| 'Quick, quick, slow' : un film qui dégage une énergie communicative |
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| Écrit par Brigitte Duzan | |||
| Mercredi, 02 Décembre 2009 11:17 | |||
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« Quick, quick, slow » (《超级50》) figure parmi les nouveaux films chinois présentés au 12ème festival du cinéma de Shanghai. C’est la première œuvre d’un jeune réalisateur frais émoulu de l’Institut du cinéma de Pékin : Ye Kai ((叶凯).
Fiche du filmTitre original : chaoji 50 超级 50
Titre international : Quick, quick, slow Réalisateur : Ye Kai Réalisation : 2009, Chine Acteurs principaux : Yao Anlian, Wang Xiaokun Genre : comédie 82 minutes Pleins feux sur les sexagénaires Tous ceux qui ont flâné dans les parcs de Shanghai un dimanche après-midi gardent forcément le souvenir de ces groupes de quinquagénaires, sexagénaires et plus qui se rassemblent régulièrement là, sous les arbres, pour danser et chanter. C’est d’eux dont il est question dans ce film, tourné au dernier trimestre de 2008, à Shanghai, justement. Ce n’est pas propre à Shanghai, ils sont quelque cent millions à se rassembler de la sorte un peu partout en Chine, mais Shanghai est la ville de Ye Kai, et elle ajoute en plus la saveur particulière de l’idiome local. L’histoire commence par un canular : le bruit court qu’un concours de danse amateur va être organisé avant les Jeux olympiques, et que le groupe gagnant se produira sur la scène le jour de l’inauguration. Branle-bas donc chez un groupe de ces amateurs « d’un certain âge », comme on dit, qui décident de travailler d’arrache-pied pour gagner la compétition. Lorsqu’ils se rendent compte que ce n’est pas vrai, c’est d’abord la colère et la consternation, mais pas pour longtemps : nourri d’années de luttes diverses pendant la période maoïste, leur naturel combatif reprend le dessus et ils décident de monter un spectacle quand même. Le titre vient de là : 《超级50》, ce sont les « super fifty », comme on dit « 超级明星 » (chāojímíngxīng), les superstars. C’est le nom qu’ils se sont eux-même donné. Ils représentent la génération de ceux nés dans les années cinquante, ceux qui sont nés avec la « Chine nouvelle », ceux aussi qui avaient quinze-vingt ans au début de la Révolution culturelle. C’est la génération des parents de Ye Kai, ce sont eux qui l’ont inspiré. Le scénario alterne une partie documentaire, faite d’interviews de danseurs amateurs dans les parcs, et une partie fiction qui déroule le fil d’une histoire centrée sur les six membres du groupe de danse qui ont décidé de ne pas abandonner. Pour mettre sur pied une équipe qui tienne la route, celui qui a pris la tête du projet fait appel à une ancienne danseuse professionnelle, Lin Yaqin, qui accepte en raison de ses liens d’amitié avec l’un des membres du groupe, Zhou Jianguo. Les répétitions vont donner lieu, évidemment, à des conflits personnels, des abandons et pas mal de problèmes. L’amitié entre Zhou et Lin (qui est sur le point de divorcer) donne lieu, aussi, à de multiples ragots et apporte une touche chaleureuse à l’histoire. Un film jubilatoire, mais plus profond qu’il n’y paraît Le film dégage une joie de vivre, une énergie communicatives, témoin l’extrait suivant :http://msn.smgbb.cn/pageFold/2009/06/12/15d4c41648f8fec32ea3688f4cef3861.shtml C’est cependant plus qu’une comédie bien enlevée, voire une comédie musicale à la Peter Chan, ou une bleuette comme « Shall we dance ? », le film américain sur un sujet semblable auquel fait allusion le titre anglais, dans lequel Richard Gere apprend le tango avec Jennifer Lopez. C’est que tous les personnages du film de Ye Kai ont vécu la Révolution culturelle, ils ont fait partie des jeunes « instruits » de l’époque que Mao a envoyés à la campagne se former auprès des paysans : formation à la dure qui a laissé des traces. Les anecdotes sur cette période ponctuent le film, et en constituent la trame de fond, comme si toute cette formidable énergie avait sa source là, dans ces années d’épreuves. C’est donc un film inclassable, qui dégage autant de joie et de bonne humeur qu’une certaine nostalgie, impalpable, qui lui donne toute sa profondeur. On regarde cette génération que les Chinois appellent “知青一代”(la génération des jeunes instruits), et leur indomptable force vitale apparaît comme une leçon pour aujourd’hui. Des acteurs parfaits dans leurs rôlesUne bonne partie des acteurs sont non professionnels, ils jouent leur propre personnage ; mais les principaux rôles sont interprétés par des professionnels. Lin Yaqin est jouée par une ancienne danseuse qui a effectivement des airs de superstars, mais qui n’avait jusqu’ici jamais joué au cinéma.
Quant à Zhou Jianguo, il est interprété par Yao Anlian (姚安濂), un acteur qui jouait dans « Suzhou River » de Lou Ye, mais dont on se rappelle surtout les rôles de père qu’il a interprétés dans « Shanghai Dreams » (《青红》, 2005) de Wang Xiaoshuai (王小帅) et dans « The red awn » (《红色康拜因》, 2007) de Cai Shangjun (蔡尚君).
Dans ce film aussi Yao Anlian est un père, et son fils est interprété par le jeune chanteur populaire Wang Xiaokun (王啸坤) qui représente en quelque sorte l’alter ego du réalisateur et interprète la chanson qui est le thème principal du film : http://www.tudou.com/programs/view/45jSEPf62No/ Celui-ci devrait avoir du succès en salle, et pas seulement auprès de la génération décrite. Ye Kai est bien parti.
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