| 'Don't cry Nanjing' de Wu Ziniu : un mélo de référence sur le Massacre de Nanjing |
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| Écrit par Brigitte Duzan | |||
| Dimanche, 29 Novembre 2009 13:34 | |||
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Réalisé en 1995, «Don't cry Nanjing», aussi intitulé «Nanjing 1937», fut l'un des premiers films à se pencher sur le terrible épisode du Massacre de Nanjing. Cette oeuvre de Wu Ziniu, un réalisateur chinois de la 6e génération, ne s'illustre pas par son exactitude historique, mais a le mérite d'avoir abordé un sujet jusqu'alors relativement tabou.
Fiche du filmTitre international : Don't cry Nanjing
Titre en chinois mandarin : 南京1937 Nanjing 1937 Réalisateur : Wu Ziniu Réalisation : 1995, Chine Acteurs : Chin Han (Shing Yin), Rene Liu (Shu Qin), Cho Yuet (Lui Oi), Ulrich Ottenburger (John Robbins), Michael Zannett (John Magee) Genre : drame/histoire/guerre Durée : 1h50 Le massacre de Nanjing vécu par une famille sino-japonaise Wu Ziniu (吴子牛), né en 1953, est un membre moins connu de la « cinquième génération » qui a surtout réalisé des films de guerre, mettant l’accent sur les conséquences des conflits sur les populations. Son film « Evening Bell » (《晚钟》), en 1988, a reçu l’Ours d’argent au festival de Berlin. C’est en 1995 qu’il a réalisé « Don’t cry Nanjing » (ou « Nanjing 1937 » 《南京1937》). Le film suit une famille sino-japonaise : un médecin chinois, son épouse japonaise enceinte et leurs deux enfants. Ils ont fui Shanghai en pleine bataille, et ont cherché refuge à Nankin, alors capitale de la Chine nationaliste, qui est la ville natale du médecin. Nankin est envahie par les troupes japonaises peu après leur arrivée et le couple cherche alors à rejoindre la zone de sécurité internationale créée, dans les ambassades de la partie ouest de la ville, par un comité international présidé par le fameux homme d’affaire allemand John Rabe. Le film met ainsi en lumière ce qui deviendra l’un des points communs de pratiquement tous les films qui suivront sur le même sujet : l’action de John Rabe, auquel son statut de membre du parti nazi conférait une certaine marge de manœuvre en raison de la signature en 1936, par le Japon et l’Allemagne de Hitler, du Pacte anti-Comintern. Une version romancée des évènements de NanjingWu Ziniu a cependant opté pour une version totalement romancée de l’histoire, changeant même les noms non seulement de Rabe mais aussi de Minnie Vautrin, missionnaire américaine qui sauva la vie d’une dizaine de milliers de femmes chinoises en les hébergeant dans les locaux de l’université où elle enseignait, Jinling Women’s College (金陵女子文理学院). Leurs noms dans le film sont respectivement John Robbins et Whitney Craft.Wu Ziniu a reconstitué des scènes de carnage spectaculaires, ainsi que le fameux « concours » qui aurait eu lieu entre deux officiers japonais, Toshiaki Mukai et Tsuyoshi Noda, pour déterminer lequel « aurait le premier tué cent personnes avec son sabre » - concours dont la véracité est contestée, et qui n’a de toute façon, semble-t-il, pas eu lieu dans la ville (1). La vérité historique n’est pas le point le plus fort du film, mais il faut reconnaître à sa décharge que bien des faits n’ont été divulgués que par la suite, grâce à Iris Chang, mais surtout grâce au très sérieux travail de l’historien, diplômé de Harvard, Herbert Bix («Hirohito and the Making of Modern Japan », prix Pulitzer en 2001). « Don’t cry Nanjing » apparaît rétrospectivement comme tirant un peu trop l’histoire vers le mélo, mais Wu Ziniu a le mérite d’avoir abordé un sujet dont personne alors ne parlait et son film est devenu une référence cinématographique, sinon historique. Un autre film sortit cette même année 1995 sur le même sujet, mais dans un tout autre registre. Prenant l’histoire pour prétexte, le réalisateur atteint des extrêmes dans l’horreur, faisant perdre à son film toute crédibilité et tout impact sérieux. (1) Ledit concours aurait lieu avant d’arriver à Nankin. Les faits furent rapportés par le Tokyo Nichi Nichi Shimbun (ou Tokyo Daily News), qui rajouta que, comme aucun des deux officiers ne sortait clairement vainqueur, ils avaient décidé de renouveler leur défi, en portant l’objectif à 150 victimes. Ils furent condamnés et exécutés après la guerre. La véracité de l’histoire a depuis lors fait l’objet de débats houleux : selon des historiens japonais, elle aurait été inventée par les journalistes. Elle a été cependant reprise dans une exposition au mémorial de Nankin en août 2008. C’est le genre de controverse qui tend à jeter des doutes sur l’ensemble des atrocités commises dans la ville par les troupes japonaises.
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