| 'Yip Man', Donnie Yen dans la peau du maître de Bruce Lee |
|
|
|
| Écrit par Nicolas Jucha | |||
| Jeudi, 12 Novembre 2009 14:23 | |||
|
Présenté comme la première vraie biographie du maître qui initia Bruce Lee aux arts martiaux, le film «Yip Man» est un film de qualité porté par un excellent Donnie Yen. Mais les libertés prises par le scénario ont de quoi décevoir les puristes qui espéraient un long métrage fidèle aux réalités historiques.
Fiche du filmTitre original : Yip Man 叶问
Titre en mandarin : Ye Wen 叶问 Titre international : Ip Man Réalisateur : Wilson Yip Scénariste : Edmond Wong Réalisation : 2008, Hongkong, Chine Acteurs principaux : Donnie Yen (Yip Man), Hyroyuki Ikeuchi (Général Miura), Xiong Dai Lin (Cheung Wing-sing), Simon Yam (Chow Ching-chuen), Fan Sui Wong (Kam Shan-Chau), Wong You-nam (Yuan), Gordon Lam (Li Chiu), Xing Yu (Lam), Chen Zhi-hui (Maître Liu) Genre : arts martiaux/histoire/biographie 105 minutes A noter-les chorégraphies des combats ont été assurées par Sammo Hung, un vétéran du cinéma d'arts martiaux hongkongais.
A voirYip Man, protecteur de l'honneur chinois face à l'envahisseur japonaisLe film retrace la vie de Yip Man, grand maître d'arts martiaux chinois et légende du Wing Chun, dans les années 1930 et 1940. Il vit dans la ville de Foshan (province du Guangdong, sud de la Chine) et sa situation évolue d'une période de prospérité, durant laquelle le futur professeur de Bruce Lee voit sa réputation grandir, à une période miséreuse sous l'occupation japonaise.Au fil de l'histoire, Yip Man (interprété par Donnie Yen), relève avec succès de nombreux défis, jusqu'à se faire repérer par un haut gradé de l'armée japonaise. Alors que le héros lutte pour survivre et nourrir sa famille, il est impliqué malgré lui dans un combat dont l'enjeu n'est autre que l'honneur des Chinois face à l'oppression japonaise. Donnie Yen, son plus grand rôle Pour beaucoup d'observateurs et l'intéressé lui-même, le rôle de Yip Man constitue la plus grande opportunité de la carrière de Donnie Yen. Le travail le plus compliqué aussi... Car pour ressembler au maximum au grand expert du Wing Chun, l'acteur a dû s'astreindre à un régime de plusieurs mois tout en s'entraînant à maîtriser l'art martial et connaître dans les moindres détails la vie de son personnage.Blessé à l'épaule lors d'un tournage précédent, l'acteur a avoué avoir beaucoup souffert pendant les scènes de combat, et devait se faire masser par un professionnel afin de tenir le coup. Le film, qui a connu une controverse par rapport à son titre*, a été très bien accueilli par la critique et le public. La qualité des scènes de combat et le jeu des acteurs, en particulier celui de Donnie Yen, ont touché les spectateurs. Il faut dire que le long métrage a profité d'une excellente promotion, assurée à la fois par le casting (Donnie Yen, Simon Yam, Xiong Dai Lin...) et surtout le simple nom de Yip Man (Ye Wen en chinois mandarin). Une suite serait déjà prévue, et l'histoire se focaliserait alors sur la période pendant laquelle Yip Man a enseigné à Hongkong. Le scénario parlerait notamment des 4 principaux disciples du maître de Wing Chun, parmi lesquels Bruce Lee. Il se dit d'ailleurs que Donnie Yen et le réalisateur Wilson Yip envisagent de se lancer dans une grande recherche de talents capables d'assumer le rôle du Petit Dragon. Notre avis : pas vraiment biographique, mais réellement plaisant En regardant Yip Man, l'amateur d'arts martiaux devrait être comblé : les scènes de combat sont globalement bien filmées, réalistes, et s'enchaînent à un rythme soutenu. De son côté, Donnie Yen fait un maître de Wing Chun tout à fait crédible et renvoie une image très positive de cet art.Les puristes apprécieront également l'attitude de l'expert et ses répliques, comme lorsqu'il indique à Kam Shan-Chau que l'important n'est pas l'origine de l'art martial mais la qualité de celui qui le pratique. Si on aime l'action, on passe un excellent moment. Le film «Yip Man» se classe donc dans la catégorie des bons films d'arts martiaux. Il aurait même pu être culte, s'il ne comportait pas quelques défauts d'importance. Tout d'abord, l'aspect biographique du long métrage est contestable. En effet, Yip Man descend d'une famille aisée, ce qui explique son aisance financière perçue dans la première partie du film. On peut également accepter le fait qu'il faisait partie des meilleurs combattants de son époque ou qu'il commença à enseigner dans la fabrique de coton de son ami Chow Ching Chuen. Mais le film ne dit rien sur sa carrière de policier (au contraire, il humilie un agent au début du film), et fait de lui un héros patriotique face à l'envahisseur japonais durant la Seconde guerre mondiale. Présenté comme héros face à l'envahisseur japonais Toute la seconde partie du film voit ainsi Yip Man affronter seul dix pratiquants japonais avant de combattre en duel le plus haut gradé de l'armée d'invasion, et expert en arts martiaux, le Général Miura. A la fin de ce combat devant une foule chinoise en délire, le héros incarné par Donnie Yen se fait tirer dessus par un officier japonais, ce qui entraîne la révolte des spectateurs face aux soldats de l'Empire du soleil levant...Alors que le film est présenté comme le premier grand travail biographique sur l'homme, les informations disponibles sur Yip Man n'indiquent en rien de tels épisodes. Ceux-ci sont pourtant suffisamment notables pour ne pas être oubliés. Historiquement, il est en général simplement dit que le maître de Wing Chun refusa d'entraîner des troupes japonaises. Cette déformation, qui a de quoi séduire le patriotique public chinois, risque de pénaliser la réception du film à l'étranger. Il s'agit là d'un aspect courant dans le cinéma chinois, où chaque opportunité semble bonne à prendre pour rappeler les méfaits du Japon pendant le second conflit mondial, et mettre en avant la bravoure du peuple chinois. On tombe ainsi dans des clichés assez grossiers montrant les Japonais comme des bêtes sanguinaires et sans morale, les Chinois étant eux solidaires et fiers de résister à l'oppression. On se souviendra aisément que les films «Fist of Legend» ou «Le maître d'armes», avec Jet Li, avaient su éviter de telles généralisations en présentant certains personnages japonais positifs, et d'autres chinois négatifs. Ce qui pourrait contribuer au succès du film en Chine risque donc, en même temps, de limiter sa portée à l'étranger. Car si les abus de l'armée japonaise durant la guerre sont incontestables, traiter de ce sujet dans la biographie d'un maître d'arts martiaux semble peu opportun. Finalement, après avoir vu ce film, on se dit qu'une fois de plus le nom d'un personnage illustre a été utilisé à des fins de propagande. *Alors que le titre initialement prévu était «Yip Man», le producteur Raymond Wong a voulu utiliser le titre «Grand maître Yip Man», afin de marquer son respect pour l'expert en Wing Chun. Mais le réalisateur Wong Kar-wai, qui a lui aussi en projet un film biographique sur le professeur de Bruce Lee, s'est plaint de plagiat, le titre prévu pour son film étant «Le Grand maître». Afin d'éviter une polémique inutile, Raymon Wong s'est donc contenté d'adopter le nom initial «Yip Man». ![]()
|
| 'You are the apple of my eye', ou les chroniques d'une jeunesse taïwanaise «You are the apple of my eye» est le succès taïwanais de l’année 2011. Adapté d’un roman, il est représentatif de la jeunesse de Taiwan des années 90. |
| 'The Road Home', l'amour à la campagne «The Road Home » fait partie des films qui ont façonner la réputation internationale de Zhang Yimou. C'est aussi le long métrage qui a révélé l'actrice Zhang Ziyi au monde. |
| Maggie Cheung, icône du cinéma malgré elle Avec plus de 70 films aux côtés des plus grands cinéastes à son actif, Maggie Cheung est devenue une véritable icône du cinéma asiatique. Paradoxalement, elle ne s’est jamais sentie actrice [ ... ] |
| '1911' : le début d'une nouvelle ère en Chine Sortie près de cent ans jours pour jours après la Révolution Chinoise, «1911» est une œuvre historique relatant la chute de l'empire Qing. Avec Jackie Chan en tête d'affiche, le film se veut [ ... ] |
| Gong Li, l'ambassadrice du cinéma chinois Révélée sous la coupe du réalisateur Zhang Yimou, Gong Li ne cesse de faire des étincelles. Devenue une véritable légende du cinéma chinois, l’actrice à la beauté intemporelle est aujour [ ... ] |