| 'Les démons à ma porte' : belle réflexion sur la nature humaine offerte par Jiang Wen |
|
|
|
| Écrit par Nicolas Jucha | |||
| Jeudi, 19 Novembre 2009 13:44 | |||
|
Grand Prix du jury au Festival de Cannes 2000, «Les démons à ma porte» est une petite merveille de Jiang Wen, jeune réalisateur (et acteur) chinois. Traitant de la Seconde guerre mondiale, le film a été banni en Chine pour son caractère pas assez anti-japonais.
Fiche du filmTitre original : Guizi lai le 鬼子来了
Titre international : Devils on the Doorstep Titre en France : Les démons à ma porte Réalisateur : Jiang Wen Scénariste : Jiang Wen Réalisation : 2000, Chine Acteurs principaux : Jiang Wen (Ma Dasan), Jiang Hongbo (Yu'er), Kagawa Teruyuky (Kosaburo Hanaya), Dong Hanchen (Yuan Ding), Cai Weidong (Er Bozi), Kenya Sawada (le Capitaine Inokichi Sakatsuka) Genre : comédie dramatique 169 minutes A noter-le réalisateur Jiang Wen tient également le rôle principal dans ce film.
-le long métrage a été nominé pour la Palme d'or à Cannes et a reçu le Grand Prix du jury en 2000 -les autorités de censure chinoises ont peu apprécié le film, interdit en Chine, et cela a valu une interdiction de 7 années pendant lesquelles Jiang Wen n'a pas pu réaliser d'autres longs métrages.
L'histoire : deux prisonniers malvenus L'intrigue du film se déroule pendant la Seconde guerre mondiale, dans un petit village de la province chinoise du Hebei. Alors qu'il est avec sa maîtresse, Ma Dasan est dérangé par un inconnu qui frappe à sa porte.A peine a t-il ouvert qu'il est mis en joue par un pistolet. L'homme qui le menace se fait simplement appeler «Moi» et lui ordonne de fermer les yeux. Il ne veut pas que Ma Dasan le reconnaisse, et il lui confit deux sacs, qu'il indique vouloir récuperer après la Fête du printemps. Cette dernière arrive après quelques jours, donc Ma Dasan et les autres membres du village qu'il a informés, décident de suivre les consignes à la lettre : nourrir et surveiller les soldats, les interroger... Mais ce qui ne devait durer que quelques jours dure pendant des mois... Même si les geôliers et leurs prisonniers, un soldat japonais et son interprète chinois, comment à se respecter, les paysans ne peuvent supporter plus longtemps ces deux bouches à nourrir alors que la famine menace... La décision est donc prise de tuer les deux prisonniers... mais le passage à l'acte semble bien compliqué pour les innocents paysans, qui jusqu'au bout sont dominés par leur sympathie envers les deux captifs. Un film banni en Chine Grand Prix du jury au Festival de Cannes en 2000, «Les démons à ma porte» a été acclamé par la critique. Ce deuxième film comme réalisateur a fait de Jiang Wen une des personnalités les plus respectées du 7e art chinois.Mais le travail de ce français d'adoption (naturalisé en 1991) n'a pas été du goût des autorités chinoises, qui l'ont tout simplement interdit dans l'Empire du milieu. Il se dit même que des pressions auraient été faites pour empêcher le film de concourir à Cannes, où il fut en lice pour la Palme d'or. Les reproches envers le film ? Montrer des Chinois pas assez subtils d'esprit et qui apprécient trop les Japonais. D'ailleurs, ces derniers, s'ils sont loin d'être montrés comme des anges, n'ont rien de monstres que l'on voit souvent dans les films chinois traitant de la Seconde guerre mondiale... Notre avis : une belle réflexion sur la nature humaine Pas forcément un grand succès commercial, «Les démons à ma porte» fait néanmoins partie des tous meilleurs films sur la Seconde guerre mondiale en Asie. Tourné en noir et blanc pour plonger le spectateur dans l'époque, le long métrage de Jiang Wen offre une atmosphère et des personnages captivants.Dans le film, il n'y a pas de gentils chinois contre de méchants japonais, mais simplement une situation de guerre qui incite les deux camps à la méfiance. Les Chinois ne sont pas les seuls à faire preuve d'humanité, certains militaires nippons affichant une grande sympathie envers leurs interlocuteurs chinois. Le plus marquant reste la capacité de Jiang Wen à nous faire basculer entre humour et tragédie. Certains personnages, comme Ma Dasan (interprété par Jiang Wen lui-même) ou le captif japonais, arrivent à nous faire rire à cause de leurs réactions parfois innocentes et maladroites, alors que l'on sait très bien qu'un grand drame se prépare. Jusqu'à la fin, Chinois comme Japonais cohabitent ensemble de manière autant harmonieuse que la situation d'occupation le permet. Mais Jiang Wen le montre habilement au final : en ces temps de guerre, le moindre secret, le moindre soupçon, peut tout faire exploser en quelques secondes... Peut être que le message du jeune réalisateur est là : les démons ne sont pas Chinois ou Japonais, il ne s'agit que de sentiments qui poussent les êtres humains à des actes qu'ils regrettent ensuite...
|
| 'You are the apple of my eye', ou les chroniques d'une jeunesse taïwanaise «You are the apple of my eye» est le succès taïwanais de l’année 2011. Adapté d’un roman, il est représentatif de la jeunesse de Taiwan des années 90. |
| 'The Road Home', l'amour à la campagne «The Road Home » fait partie des films qui ont façonner la réputation internationale de Zhang Yimou. C'est aussi le long métrage qui a révélé l'actrice Zhang Ziyi au monde. |
| Maggie Cheung, icône du cinéma malgré elle Avec plus de 70 films aux côtés des plus grands cinéastes à son actif, Maggie Cheung est devenue une véritable icône du cinéma asiatique. Paradoxalement, elle ne s’est jamais sentie actrice [ ... ] |
| '1911' : le début d'une nouvelle ère en Chine Sortie près de cent ans jours pour jours après la Révolution Chinoise, «1911» est une œuvre historique relatant la chute de l'empire Qing. Avec Jackie Chan en tête d'affiche, le film se veut [ ... ] |
| Gong Li, l'ambassadrice du cinéma chinois Révélée sous la coupe du réalisateur Zhang Yimou, Gong Li ne cesse de faire des étincelles. Devenue une véritable légende du cinéma chinois, l’actrice à la beauté intemporelle est aujour [ ... ] |