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Maggie Cheung, icône du cinéma malgré elle PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Alexia Gouttard   
Dimanche, 20 Novembre 2011 19:18

Maggie Cheung, icône du cinéma malgré elle

Avec plus de 70 films aux côtés des plus grands cinéastes à son actif, Maggie Cheung est devenue une véritable icône du cinéma asiatique. Paradoxalement, elle ne s’est jamais sentie actrice dans l’âme mais a toujours été rattrapée par son talent.

Maggie Cheung

(张曼玉Zhāng Mànyù – Maggie Cheung Man Yuk)

Actrice et mannequin née le 20 septembre 1964 à Hong Kong. Dès l’âge de 8 ans, elle part vivre en Angleterre avec sa famille pour plusieurs années.

A noter :

-Maggie Cheung aurait pu jouer dans «Mémoires d’une Geisha» (2005) mais a refusé le rôle principal à cause du climat hostile entre les Chinois et les Japonais à l'époque.

-L’actrice Brigitte Lin est son idole ; elles ont joué ensemble dans six films.

Une vocation d’actrice inattendue

Maggie Cheung dans Nos années sauvages de Wong Kar-waiPlus jeune, Maggie Cheung ne prévoit pas particulièrement de devenir actrice. Après plusieurs années passées en Angleterre avec sa famille, où elle effectue ses études secondaires, elle se rend à Hong Kong. Ce retour ne doit être qu’un séjour, le temps de redécouvrir sa ville natale, de s’évader de son travail dans une librairie et des complications liées au divorce de ses parents.

Mais la signature d’un contrat pour faire du mannequinat marque un tournant dans son destin. Elle fait ses premières apparitions dans des publicités à la télévision et est nommée première dauphine à l’occasion de l’élection de Miss Hong Kong en 1983. Ce statut lui permet d’être repérée pour jouer dans des séries télévisées et dans un premier film : «Prince Charming» (1985).

La carrière d’actrice de Maggie Cheung débute véritablement sous l’égide de Jackie Chan en 1985 avec un premier rôle conséquent dans «Police Story», un film policier. Ce film n’est que le début d’une série de plus de 70 longs-métrages en treize ans. Si Maggie Cheung s’est plusieurs fois retirée du cinéma, elle a toujours fait son retour sous le feu des projecteurs à la demande des plus grands réalisateurs.

Une reconnaissance unanime

Dans In the mood for love, le chef d'oeuvre de Wong Kar-waiWong Kar Wai, Tsui Hark, Johnnie To ou encore Zhang Yimou…Maggie Cheung n’a pas manqué de devenir à plusieurs reprises la muse d’un grand cinéaste. Mais elle est finalement devenue bien plus : une actrice convoitées par les plus grands réalisateurs au monde.


Indépendante, dynamique et le regard un brin énigmatique, Maggie Cheung est une comédienne qui sait ce qu’elle veut. Lors des tournages, elle n’hésite pas à faire part de ses désaccords, au risque de se heurter avec des réalisateurs tels que Wong Kar Wai.

Avec ce dernier, elle vit aussi l’un des plus grands moments de sa carrière. Après ses rôles dans «Nos années sauvages» (1994) et «Les Cendres du temps» (1996), on retient sans hésiter sa performance dans «In the Mood for Love» (2000), une consécration.

Dans ce long-métrage entre drame et romance, point de vue original sur les infidélités conjugales, Maggie Cheung retrouve son plus grand compagnon de scène, Tony Leung Chiu Wai (ils ont tourné ensemble dans sept films). Le duo de choc interprète avec la plus grande finesse, la souffrance, la solitude et l’amour naissant entre deux êtres trahis par leurs conjoints respectifs.

Enrichie par ce rôle, Maggie Cheung sort également épuisée d’un tournage aux prolongations interminables : quinze mois au lieu de trois. «Il était difficile de savoir ce qu’il voulait [Wong Kar Wai], difficile de savoir quant il fallait tourner. Mais il fallait se tenir prêt», confie-t-elle.  

Autre point culminant de sa carrière : son rôle dans «Hero» (2003), le spectaculaire wuxiapian de Zhang Yimou. Après ses nombreuses apparitions dans les films de combat réalisés par Jackie Chan, Maggie Cheung, pas forcément douée pour les arts martiaux, endosse le rôle de Flocon de neige, une jeune femme à l’esprit guerrier dans une époque clé de l’unification de la Chine : l’ère de la dynastie Qin.

Elle incarne bien plus qu’un personnage maître dans l’art du combat ; c’est aussi toute la lutte interne d’une femme en apparence froide mais qui cache des sentiments passionnés et souffre de devoir choisir entre l’amour de sa vie et un idéal, nourri par un désir de vengeance : l’anéantissement d’un roi Qin qu’elle considère despotique.

Un talent d’actrice «caméléon»

Dans Hero, son dernier succès international«Pour être honnête, je n’apprécie pas vraiment de tourner des films. En réalité, j’aime jouer, mais seulement une fois que l’on dit «action», lorsque la caméra filme. Les brushings, les séances de maquillage, la promotion du film, l’attente… je me suis lassée de tout cela. Ca m’a volé trop d’années de ma vie». Voici ce que Maggie Cheung a pour habitude de répondre lorsqu’on la questionne  sur sa carrière.

Qu’elle le veuille ou non, elle possède néanmoins une aisance digne des plus grands acteurs : celui de «faire totalement corps» avec le personnage si bien qu’il se rapproche à s’en méprendre de la réalité.

Du rôle de la cousine sage et effacée dans «As Tears Go By» (1988), à la guerrière farouche dans «Hero» (2000) où encore à la rockeuse pleine de fougue dans «Clean» (2004), Maggie Cheung nous réserve à chaque fois les plus agréables surprises et montre qu’elle sait s’adapter avec succès à la plupart des genres cinématographiques. Ses incroyables performances sont d’ailleurs récompensées aux quatre coins du monde par de nombreux trophées qui l’élèvent à chaque fois au rang de meilleure actrice.  

Dans «As Tears Go By», Maggie Cheung transmet à merveille toutes les émotions d’un personnage effacé mais bienveillant qui se retrouve confronté à un monde bouleversant. Elle incarne Ngor, une jeune femme hébergée par son cousin (Andy Lau), un «bad boy» chef de gang dans le Hong Kong ténébreux soumis aux lois des triades. Le succès de son interprétation est tel qu’elle est nommée meilleure actrice lors des «Hong Kong Film Awards» en 1989.

Avec «Green Snake» (1993), elle embrasse un tout autre genre : le fantastique. Maggie Cheung est l’incarnation de l’esprit du serpent vert, Joey Wong, celle du serpent blanc. Les deux jeunes femmes rivales se livrent à un jeu de séduction pour faire succomber un jeune moine bouddhiste chasseur de fantômes (Chiu Man Cheuk).

Son rôle dans «Center Stage» (1992) est aussi le symbole d’une première reconnaissance à l’international. Maggie Cheung est récompensée par l’Ours d’argent et le prix de la meilleure actrice au Festival du Film de Berlin, pour son interprétation de Ruan Lingyu, une grande actrice du cinéma muet de Shanghai des années 20, dont le parcours est retracé par Stanley Kwan entre documentaires, images d’archives et interviews.

Maggie Cheung n’avait jamais vraiment prévu de devenir actrice. Résultat : l’une des plus belles «carrières accidentelles» du cinéma chinois. Et c’est certainement parce qu’elle ne s’est jamais totalement sentie comédienne et qu’elle a toujours veillé à rester elle-même qu’elle possède un réel talent : celui d’une artiste qui tout en restant fidèle à sa personnalité est capable de donner vie à des personnages tous aussi différents les uns que les autres.

Nouveaux films, nouveau départ ?

Maggie Cheung, l'une des références du cinéma chinoisAnnées 90. Maggie Cheung est devenue l’une des plus grandes actrices dans une industrie du cinéma hongkongais en plein essor. La nouvelle vedette se retrouve prise dans un tourbillon entre les paparazzis et les tournages, avec parfois plus de huit films par an.

Une pause est nécessaire pour l’actrice qui s’installe à Paris aux côtés du réalisateur Olivier Assayas, qui sera son conjoint pendant trois ans. Fini les tournages effrénés. Les «années Assayas» marquent un tournant dans la carrière et la vie de l’actrice qui entend désormais choisir des rôles qui lui tiennent à cœur.

En 1996, avec «Irma Vep» (1996), un scénario écrit spécialement à son intention, elle incarne une version imaginaire d’elle-même dans un univers cinématographique parallèle. Son «personnage» débarque à Paris pour interpréter Irma Vep, personnage d’un remake du feuilleton «Les Vampires» (1915) de Louis Feuillade. Une œuvre qui rend visiblement hommage à «La nuit américaine» (1973) de Truffaut.

Mais c’est certainement avec «Clean» (2004) que Maggie Cheung aborde une nouvelle «ère» dans sa carrière et dans sa vie personnelle. Dans la peau d’Emily Wang, une jeune femme droguée, égoïste et déterminée qui est mariée à une rock star. Mais elle incarne bien plus qu’une junkie ; son rôle, c’est l’histoire de la souffrance d’une femme qui, après la mort de son compagnon, doit lutter et remettre totalement en question son mode de vie afin de gagner la confiance de ce qui lui reste de plus précieux au monde, son fils.

Le succès est immédiat : Maggie Cheung reçoit le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 2004. Si l’actrice avoue avoir mûri à travers les tribulations d’Emily Wang, c’est aussi le premier personnage qui lui a laissé une empreinte. Pour ce rôle, Maggie Cheung est restée elle-même : «je me suis juste dit : elle est cette femme, et je serai cette femme ; je vais vivre son aventure».

Filmographie sélective

1984 Prince Charming 青蛙王子
1984 Behind the Yellow Line 缘份
1985 Modern Cinderella 摩登仙履奇缘
1985 Police story 警察故事
1985 It’s a drink, It’s a bomb 圣诞奇遇结良缘
1986 Happy Ghost 3 开心鬼撞鬼
1986 The Seventh Curse 原振侠与卫斯理
1986 Lost Romance 玫瑰的故事
1987 Heart Beat 100 心跳一百
1987 Sister Cupid 天赐良缘
1987 Project A II A計劃續集
1987 Action Force 10
1988 Police Story 2 警察故事2
1988 As Tears Go By (Wong gok ka moon) 旺角卡门
1990 The Dragon from Russia 红场飞龙
1990 Full moon in New York 人在纽约
1990 Song of the Exile 客途秋恨
1991 The Banquet 豪门夜宴
1991 Yuen Ling-yuk
1992 Green snake 青蛇
1992 Twin Dragons 双龙会
1992 L’Auberge du dragon 新龙门客栈
1992 Center Stage 阮玲玉
1993 Holy Weapon 武侠七公主
1993 Supercop
1993 Flying Dagger 神经刀与飞天猫
1993 Moon Warriors 战神传说
1993 Bare foot kid 赤脚小子
1993 Heroic Trio 东方三侠
1993 Mad Monk 济公
1994 Police Story III : Supercop 警察故事III超级警察
1994 Nos années sauvages 阿飛正傳
1996 Les Cendres du temps 东邪西毒
1996 Irma Vep
1997 The Soong Sisters 宋家皇朝
1997 Chinese Box 中国匣
1999 Augustin, roi du kung-fu 功夫大王
2000 In the Mood for Love 花样年华
2003 Hero 英雄
2004 Clean 清洁
2004 2046
2008 Les Cendres du Temps – Redux 东邪西毒:终极版
2009 Inglorious Basterds (Scènes coupées)
2010 Ten thousand waves
TV Drama
1984 Rainbow Round My Shoulder 畫出彩虹
1984 Police Cadet '84 新紮師兄
1985 The Fallen Family 武林世家
1985 The Yang's Saga 楊家將

Principales récompenses

1983 Première «dauphine» à l’élection de Miss Hong Kong.

1992 Récompensée par l’Ours d’argent au Festival international du Film à Berlin et par le «Hong Kong Film Award» en tant que meilleure actrice dans le film «Center Stage».

1997 Meilleure actrice au Festival du Film d’Asie Pacifique et au «Hong Kong Film Award» pour son rôle dans Tian mi mi (1996).

2001 Récompensée par le «Hong Kong Film Award» en tant que meilleure actrice dans «In the Mood for Love».

2004 Elue meilleure actrice dans le film «Clean» au Festival de Cannes.

2005 Nominée aux Césars en tant que meilleure actrice pour son rôle dans «Clean».
Grand Prix spécial des Amériques au Festival mondial du Film de Montréal.

2007 Récompensée pour sa contribution remarquable dans le cinéma chinois au Festival international du Film de Shanghai.
 
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