| Gong Li, l'ambassadrice du cinéma chinois |
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| Écrit par Alexia Gouttard | |||
| Samedi, 08 Octobre 2011 20:26 | |||
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Révélée sous la coupe du réalisateur Zhang Yimou, Gong Li ne cesse de faire des étincelles. Devenue une véritable légende du cinéma chinois, l’actrice à la beauté intemporelle est aujourd'hui une véritable ambassadrice de son pays.
Gong Li(巩俐 Gǒng Lì)
Actrice née le 31 décembre 1965 à Shenyang, province du Liaoning (nord-est). Elle a grandit à Jinan, capitale de la province du Shandong. A noter : -Gong Li est la première star de cinéma chinoise à avoir fait la couverture du magazine TIME. -l’adoption de la nationalité singapourienne en 2008, plusieurs années après son union avec le grand magnat de l’industrie du tabac Ooi Hoe Soeng, lui a valu les hostilités de la presse chinoise et des citoyens chinois les plus nationalistes. -une chanson du groupe de rock américain Red Hot Chili Peppers porte son nom. Rêve de chanteuse, destin de grande actriceCadette d’une famille de cinq enfants et née de parents tous deux enseignants -avec une mère institutrice et un père professeur d’économie- Gong Li préfère les disciplines artistiques. Son rêve depuis son plus jeune âge : devenir chanteuse.
Refusée en 1985 par la plus grande école de musique de Chine, Gong Li se lance finalement dans le théâtre en rentrant dans la prestigieuse Académie dramatique de Pékin dont elle sort diplômée en 1989. Avant même la fin de sa formation, elle est remarquée par le réalisateur Zhang Yimou lors d’une audition pour son film, Lion d'Or à Berlin en 1988, «Le Sorgho Rouge» (1987) dont elle interprète le personnage principal aux côtés de Jiang Wen. La muse de Zhang Yimou La rencontre entre Gong Li et Zhang Yimou marque le début d’une brillante carrière pour l’actrice, dont la renommé internationale ne cesse de grandir au fil des longs métrages. Compagne et égérie de Zhang Yimou, Gong Li est la tête d’affiche de ses films les plus notables : Epouses et concubines (1991), Vivre ! (1994), Qiu Jiu, une femme chinoise (1992) ou encore Shanghai Triad (1995)… D’une beauté quasi-légendaire, Gong Li s’inscrit parfaitement dans les films du cinéaste le plus esthétique de Chine. C’est le cas pour «Le Sorgho Rouge» où l’actrice, dans la peau d’une jeune femme qui reprend la ferme de son défunt mari, fait preuve d’un talent exceptionnel. Son regard vif, ses expressions et ses gestes gracieux donnent de la profondeur et accompagnent des dialogues plus épurés, le tout s’inscrivant dans des images prises à travers un filtre rouge. A l’affiche d’une dizaine de films de Zhang Yimou, Gong Li devient aussi la figure importante d’une nouvelle génération cinématographique contestataire, qui, au-delà de l’esthétisme visuel, est aussi une critique de différentes époques de la Chine. Rudesse des conditions de vie dans les zones rurales, dérives du Communisme ou de la tradition, tous les thèmes ont leur place dans une filmographie qui entend donner une vision réaliste de la Chine. Le couple solide Gong Li – Zhang Yimou devient le symbole d’un cinéma revendicateur de plus de liberté dans la création. C’est sans doute « Vivre ! » qui a provoqué le plus de réactions. Non diffusé en Chine pour avoir dressé un portrait très critique des campagnes et politiques menées par le Parti communiste, le film est acclamé à l’international et reçoit le Prix du jury du Festival de Cannes en 1994. Gong Li joue une épouse et mère d’une famille qui doit faire face aux changements radicaux de la Chine des années quarante aux années soixante-dix. Et si le couple mythique du cinéma chinois est séparé depuis 1995, n'en demeure pas moins une grande complicité. Pour preuve, dix ans après leur prise de distance, Gong Li, de retour dans «La Cité Interdite» aux côtés de Chow Yun Fat, évoque encore cette connivence : «nous nous sommes retrouvés et il était très facile pour nous de nous comprendre sur la façon de réaliser le film et nos attentes respectives». Gong Li joue alors dans les films d’autres grands réalisateurs tels que Chen Kaige et Wong Karwai. Nous n’oublierons pas le chef d’œuvre de Chen Kaige, «Adieu ma concubine», récompensé par la Palme d’Or du Festival de Cannes en 1993. Un symbole des femmes chinoises Gong Li est devenue une légende du cinéma chinois, sa riche filmographie en témoigne sans aucun doute. Au fil des long-métrages, l’actrice a fait voyager les téléspectateurs à la découverte des multiples facettes de la femme chinoise dans des contextes variés de la Chine, et souvent à des époques où les femmes ont été brimées. L’un de ses films les plus notables et des plus représentatifs est certainement «Qiu Ju, une femme chinoise», dans lequel Gong Li incarne une femme qui lutte pour retrouver l’honneur perdu de son mari, humilié publiquement par le chef du village. Son interprétation est un véritable succès puisqu’elle est récompensée par la coupe Volpi de la Meilleure Actrice au Festival de Venise. Dans «Epouses et concubines» (1991) de Zhang Yimou, on la retrouve soumise aux quatre volontés d’un homme riche, aux terribles rivalités entre soupirantes, et confrontée à une dure réalité imposée par les rites traditionnels. Avec le «Sorgho Rouge», c’est le courage d’une paysanne abandonnée par son défunt mari, en marge du conflit sino-japonais, que Gong Li interprète à merveille, tandis que dans «La Cité Interdite», elle fait revivre les avatars d’une impératrice, pour qui stratégie et luttes de pouvoir s’imposent comme le seul moyen d’échapper à l’emprise d’un empereur despotique et de préserver son fils, un héritier potentiel et donc menacé. Dans ses films, Gong Li incarne souvent des femmes de différents milieux qui apprennent à vivre avec leur temps et semblent aussi avoir des points communs : elles sont vouées à un triste destin mais possèdent néanmoins une essence qui leur permet de surmonter l’adversité par leur force de caractère et leur recherche de la justice et de la dignité. Derrière le doux regard et la fragilité apparente de Gong Li, dans la plupart de ses rôles, se cache aussi la détermination d’une femme qui ose se révolter contre le poids de la tradition. Ces sentiments antagonistes entre fragilité et force d’esprit, Gong Li les interprète avec une simplicité et un naturel hors du commun. Son regard à la fois plein de douceur, de tristesse, de tendresse, de détermination et parfois de rage exprime avec la plus grande subtilité ce dont les mots ne peuvent toujours témoigner. Une carrière hollywoodienne mesurée Gong Li est une des rares stars chinoises à avoir fait avec succès son entrée dans le cinéma hollywoodien, en dépit de la barrière de la langue. L’actrice admet que même si elle comprend l’anglais, elle n’est pas très à l’aise et préfère répondre aux interviews en chinois. C’est avec le film de Rob Marshall, «Mémoires d’une Geisha» (2005), adaptation du roman américain d’Arthur Golden, que Gong Li fait ses premières étincelles à Hollywood. Dans la peau d’Hatsumomo, une Geisha très populaire, dont la notoriété est menacée par la jeune Chiyo (Zhang Ziyi), Gong Li doit interpréter une femme tiraillée entre la jalousie et la souffrance d’une vie qui ne lui permet pas d’être maître de son destin, ni de vivre le grand amour. Dans un article du China Daily, l’actrice annonçait que le plus difficile, au-delà de la barrière de la langue, était d’interpréter des personnages «non-chinois». Pourtant, elle relève le défi et accepte deux autres rôles dans les films «Miami Vice - deux flics à Miami» (2006) et «Hannibal Lecter, les origines du mal» (2007). «Les films d’Hollywood posent plus de challenges. J’aime les relever !», avait-elle ajouté. Hollywood d’accord…mais pas n’importe quel rôle. Gong Li a décliné plusieurs propositions dont un rôle de «James Bond girl», ne trouvant que trop peu d'intérêt à jouer le stéréotype de la belle asiatique sans profondeur. Dans «Miami Vice - deux flics à Miami», elle incarne une blanchisseuse d’argent issu du traffic de drogue, qui tombe sous le charme d'un policier (Colin Farrell) alors que dans «Hannibal Lecter, les origines du mal», elle incarne la femme de celui en passe de devenir un sérial killer (Gaspard Ulliel) ; deux rôles avec des scripts plus développés et des personnages à la personnalité plus complexe. Son dernier film américain en date ? «Shanghai» (non diffusé en France pour l’instant), un thriller américain réalisé par Michaël Hafstorm, dans la ville sous occupation japonaise dans les années 30, mettant en lumière les conspirations qui conduiront au bombardement de Pearl Harbour. Ambassadrice sur tous les frontsAmbassadrice du cinéma chinois, Gong Li ne l’est pas seulement en tant qu’actrice. Son avis en tant que professionnelle du cinéma a compté plus d’une fois puisqu’elle a été désignée président du jury au Festival du Film de Berlin (2000), de Venise (2002) et au Festival international du Film de Tokyo (2003).
Gong Li est aussi l’ambassadrice beauté de l’Oréal Paris en Asie depuis 1996 et la représentante de la maison de couture Tang de Shanghai. Ses engagements sont aussi politiques, diplomatiques et humanitaires. Depuis 2002, elle est ambassadrice de bonne volonté pour le FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, et s’est rendue sur le site du projet du Programme spécial pour la sécurité alimentaire dans la province du Sichuan. A l’UNESCO, Gong Li a été nommée en 2000 Artiste pour la paix «pour sa contribution à la diversité culturelle et à l’harmonie entre les peuples». Députée au Congrès national du peuple de Chine, elle est régulièrement consultée par le Gouvernement sur différents sujets et a été choisie par ce dernier pour représenter l’image de la Chine aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Filmographie1987 Le Sorgho Rouge 红高粱Hóng Gāoliáng
1989 Code name : Cougar 代号美洲豹Dàihào měizhōubào 1989 Terracotta Warriors 古今大战秦俑情Gǔjīn dàzhàn qínyǒng qíng 1990 Ju Dou 菊豆Jú dòu 1991 God of gamblers III : Back to Shanghai 赌侠II之上海滩赌圣Dǔ xiá zhī Shànghǎitān dǔ shèng 1991 Epouses et concubines 大红灯笼高高挂Dà hóng dēnglóng gāogāo guà 1992 Qiu Ju une femme chinoise 秋菊打官司Qiūjú dǎguānsī 1993 Adieu ma concubine 霸王别姬Bàwáng biéjī 1993 Flirting Scholar 唐伯虎點秋香 Táng Bóhǔ diǎn Qiūxiāng
1994 Vivre ! 活着 Huózhe 1994 La Peintre 画魂Huàhún 1994 The Great Conqueror’s Concubine 西楚霸王Xīchǔ bàwáng 1995 Shanghai Triad 摇啊摇,摇到外婆桥Yáo ā yáo, yáo dào wàipó qiáo 1996 Temptress moon 风月Fēng yuè 1997 Chinese Box 中国盒子/中国匣Zhōngguó hézi / Zhōngguó xiá 2001 L’Empereur et l’assassin 荆轲刺秦王Jīngkē cì qín wáng 2001 Plus fort que le silence 漂亮妈妈Piàoliang māma 2003 Zhou Yu’s Train 周渔的火车Zhōu yú de huǒchē 2004 2046 2004 Eros 爱神àishén 2005 Mémoires d’une Geisha 艺伎回忆录Yìjì huíyìlù 2006 Miami vice – Deux flics à Miami 迈阿密风云Mài'āmì fēngyún 2006 La Cité interdite 满城尽带黄金甲Mǎnchéngjìndàihuángjīnjiǎ 2007 Hannibal Lecter : les origines du mal 少年 汉尼拔Shàonián Hànníbá Prochainement Shanghai 上海Shànghǎi Prochainement I know a women’s heart 我知女人心Wǒ zhī nǚrén xīn Récompenses personnelles1992 : Coupe Volpi de la meilleure actrice au Festival de Venise pour son rôle dans « Qiu Ju, une femme chinoise ».
2004 : Trophée du Festival de Cannes – 57ème édition pour l’ensemble de sa carrière. 2006 : Elue plus belle femme en Chine. 89ème sur 100 dans le classement des plus grandes performances de tous les tems du magazine Première pour son interprétation de Juxian dans « Adieu ma concubine ». 2007 : Récompensée par le « Chinese World Influence Award » 2008 : 52ème dans le classement du magazine Première « les 100 stars de cinéma les plus sexy de tous les temps ». 2010 : Seule Chinoise à avoir reçu la médaille du « Commandeur de la Légion d’Honneur ».
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