| Seven Swords, le sombre wuxia pian de Tsui Hark |
|
|
|
| Écrit par Nicolas Jucha | |||
| Jeudi, 29 Octobre 2009 09:40 | |||
|
Œuvre signée du célèbre réalisateur Tsui Hark, «Seven Swords» est un wuxia pian (film de capes et d’épées chinois) pur et dur. Bien plus sombre que les blockbusters du genre «Hero» ou «Tigre et Dragon», ce long métrage n’a pas rencontré un succès commercial historique. Malgré tout, de l’avis de nombreux amateurs du cinéma hongkongais, ce film est un chef d’œuvre. Fiche du film
Titre international : The Seven Swords A noter
-vainqueur du Golden Horse de Taïwan pour les meilleures chorégraphies d’action en 2005
-5 autres nominations lors des Golden Horse Taïwan 2005 -11 nominations aux Hongkong Films Awards 2006 -Seven Swords a ouvert le festival du film de Venise en 2005 -initialement long de quatre heures, le film a été réduit à 153 minutes par la production -le film a été tourné dans la province du Xinjiang, principalement habitée par des minorités musulmanes -Seven Swords ne doit être que le premier volet d’une trilogie. Ce premier opus prend son inspiration du roman de wuxia «Les sept épéistes du Mont Céleste» de l’écrivain Liang Yucheng. -Le roman inspirateur du film n’est qu’une partie d’une série signée Liang Yucheng : la série du Mont Céleste, dans laquelle on compte plusieurs autres livres célèbres. Sept justiciers contre les abus du pouvoir mandchou
Au début du XVIIe siècle en Chine, la dynastie mandchoue des Qing vient de prendre le pouvoir. Face aux révoltes nationalistes organisées par les sociétés secrètes d’artistes martiaux, et dans l’optique de renforcer son contrôle, le gouvernement décrète une loi bannissant la pratique des arts de combat. Les coupables ne sont ni plus ni moins tués sans procès...
Wind Fire, un ancien général de la dynastie précédente, avide de richesse, décide d’aider à l’application de la loi afin de faire fortune. Aidé par ses troupes, il attaque donc de nombreux villages dans le nord-ouest chinois où il ne laisse derrière lui que cadavres et ruines, femmes et enfants n’étant pas épargnés. Un ancien bourreau repenti, Fu Qingzhu, décide de s’opposer aux massacres, et se rend donc à Martial Village, cible de Wind Fire près de la frontière. Sur son chemin, il sauve la vie de Wu Yuanyin, une habitante. Arrivé au village qu’il veut sauver, il prévient du danger qui guette, mais une ancienne de ses victimes le reconnaît et refuse d’admettre son possible repentir. Il est donc condamné à être exécuté, mais Wu Yuanyin, reconnaissante et croyant aux dires de Fu Qingzhu, décide de l’aider à s’échapper avec l’aide de son ami Han Zhibang. Ensemble, ils se rendent au Mont Céleste pour demander de l’aide auprès de l’ermite Maître Shadow Glow. Ce dernier choisit quatre de ses meilleurs disciples pour former un groupe de sept épéistes avec Fu Qingzhu, Wu Yuanyin et Han Zhibang. Chacun se voit remettre une épée du Mont Céleste, la légende des Sept Epées commence... Les sept nouveaux frères d’armes se rendent ainsi à Martial Village où ils terrassent l’armée de Wind Fire. Mais ce dernier n’accepte pas la défaite et lance toutes ses forces dans la bataille. Commence alors une poursuite entre les villageois escortés par leurs bienfaiteurs, et les cruels troupes de Wind Fire...
Le roman de base et la trilogie
Le scénario du film «Seven Swords» est tiré d’un célèbre roman signé Liang Yusheng, auteur de wuxia (comprennez par là le genre capes et épées chinois). Intitulé «les Sept épéistes du Mont Céleste», l’ouvrage fait partie de la série du Mont Céleste, narrant les histoires de Cho Yi Hang, la sorcière aux cheveux blancs, ainsi que le maître Shadow Glow et ses disciples. Notre avis
Souvent comparé aux films du même genre comme «Hero» de Zhang Yimou ou «Tigre et Dragon» d’Ang Lee, il est certain que Seven Swords ne jouit pas d’un casting aussi prestigieux, ni d’une esthétique comparable. Le film de Tsui Hark fait plutôt dans le brut de décoffrage, et pour la poésie, mieux vaut s’adresser ailleurs. Les têtes voire les bras et les jambes de malheureux villageois persécutés tombent sur les champs de batailles, on ne compte pas le nombre de morts... Bref, âmes sensibles s’abstenir... Néanmoins, la violence extrême du film n’est pas gratuite et vise à montrer l’atrocité d’une situation de guerre où la vie d’un être humain compte moins qu’une récompense financière... S’il est évidemment moins tourné vers le grand public que les oeuvres de Zhang Yimou (Hero, Le secret des poignards volants) ou Ang Lee (Tigre et Dragon), Seven Swords fera le bonheur des amateurs de wuxia, ou tout simplement de films épiques. Car dans le style qu’il s’est choisi, Tsui Hark peut difficilement faire mieux... L’histoire tient plutôt la route, et n’est peut être pas très éloignée de ce qu’il a pu se passer en Chine lors des périodes d’unification territoriale. Quant aux décors et costumes, ils raviront une nouvelle fois les amateurs du genre, car les images, bien que souvent sombres, sont néanmoins d’une grande qualité.
Les amateurs d’armes anciennes seront également comblés par la présentation soignée des sept épées et de leurs particularités. Enfin, et c’est sûrement l’un des aspects essentiels pour ce type de films : les chorégraphies des combats sont particulièrements réussies car relativement réalistes et faciles à suivre. Les acteurs comme Donnie Yen ou Leon Lai semblent d’ailleurs particulièrement à l’aise lors des scènes d’action. Mais ce que l’on pourrait le plus apprécier dans le film de Tsui Hark reste son message courageux : critique des abus de pouvoir, des restrictions des libertés, ou d’une mauvaise prise sur la réalité du pouvoir central ne déléguant pas forcément aux personnes les plus intègres. Doit-on y voir une référence au Parti communiste ? Pour savoir mieux vaut demander directement au réalisateur, qui n’hésite pas dans son film à faire l’apologie de la lutte armée contre l’oppression... On peut donc dire que sous son apparence brut et sans réelle réflexion, Seven Swords se révèle bien plus qu’un simple film d’action. Il reste bien plus consistant que les récentes productions chinoise comme «Les trois royaumes» ou «Le Royaume Interdit», essentiellement destinées à faire recettes en salles. Si vous aimez les films d’actions, les oeuvres épiques chinoises, et que la violence ne vous effraie pas, Seven Swords devrait donc vous ravir.
|
| "2046", le dernier volet de la trilogie de Wong Kar-wai Réalisé quatre ans après "In the mood for love", "2046" est le dernier volet de la trilogie de Wong Kar-wai initiée avec "Nos années sauvages". L'intrigue nous amène dans les pas de Chow Mowan [ ... ] |
| 'Kekexili, la patrouille sauvage' : la conscience écologique dernier rempart contre le braconnage Présenté parfois comme un western sauce chinoise, "Kekexili, la patrouille sauvage" est un film militant. A travers de somptueuses images du plateau tibétain, le réalisateur Lu Chuan nous narre [ ... ] |
| 'Epouses et concubines' : l'enfer d'une vie de femme chinoise Adaptation du roman du même nom, "Epouses et concubines" est l'une des oeuvres les plus abouties de Zhang Yimou et du cinéma chinois. Cette critique du système du concubinage et de la rigidité d [ ... ] |
| Films chinois des années 2010 Liste des films chinois tournés dans les années 2010 dont une présentation est disponible sur le site Ici la chine. |
| 'Confucius' : la vie du sage chinois selon Hu Mei Présenté comme un film événement de l'année 2010, "Confucius" de Hu Mei ne restera pas dans l'histoire comme une référence du septième art. Malgré un Chow Yun Fat très crédible dans la peau [ ... ] |