| Le cinéma chinois et l'Etat (1949-1978) : création d'un réseau et monopole total |
|
|
|
| Écrit par Brigitte Duzan | |||
| Mardi, 01 Décembre 2009 10:43 | |||
|
Depuis la naissance de la République populaire de Chine en 1949, le cinéma ne s'est plus limité à une expression artistique en Chine. Il est devenu un instrument politique que le gouvernement a rapidement cherché à organiser et contrôler à son profit.
1949–58 : Les premières années du nouveau régimeLe nouveau gouvernement chinois prend dès le départ le contrôle de l’industrie cinématographique, comme du reste de l’économie. Les premiers studios d’Etat voient le jour dès 1949, à Pékin et Shanghai, puis se développent dans les provinces. Ils opèrent selon un système de quotas, établis par les responsables de la planification.
Le Bureau du cinéma, qui dépend du ministère de la culture, contrôle tous les aspects de la production et de la distribution. Les studios privés disparaissent. C’est aussi l’époque, en mai 1951, de la création d’un « Institut des arts du spectacle » (2) sous l’égide du Bureau du cinéma, finalement renommé en juin 1956 « Académie du film de Pékin » (北京电影学院) ; de manière significative, il ouvre dès septembre 1955 un cours de « production management ». Le cinéma est politisé, sous influence soviétique ; l’utopisme socialiste et le réalisme socialiste sont de rigueur. Les films américains sont prohibés, les films étrangers diffusés viennent d’Union soviétique et d’Europe de l’Est. 1958–61 : Le Grand Bond en avantA partir de 1958, le délire qui s’est emparé de la Chine n’épargne pas le domaine cinématographique. Le Grand Bond en avant nécessite une mobilisation de masse, et les films sont jugés essentiels pour créer l’enthousiasme productiviste nécessaire pour gagner la bataille de l’acier. Les plan initiaux sont balayés : les studios de Shanghai, par exemple, reçoivent de nouveaux quotas qui prévoient un niveau de production qui ne devait à l’origine être atteint qu’en 1967…
Pour multiplier le nombre de films, il faut créer plus de studios. Outre ceux déjà établis à Guanzhou, Chengdu, Xi’an, au Xinjiang et en Mongolie intérieure, le Bureau du cinéma prévoit d’en créer un dans chaque province ; en outre, dans les dix ans, chaque district (县 xiàn) doit avoir son cinéma et chaque bourg (乡xiāng) doit avoir son équipe de projection. Dans la première moitié de 1959, dix nouveau studios voient le jour, les autres sont créés dans la seconde moitié de 1960. Dans le nord, à Jilin (吉林), est même ouvert le premier studio de district, par un employé du studio de Changchun qui débute avec 500 yuan. C’est l’équivalent des « hauts fourneaux de village » qui sortaient de terre un peu partout à l’époque. Le cinéma répond au slogan en vigueur : « [produire] plus, plus vite, mieux et moins cher ». En 1962, il y avait au total 33 studios, désignés par le terme désormais consacré de 电影制片厂 (diàn yǐng zhì piàn chǎng), même si certains n’avaient guère plus qu’un bureau et une personne. Le régime encourage alors la production « pour les masses », y compris les films amateurs, et envoient les artistes « apprendre auprès des masses ». Une grande partie des films alors réalisés sont appelés des « films d’art de style documentaire » (纪录性艺术片), privilégiant les sujets ayant trait aux ouvriers, paysans et soldats (工农兵). La ligne esthétique est définie comme devant combiner « réalisme et romantisme révolutionnaires ». C’est l’époque des grands films d’opéra, des films sur la révolution et la « noblesse prolétarienne », mais aussi les films sur les minorités nationales qui, comme les films d’opéra de l’époque, ont tendance à homogénéiser les cultures nationales en privilégiant un exotisme superficiel. 1961-64 : Relative ouverture avant la traversée du désertL’échec désastreux du Grand Bond en avant entraîne une élimination des responsables du mouvement et une relative ouverture dans le domaine artistique et culturel, dont profite le cinéma. Sont alors produits des films remarquables comme celui de Xie Tieli (谢铁骊), 《早春二月》 "Early Spring in February", grand succès à sa sortie en 1964 (3).Mais ce n’est qu’une courte embellie. A partir de 1966, la Révolution culturelle provoque pendant dix ans le gel total de la production et de la diffusion ; seuls sont autorisés les « Huit opéras révolutionnaires modèles ». (1) Il faut noter que le terme est utilisé aujourd’hui en opposition à 大片 dàpiàn, les blockbusters grand public. (2) 中国中央文化部电影局表演艺术研究所 : institut de recherche des arts du spectacle du bureau du cinéma du ministère de la culture du gouvernement central. (3) Ressorti en 1978, il a été présenté au festival de Cannes en 1979. C’est l’histoire d’un jeune intellectuel, dans les années 20, qui, nommé instituteur dans un village, tombe amoureux de la veuve du directeur de l’école. Il tente par ailleurs d’aider la veuve d’un ancien condisciple décédé lors de la révolution de 1911. Les commérages la pousseront au suicide.
|
| 'You are the apple of my eye', ou les chroniques d'une jeunesse taïwanaise «You are the apple of my eye» est le succès taïwanais de l’année 2011. Adapté d’un roman, il est représentatif de la jeunesse de Taiwan des années 90. |
| 'The Road Home', l'amour à la campagne «The Road Home » fait partie des films qui ont façonner la réputation internationale de Zhang Yimou. C'est aussi le long métrage qui a révélé l'actrice Zhang Ziyi au monde. |
| Maggie Cheung, icône du cinéma malgré elle Avec plus de 70 films aux côtés des plus grands cinéastes à son actif, Maggie Cheung est devenue une véritable icône du cinéma asiatique. Paradoxalement, elle ne s’est jamais sentie actrice [ ... ] |
| '1911' : le début d'une nouvelle ère en Chine Sortie près de cent ans jours pour jours après la Révolution Chinoise, «1911» est une œuvre historique relatant la chute de l'empire Qing. Avec Jackie Chan en tête d'affiche, le film se veut [ ... ] |
| Gong Li, l'ambassadrice du cinéma chinois Révélée sous la coupe du réalisateur Zhang Yimou, Gong Li ne cesse de faire des étincelles. Devenue une véritable légende du cinéma chinois, l’actrice à la beauté intemporelle est aujour [ ... ] |