanson «Rien en mon nom» (一无所有 yi wu suo you), puis dans la même année, il quitte -est renvoyé, selon d'autres versions- l'Orchestre Philharmonique de Pékin. Son groupe est alors renommé ADO, et compte deux membres étrangers : le bassiste hongrois Kassai Balazs et le guitariste malgache Eddie Randriamampionona. L'année suivante voit le premier album de Cui Jian naître : Rock'n Roll sur la nouvelle Longue Marche.
Fer de lance du Xibeifeng (le Vent du Nord-ouest) A cette époque, à l'approche des années 1990, son style évolue : comme un autre chanteur, He Yong, il mélange des sonorités rock aux sons du patrimoine folklorique chinois. Il n'hésitera pas, plus tard, à puiser également dans le punk ou le jazz, faisant de sa musique une création en perpétuelle changement.Il se place dans le nouveau courant musical Xibeifeng (le Vent du Nord-ouest), un style musical beaucoup plus agressif que les standards d'alors dans la canto pop et la mando pop. Il s'agit de la base du rock chinois tel qu'on le conçoit aujourd'hui. Cui Jian va en être un fer de lance, et s'imposer comme l'artiste de référence. Dans ses paroles, il n'hésite pas à parodier les discours du Parti, et se permet même de changer en version rock la chanson révolutionnaire «Nanniwan». Ce qui bien évidemment aura le don de déplaire aux personnalités les plus orthodoxes de l'époque en Chine. L'appel à une nouvelle conscience politiqueSa popularité et son importance sur la scène musicale le rendent néanmoins incontournable, et en 1988, il a l'honneur de participer à un concert en marge des Jeux Olympiques de Séoul (Corée du sud).A l'image des étudiants de son temps, le message qu'il porte via sa musique appelle à une nouvelle conscience politique. Ce qui en fait logiquement un symbole idéal pour les protestants de 1989... Les évènements de la place Tian'anmen, en 1989 (14 avril-4 juin), vont avoir lieu alors que Cui Jian est au sommet de sa popularité. Sa chanson «Rien en mon nom» devient alors le slogan des étudiants mécontents, la plupart connaissent les paroles de ses titres par coeur... Durant les manifestations, il apparaît plusieurs fois aux côtés des protestants, et est accueilli par l'un de leurs leaders, Wu'er Kaixi. Mais après le dénouement tragique, il doit quitter Pékin provisoirement, comme beaucoup d'autres artistes rock chinois. Censuré pour un message politique trop prononcé Cui Jian participe à sa première tournée au début des années 1990 : «La nouvelle longue marche». Elle est interrompue avant son terme après que le chanteur ait chanté sa chanson «A piece of red cloth» avec un bandeau rouge devant les yeux : le message politique est trop clair pour être toléré...La suite est plus difficile pour lui : il est soumis non officiellement à une interdiction de concerts à grande échelle jusqu'à 2000, date à laquelle il chante avec son groupe la chanson «Flying» (飞了; pinyin: Fei Le) lors du Concert Anti Piratage tenu au Stade des Travailleurs de Pékin. La traversée du désert n'est pas totalement terminée, mais Cui Jian refait clairement surface pour le plus grand plaisir de ses admirateurs. Son rêve : chanter avec les Stones à PékinEn 2002, il organise et finance le «Snow Montain Music Festival» dans les montagnes du Yunnan. Considéré par la presse internationale comme un «Woodstock à la chinoise», l'évènement est devenu une attraction médiatique et a lancé la mode des festivals musicaux en extérieur en Chine.
L'année suivante est proche de voir le chanteur réaliser son rêve : chanter avec les Rolling Stones à Pékin . Il est d'ailleurs contacté pour jouer en avant première du concert des vedettes américaines, ce qu'il accepte sans hésitation. Mais l'épidémie du SRAS cause l'annulation de l'évènement. Sa période de disette sans concert à grand échelle va néanmoins prendre fin en 2004 à Pékin, lorsqu'il assure la première partie d'un autre groupe de légende, Deep Purple. L'interdiction officieuse contre lui prend totalement fin le 25 septembre 2005, lorsqu'il se produit dans son propre concert, dans la capitale chinoise. Une nouvelle période faste s'ouvre alors pour Cui Jian, qui est l'invité vedette de nombreux festivals musicaux, et réalise finalement son rêve le 8 avril 2006 : il joue avec les Rolling Stones au Grand Stage de Shanghai. Cela aurait été parfait pour lui s'il l'avait fait chez lui, à Pékin... DiscographieLe Retour du vagabond (浪子归), 1986
Rock'N'Roll sur la Nouvelle Longue Marche (新长征路上的摇滚), 1987
Rien en mon nom, 1989
Solution (解决), 1991 Balles sous le drapeau rouge (红旗下的蛋), 1994 Le Pouvoir des sans-pouvoir (无能的力量), 1998 Le village attaque les villes (一无所有), 2004 Un peu de couleur (给你一点颜色), 2005 FilmographieLes Bâtards de Pékin, 1996
Racines et Branches, 2003 Chengdu, I love you, 2009 (comme réalisateur)
Site internet
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