| 'Xiao Wu, artisan pickpocket', ou comment la Chine moderne broie les anticonformistes |
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| Écrit par Nicolas Jucha | |||
| Lundi, 17 Janvier 2011 20:35 | |||
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Premier long-métrage de Jia Zhangke, «Xiao Wu, artisan pickpocket» est une subtile réflexion sur l'évolution et la modernisation de la Chine. Avec pour cadre une zone semi-urbaine pauvre, l'histoire nous montre comment Xiao Wu, pickpocket et rebelle, est peu à peu exclu d'une société qui change trop vite pour lui.
Fiche du filmTitre original : 小武 Xiao Wu
Titre français : Xiao Wu, artisan pickpocket Réalisateur : Jia Zhangke Scénaristes : Jia Zhangke Réalisation : 1997, Chine et Hongkong Acteurs principaux : Wang Hongwei (Xiao Wu), Hao Hongjian (Mei Mei) Genre : drame 105 minutes A noter : -il s'agit du tout premier long métrage de Jia Zhangke -Jia Zhangke fait une courte apparition dans le film : il joue le rôle d'un homme envoyé par Xiao Yang pour rendre à Xiao Wu son cadeau de mariage Xiao Wu, l'homme qui n'a pas su prendre le train en marche Xiao Wu, un jeune pickpocket, est de retour dans sa ville natale de Fengyang, probablement après avoir passé un séjour en prison. Sa réputation n'est plus à faire, mais une partie de sa vie si : il ne sait rien faire d'autre que voler, alors que certains de ses anciens comparses ont su orienter leur carrière afin de faire fortune.Quand Xiao Yang, l'un de ses amis proches devenu riche commerçant de cigarettes, refuse de l'inviter à son mariage, c'est un dur choc émotionnel pour Xiao Wu. Il se rend compte que son mode de vie est comme les anciens quartiers de sa ville : voué à disparaître. Pour Xiao Wu, cela signifie être seul, ses amis ont déjà commencé à s'éloigner de lui... Jusqu'au jour où il rencontre la jolie Mei Mei, une employée de karaoké. L'idylle naissante va t-elle permettre à Xiao Wu de se racheter une conduite et devenir fréquentable ? L'amour peut-il l'aider à accepter l'évolution du monde alentour ? Jia Zhangke, un cinéaste est né Pourtant issu de la prestigieuse Académie du Film de Pékin, Jia Zhangke était relativement peu connu au moment de réaliser «Xiao Wu». Ce premier long métrage a principalement vu le jour grâce à «Xiao Shan Hui Jia» (Xiao Shan rentre chez lui), l'un des tous premiers courts métrages de Jia Zhangke.Honoré en 1997 au Festival du court métrage et vidéo indépendant de Hongkong, le jeune cinéaste est alors entré en contact avec le producteur hongkongais Li Kit Ming et le réalisateur Yu Lik-wai, son futur directeur de photographie (Xiao Wu, Platform,Plaisirs inconnus, Still Life...). C'est en partie grâce à leur aide que Jia Zhangke, avec un budget de 400 000 yuans, a pu réaliser son premier film... Bien lui en a pris puisque que «Xiao Wu, artisan pickpocket» a été globalement très apprécié des cinéphiles, et surtout primé dans de nombreux festivals internationaux de renom : NETPAC et Wolfgang Staudt awards à Berlin, Montgolfière d'or au Festival des Trois Continents de Nantes ou encore prix du meilleur nouveau réalisateur à Pusan (Corée du sud) pour la seule année 1998... Une histoire triste, sombre et touchante Malgré son petit budget, «Xiao Wu» est un film captivant et profond. Il nous raconte la vie de la rue dans une modeste zone semi-urbaine de Chine, bouleversée par les changements de la modernisation.Le thème de la destruction de la vieille Chine est abordé (comme dans Still Life), avec des quartiers entiers de ville aux bâtiments marqués du caractères chinois «détruire», et que les habitants doivent abandonner. L'un d'eux, peut-être en écho à la pensée de Jia Zhangke, dit «je vois l'ancien être détruit, mais je ne vois pas le nouveau arriver»... Peut être une manière de dire que le nouveau est destiné aux plus riches. Avec «Xiao Wu», Jia Zhangke offre un portrait peu reluisant mais réaliste d'une partie de la Chine, divisée entre ceux qui ont su trouver la recette pour faire fortune, et ceux qui cherchent comment survivre et s'adapter dans un monde qu'ils ne suivent pas. Des rues peu clinquantes, des karaokés où il semble possible d'acheter de l'amour... voilà la Chine que nous montre Jia Zhangke, loin de l'image idéaliste véhiculée par les médias officiels. Dans ce monde, même l'amour semble un sentiment éphémère sacrifié aux opportunités sociales. En définitive, «Xiao Wu, artisan pickpocket» est une belle fresque sociale, modeste par le budget mais très subtile par la mise en scène. Simple, mais efficace donc. Quel est le message de Jia Zhangke ? Peut être que la Chine moderne n'a rien à offrir aux anti-conformistes comme son personnage principal Xiao Wu, qui fait tout pour rester libre. Si bien qu'il est abandonné et trahi par ses amis, celle qu'il aime, et même ses parents...
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