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Écrit par Nicolas Jucha   
Mercredi, 02 Décembre 2009 14:25

'Infernal Affairs II' : aux origines de la saga des agents infiltrés

Second volet de la saga du même nom, «Infernal Affairs II» n'a pas connu le même succès que son prédécesseur. Il n'en reste pas moins une référence du genre policier à Hongkong, ainsi qu'un film précieux pour mieux se plonger dans l'univers des agents infiltrés Yan et Ming.

Fiche du film

Titre en chinois mandarin : Wu Jian Dao 2  无间道 II

Titre en cantonnais : Mou gaan dou II

Titre international : Infernal Affairs II

Réalisateurs : Andrew Lau, Alan Mak

Scénaristes : Félix Chong, Alan Mak

Réalisation : 2003, Hongkong, Chine

Acteurs principaux : Anthony Wong (le superintendant Wong), Eric Tsang (Hon Sam), Francis Ng (Ngai Wing Hau), Edison Chen (Lau Kin Ming), Shawn Yue (Chen Wing Yan), Carina Lau (Mary), Hu Jun (SP Luk), Chapman To (Keung), Roy Cheung (Lau Kwai-Yin)

Genre : action/drame/policier

119 minutes

A noter

-la chanson originale du film est chantée par le groupe Beyond

A voir

L'histoire : 11 ans en arrière dans la saga Infernal Affairs

Anthony Wong et Eric Tsang, ennemis ou partenaires ?11 ans avant les événements de «Infernal Affairs», l'inspecteur Wong travaille aux côtés du superintendant Luk pour faire tomber la puissante famille Ngai. Le jour où leur numéro 1, Ngai Kwun, est assassiné par le jeune Lau Kin Ming, c'est une révolution qui semble en marche...

A l'exception de Sam (futur parrain dans Infernal Affairs), les caïds locaux appelés Big Four décident de se rebeller contre l'autorité de la famille Ngai. C'est sans compter sur le fils de Kwun, Wing Hau, qui a prévu de reprendre la main et utilise des informations «compromettantes» pour ramener chacun dans le rang.

Les forces de police, qui pensaient la famille Ngai affaiblie, se rendent rapidement compte que Ngai Wing Hau est un nouvel adversaire redoutable et visionnaire. Peut être encore plus que ne l'était son père...

Pendant ce temps, le jeune Chen Wing Yan, bien que prometteur, est renvoyé de l'académie de police pour son lien de parenté avec le nouveau chef des Triades. Alors que Sam prépare Lau Kin Ming pour infiltrer la police, l'inspecteur Wong jette son dévolu sur Yan afin d'en faire son espion au sein de la mafia hongkongaise.

La préquelle de Infernal Affairs

Hu JunL'histoire de «Infernal Affairs II» se divise en trois étapes, allant de 1991 jusqu'à la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997. L'intrigue porte donc sur la situation antérieure à ce que nous présente le film «Infernal Affairs».

Le style et l'atmosphère de ce second opus sont très différents du premier :

-Andy Lau et Tony Leung Chiu-Wai, les deux têtes d'affiches dans le premier volet, n'apparaissent pas. Ils sont remplacés par leur alter égo jeunes, respectivement Edison Chen et Shawn Yue.
-De nouveaux visages (anciens devrait-on dire) apparaissent, comme Carina Lau dans le rôle de l'épouse de Sam, Francis Ng dans le rôle du chef de la mafia ou encore Hu Jun dans celui du supérieur de Wong.

On aurait pu s'attendre à un «Infernal Affairs II» quasiment calqué sur le premier, les réalisateurs Andrew Lau et Alan Mak ont su surprendre en adoptant un scénario bien distinct.

Ici, pas question de duel entre agents infiltrés, mais plutôt de lutte pour le pouvoir entre les différents caïds hongkongais. Si «Infernal Affairs» était organisé de manière symétrique avec  l'opposition entre les deux agents infiltrés et en parallèle celle entre leurs deux mentors, «Infernal Affairs II» est plus complexe.

Le vrai personnage central, celui qui fascine, c'est le nouveau parrain incarné par Francis Ng. C'est lui qui mène la danse, et les autres, policiers comme criminels, font de leur mieux pour suivre et tenter de le faire tomber.

Moins populaire que le premier volet

Shawn Yue, crédible dans la peau de YanSecond volet de la saga, «Infernal Affairs II» était très attendu par le public et la critique en raison du succès phénoménal du premier opus. Sa réception, on pouvait s'en douter, a cependant été beaucoup plus mitigée.

Alors que «Infernal Affairs» avait remporté 7 Hong Kong Film Awards, 6 Golden Horse ou encore 5 Golden Bauhinia, «Infernal Affairs II» se contenta de la récompense de la meilleure chanson originale et de 11 autres nominations aux Hong Kong Film Awards, tandis qu'il remporta le titre de meilleur film aux Hong Kong Film Critics Society Awards.

Au box office également, malgré d'excellents résultats, il ne tint pas la comparaison avec le premier volet «Infernal Affairs».

Faut-il pour autant considérer «Infernal Affairs II» comme un film raté et tourné essentiellement pour surfer sur la vague du succès du premier épisode ? Le raccourci est facilement adopté étant donné que le film fut réalisé à Hongkong, où il est coutume de «recycler» les succès rémunérateurs.

S'il est évident que «Infernal Affairs II» n'aurait jamais existé sans le succès de «Infernal Affairs», la réalisation de ce second opus a néanmoins de nombreuses bonnes raisons d'être, et reste malgré tout, un excellent film du genre.

Un film qui met en valeur «Infernal Affairs»

Francis Ng, dans la peau du chef de la mafiaEn nous offrant une atmosphère totalement différente, un casting mettant de côtés les deux stars du premier long métrage et un scénario réellement original, les réalisateurs Andrew Lau et Alan Mak ont incontestablement cherché à faire mieux que profiter du succès de «Infernal Affairs» pour gonfler un peu plus leurs recettes.

S'il est avéré que ce second volet n'atteint pas l'intensité du premier, et n'a donc pas rencontré le même succès, il n'en reste pas moins extrêmement précieux dans l'ensemble que constitue aujourd'hui la trilogie «Infernal Affairs».

Grâce à cette préquelle, le duo de réalisateurs permet aux spectateurs de mieux considérer l'attitude des différents personnages lors de l'épisode initial de la série. «Infernal Affairs II» nous offre ainsi des clés pour comprendre le lien entre Wong et Yan, basé notamment sur la perte d'un ami commun, comment Sam est devenu un parrain impitoyable alors qu'il était auparavant un mari aimant et un caïd modéré, ou encore avec quel opportunisme Lau Kin Ming a su gravir les échelons de la police.

L'une des principales pertes du film reste l'absence d'Andy Lau et Tony Leung Chiu-Wai, vraiment remarquables dans le premier «tome». Si Shawn Yue s'en sort plus bien pour incarner un jeune Yan crédible, on ne peut pas en dire autant d'Edison Chen.

Edison ChenOn a du mal à s'imaginer que ce dernier va devenir le rusé Lau Kin Ming, la comparaison avec Andy Lau semble trop difficile à tenir pour le chanteur hip hop. Entre attitude inexpressive et sourires idiots, Edison Chen ne nous fait surtout pas regretter que son personnage n'ait pas la même présence à l'écran que dans le premier épisode...

Finalement, sa vraie heure de gloire en tant qu'acteur intervient quand il se prend une gifle monumentale de la part de Carina Lau, et à ce moment là, on a envie de dire merci à l'actrice, qui elle interprète son rôle avec une grande justesse.

Les fans d'Eric Tsang et Anthony Wong ne seront pas déçus par les deux acteurs. Déjà au top dans le premier volet de la saga, ils poursuivent ici sur leur lancée, en particulier le second qui participe à la scène la plus forte sur le plan émotionnelle.

Enfin, il faut saluer les prestations pleines de charisme des acteurs Hu Jun, dans le rôle du superintendant Luk, et surtout de Francis Ng, très convaincant dans le rôle d'un chef des Triades qui veut faire sortir sa famille de l'ombre.

D'une manière générale, «Infernal Affairs II» n'égale donc pas la réussite de son prédécesseur, mais n'en reste pas moins un film à ne pas manquer pour les fans de la saga car il complète à merveille l'oeuvre du premier opus.
Sam à la merci de Ngai Wing Hau ?
 
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