| 'Yip Man 2' : le génie du Wing Chun est de retour |
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| Écrit par Nicolas Jucha | |||
| Lundi, 01 Novembre 2010 16:18 | |||
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Second volet de l'histoire du premier maître de Bruce Lee, «Yip Man 2 » est dans la même veine que le long métrage sorti en 2008 : de magnifiques scènes de combat mais un scénario orienté vers l'exaltation nationaliste chinoise.
Fiche du filmTitre original : Yip Man 叶问 2
Titre en mandarin : Yè Wèn Ěr: Zōng Shī Chuán Qí 叶问2:宗师传奇 Titre international : Ip Man 2 Réalisateur : Wilson Yip Scénariste : Edmond Wong Réalisation : 2010, Hongkong, Chine Acteurs principaux : Donnie Yen (Yip Man), Huang Xiaoming (Wong Leung), Sammo Hung (Hung Chun-nam), Xiong Dailin (Cheung Wing-sing), Darren Shahlavi (Taylor «Twister» Milos), Charles Mayer (Wallace), Simon Yam (Chow Ching-chuen), Fan Sui Wong (Zhao Jinshan), Kent Tcheung (Fatso), Pierre N'Go (Leung Kan), Jiang Daiyan (Bruce Lee) Genre : arts martiaux/histoire/biographie 108minutes A noter : -Yip Man 2 est la séquelle du film Yip Man sorti en 2008 -comme pour le premier volet, Sammo Hung assure les chorégraphies martiales, ce qui ne l'a pas empêché de tenir un rôle secondaire de maître de Hung Gar -un jeune Bruce Lee enfant apparaît à la fin du film. C'est Jiang Daiyan, 10 ans et originaire du Henan, qui a été sélectionné par Wilson Yip et Donnie Yen parmi 1300 candidats. La séquence avec l'enfant est très rapide, ce qui a poussé les créateurs du film à privilégier les similitudes physiques avec l'ancienne légende des arts martiaux plutôt que les capacités physiques. -Huang Xiaoming, qui joue le rôle du premier disciple de Yip Man (Wong Leung), s'est procuré un mannequin en bois (Muk Yan Jong) afin de s'entraîner au Wing Chun de manière quotidienne. -le film aurait généré pas loin de 15 millions de dollars au box-office à l'échelle mondiale -avant même sa sortie aux Etats-Unis prévue pour février 2011- alors que son budget était en dessous de 13 millions. A voirL'histoire : l'arrivée du Wing Chun à Hongkong On avait laissé Yip Man en pleine guerre sino-japonaise, dans le début des années 40, alors qu'il se battait pour l'honneur de sa nation face aux envahisseurs nippons. Ce second volet prend place après la guerre et la victoire de prestige du maître chinois sur un haut gradé de l'armée d'invasion japonaise. Le futur maître de Bruce Lee a survécu à sa blessure par balle -il se fait tirer dessus à la fin du premier film- et migre à Hongkong en 1949, où il parvient à ouvrir une école de Wing Chun avec l'aide du journaliste Leung Kan. Mais les débuts sont difficiles financièrement car Yip Man, ainsi que le Wing Chun, sont inconnus à Hongkong. Jusqu'au jour où un jeune homme visiblement très arrogant, Wong Leung, arrive dans l'école et défie Yip Man : si ce dernier le bat, alors Wong Leung deviendra son élève. Rapidement défait, Wong Leung semble ne pas accepter le résultat et revient avec plusieurs acolytes. Quand il voit que ces derniers sont eux-aussi facilement maîtrisés par Yip Man, il implore ce dernier de le prendre pour élève. Le business est désormais lancé, mais le nouvel art martial va attirer l'attention d'autres écoles, qui voient le maître de Wing Chun comme un rival. Suite à une bagarre de rue entre Wong Leung et un disciple de la puissance école de Hung Gar locale, Yip Man doit relever un défi pour être autorisé à enseigner : accepter de combattre les différents maîtres présents à Hongkong. Après le Japon, Yip Man recadre l'Occident Comme ce fut le cas pour le premier opus de la saga, «Yip Man 2» n'est pas une pure oeuvre biographique, contrairement à ce que son titre laisserait penser. Si dans le premier épisode, Yip Man devenait un héros de la résistance chinoise contre le Japon -ce qu'il ne fut pas dans les faits historiques- le premier maître de Bruce Lee devient le sauveur de l'honneur de la nation face à l'arrogance occidentale dans le second volet. D'ailleurs, la structure des deux films est en ce sens assez proche : dans le premier, Yip Man doit d'abord prouver l'efficacité de son art face à d'autres experts chinois, avant d'user de son talent pour prouver la supériorité des arts martiaux chinois sur ceux du Japon. Dans le second, Yip Man doit affronter d'autres experts hongkongais -trois arts martiaux sont explicitement montrés : Hung Gar, Mante Religieuse et Bagua Zhang- avant de faire triompher la réputation des arts martiaux chinois face à la Boxe occidentale. Edmong Wong -scénariste et fils de Raymond Wong, le producteur- a d'ailleurs clairement expliqué vouloir à travers son script montrer le manque de respect des Britanniques vis-à-vis des Hongkongais et en particulier leur vision erronée des arts martiaux chinois à l'époque où Hongkong était encore colonie britannique... Les puristes feront donc mieux de ne pas regarder le film et sa vérité historique toute relative. Wilson Yip a pris bon nombre de libertés pour faire de Yip Man, un grand personnage de l'histoire du Wing Chun, un véritable héros de la propagande chinoise. Le troisième volet, déjà dans les tuyaux, ne devrait pas déroger à la règle, même si le focus devrait être mis sur la relation entre Yip Man et son plus illustre élève : Bruce Lee. Un film qui aurait pu être parfait «Yip Man 2» est presque l'égal de «Yip Man» premier du nom : un superbe film d'arts martiaux, aux chorégraphies de combat exceptionnellement belles et surtout, très agréables à suivre. La patte du légendaire Sammo Hung ainsi que le talent de Donnie Yen, la nouvelle grande star du cinéma d'arts martiaux, y sont pour beaucoup. «Yip Man 2» est peut être moins intéressant que le premier opus cependant car il n'a plus l'avantage de l'originalité : le (léger) scénario donne l'impression d'être calqué sur le premier épisode, l'envahisseur japonais ayant été remplacé par le colonisateur britannique qui ne respecte pas la culture chinoise. Mais le défaut majeur du film réside dans son évident parti pris : là où Jet Li a su dépasser les clichés anti-japonais ou anti-occidental (Fist of Legend, Le Maître d'armes), Wilson Yip ne fait que satisfaire des fantasmes nationalistes chinois. La mise en scène est assez grossière et nous montre des Chinois dignes et courageux face à des Occidentaux arrogants et irrespectueux à l'extrême (Wallace et Taylor Milos). Certains passages du film sont même risibles, comme lorsque le champion de boxe occidentale se permet un langage insultant face aux journalistes chinois, ou lorsque la délégation occidentale pénètre la salle de boxe au son de rire barbares... A contrario de cette attitude non-civilisée de certains protagonistes occidentaux, le très propre sur soi et pacifique Yip Man nous gratifie d'un message d'amour et de respect très convenu à la fin de son combat final : en l'emportant, il n'a en aucun cas montré la supériorité d'un art sur un autre, ni la supériorité d'un peuple. Facile à dire après une victoire, d'autant plus qu'avant et pendant le combat, les dialogues des différents personnages chinois laissaient entendre que c'était bien une question de suprématie qui était en jeu... Si on ajoute à ces critiques certains éléments du film qui semblent inutiles -le rôle de Simon Yam, dont le personnage est censé avoir pris une balle dans la tête et être devenu fou- on peut en conclure que «Yip Man 2» a tous les éléments pour être un grand film d'arts martiaux. Avec moins de clichés dans la mise en scène, ce long métrage aurait même pu devenir un classique...
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