| Après 'Ip Man', voilà bientôt 'Ip Man 2' avant 'Ip Man 3' : de l'or en barre |
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| Écrit par Brigitte Duzan | |||
| Mardi, 01 Septembre 2009 14:49 | |||
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Hong Kong a un principe bien établi : quand quelque chose marche, il ne faut surtout pas s’arrêter. Après le succès du premier « Ip Man », on nous en annonce donc un deuxième, et même un troisième, avec les mêmes acteurs, bien sûr, pour ne pas déboussoler les fans.
Suivant un autre principe courant à Hong Kong, si vous avez aimé un héros, vous voulez en savoir plus sur lui ; on imagine donc une suite qui se situe en fait avant le premier épisode, Andrew Lau et Alan Mak, par exemple, ont fait ça pour « Infernal Affairs » ; cela a un nom : c’est une préquelle ; et comme deux épisodes en appellent un troisième pour faire une trilogie qui se tient, il y a en général un troisième film qui reprend l’action là où le premier l’avait laissée. Suivant cette logique, « Ip Man 2 » est la préquelle de « Ip Man » et « Ip Man 3 » en sera la séquelle. Mais commençons par le 2. « Ip Man » : la découverte d’un filon« Ip Man » a du jour au lendemain boosté la popularité d'une forme d’art martial jusque là assez ésotérique : le ‘wingchun’, en mandarin 咏春 yǒngchūn. Ce doux nom signifie chanter le printemps, ou ode du printemps, une appellation étonnante pour un style de boxe, mais qui signifie, le printemps étant la saison du renouveau, qu’il s’agit d’un style non figé, un style en perpétuel renouvellement.C’est bien ce qu’il est advenu avec le premier des grands maîtres à l’avoir popularisé : Yip Man, devenu Ip Man dans le film sorti l’an dernier, pour raisons sourcilleuses de droits d’auteur. D’un art dont la légende dit qu’il tient ses origines d’une nonne, et qui avait donc au départ la mauvaise image d’une technique de femmes, Yip Man a fait une école qui a aujourd’hui des adeptes dans le monde entier. « Ip Man » a dû son incroyable succès au box office, bien plus qu’à un scénario qui a fait grommeler puristes et historiens (1), aux superbes chorégraphies de Samo Hung (洪金宝) et surtout à l’interprétation de Donnie Yen (甄子丹), devenu depuis lors une valeur sûre qui vaut son pesant d’or. Si l’on ajoute une épouse fidèle et vertueuse, interprétée par une actrice que l’on n'imaginait pas forcément dans ce rôle, Lynn Hung (熊黛林), on a un trio gagnant (2) que le réalisateur et le producteur, respectivement Wilson Yip (叶伟信) et Raymond Wong (黄百鸣), vont resservir avec joie et quelques menues modifications. « Ip Man 2 » ? Donnie Yen contre Samo HungCe deuxième film est un retour aux origines : il raconte l’arrivée du maître à Hong Kong, en 1949, et ses débuts difficiles dans la colonie britannique. Celle-ci est alors en effet une ville chaotique, où règnent la misère et à la violence, un repaire de triades qui y font régner leur loi, et dont les écoles d’arts martiaux ne sont tout au plus que des émanations, des annexes commodes pour recruter des membres.Yip Man décide de nettoyer ce milieu pourri en ouvrant sa propre école pour y enseigner les nobles valeurs du wushu. Et s’attire donc ce faisant quelques haines bien senties. Le film s’annonce sous les mêmes auspices que le précédent, avec un budget plus important encore que le premier (100 millions de dollars de HK, contre 40 pour le premier) (3), les mêmes décors reconstitués dans la banlieue de Shanghai, un scénario également concocté par le fils du producteur, Edmond Wong, et la même société de production/distribution, Mandarin Films ((东方电影制作有限公司), créée en 1991 par Raymond Wong. Une entreprise quasiment familiale. Mais ce n’est pas là l’important. L’astuce qui va faire courir les foules, c’est d’avoir fait passer Samo Hung dans le casting : il interprètera le rôle du chef d’un clan rival, les Hong, pardon Hung (洪派), célèbre (au moins chez les initiés) pour sa boxe du même nom : Hung Kuen /Hong Quan (洪拳). Avec sa gueule patibulaire, Samo va être parfait dans le rôle, et l’on peut prévoir quelques scènes époustouflantes, aussi attendues que l’affrontement Jet Li, Jackie Chan dans « The Forbidden Kingdom ». Mais il est une question lancinante qui revient en boucle sur les forums internet : et Bruce Lee ? Parce que, enfin, l’élève phare de Yip Man, c’est lui, l’idole trop tôt disparue. Alors est-ce qu’on va le voir, et qui va l’interpréter ? Soyons logique : d’abord, Bruce Lee n’est entré qu’au début des années 50 dans l’école de Yip Man, il avait treize ou quatorze ans, alors, même s’il apparaît dans le film, ce sera rapide. En outre, si on lâchait Bruce Lee tout de suite, que resterait-il pour « Ip Man 3 » ? En revanche, on peut dire que les recherches sont déjà bien avancées pour trouver l’acteur qui aura à la fois la prestance et surtout l’esprit idoines. C’est ce qui a été annoncé il y a deux jours, le 14 juin, au 12ème festival du cinéma de Shanghai où l’équipe du film est venue présenter « Ip Man 2 ». Le tournage va débuter le mois prochain, et la sortie est prévue pour 2010. Et si vous voulez le dernier bruit qui court, le cachet de Donnie Yen serait passé de 10 à 15 millions de yuans, un prix d’ami, selon le producteur (折后的友情价) : il y a des secteurs que la crise n’affecte pas. Un succès qui fait des émulesSi « Ip Man » ne s’est pas appelé « Yip Man, the great master », c’est que Wong Kar-wai est en train, de son côté, de tourner un film sur le même sujet. Intitulé « The great master », il aura un casting prestigieux : Tony Leung et Gong Li dans les rôles titres, et Yuen Wo-ping pour la chorégraphie. Comme dit Raymond Wong, « le film aura un style différent. » Sans aucun doute. On peut parier que l’un fera courir les foules et l’autre enchantera les critiques et les cinéphiles. Nul besoin de préciser lequel.
On va même avoir un Ip Man à Taiwan : les droits ont été acquis par une productrice de séries télévisées, Yang Pei-pei, qui va en faire, comme à son habitude, une série de quarante épisodes. Après cela, on pourrait en faire aussi un dessin animé. C’est de l’or en barre, Ip Man. Notes (1) En particulier pour avoir fait de Yip Man un patriote luttant contre l’envahisseur japonais, et déguisé ses origines de rejeton de famille aisée. (2) ce qui fait quand même 9,3 millions d’euros. (3) Avec Lam Ka-Tung et Louis Fan, toujours, dans les rôles secondaires. A voir également :
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