| Chen Kaige, le premier réalisateur chinois Palme d'or à Cannes |
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| Écrit par Nicolas Jucha | |||
| Mardi, 08 Décembre 2009 06:32 | |||
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Chen Kaige fait partie des plus grands réalisateurs chinois, dont il est un fer de lance de la 5e génération. Seul cinéaste de son pays a avoir conquis la Palme d'or au Festival de Cannes, en 1993, il est reconnu mais pas forcément très populaire dans son pays, où il semble incapable de faire des films grand public...
Chén Kǎigē 陈凯歌Cinéaste chinois né le 12 août 1952 à Pékin
A noter-Chen Kaige a atteint la consécration en 1993 avec le film « Adieu ma concubine», Palme d'or à Cannes, et parmi les plus grands chefs d'oeuvre du cinéma chinois.
-Il a joué dans trois films : «Le dernier empereur» (de Bernardo Bertolucci en 1987) et ses deux longs métrages «L'empereur et l'assassin» puis «L'enfant au violon» -son film «Wu ji, la légende des cavaliers du vent», annoncé comme un nouveau wuxia pian comparable à «Tigre et Dragon» ou «Hero», reste le plus grand bide de sa carrière. A tel point qu'une parodie de 20 minutes a rencontré plus de succès que le coûteux long métrage lui-même. Un cinéaste meurtri par la Révolution Culturelle Très tôt dans son enfance, Chen Kaige a semblé porté vers le cinéma. Mais pas devant les caméras, plutôt derrière, comme son père Chen Huakai. Signe du destin ? L'un de ses plus proches amis d'enfance n'est autre que Tian Zhuangzhuang, futur leader lui aussi de ce qui va être appelé par la suite «la cinquième génération» de cinéastes chinois.Mais son itinéraire vers la gloire du 7e art ne va pas être un chemin paisible exempt de difficultés : avant de devenir l'une des références du cinéma chinois et l'un des meilleurs ambassadeurs de la culture de son pays, il traverse douloureusement la Révolution Culturelle des années 1960. D'abord envoyé en travaux forcés dans la campagne du Yunnan, il entre en 1971 dans les Gardes Rouges de l'Armée Populaire de Libération. Une période où, probablement influencé par l'atmosphère qui prévaut, il dénonce son père, dont il met ainsi fin à la carrière de réalisateur... Il admet aujourd'hui regretter terriblement cet acte, et il est incontestable que ce difficile passage a profondément influencé son travail de cinéaste, dont beaucoup d'oeuvres traitent de la Révolution Culturelle. Parmi elles se trouve son chef d'oeuvre, «Adieu ma concubine», film qui lui a permis d'être encore à ce jour le seul réalisateur chinois lauréat de la Palme d'or du Festival de Cannes, en 1993. Ce long métrage, qui traite à la fois de la révolution communiste et de la sauvegarde de la culture chinoise (représentée par l'Opéra de Pékin), a donné une dimension internationale à la réputation de Chen Kaige. «Terre Jaune» des débuts réussisA la fin de la Révolution Culturelle, Chen Kaige va intégrer l'Université du cinéma de Pékin, dans la section «réalisation». Il en ressortira diplômé en 1982, et commencera à travailler comme réalisateur adjoint aux Studios de Pékin.En 1984, il va réaliser son premier film, «Terre Jaune». S'inspirant de son expérience de soldat communiste, il réalise ce qui reste l'un de ses meilleurs films et surtout l'un des ouvrages les plus importants de la 5e génération de réalisateurs chinois. Avec une cinématographie signée Zhang Yimou, le film sera récompensé aux Festivals d'Hawaï et de Locarno : on peut parler de débuts réussis... Les deux films suivants, «La Grande Parade» et «Le roi des enfants», vont apparaître comme la 2e et 3e parties d'une trilogie entamée avec «Terre jaune». «Le roi des enfants» vaudra même à Chen Kaige l'honneur d'une première nomination pour la Palme d'or au Festival de Cannes 1988, ainsi qu'un Golden Rooster pour sa cinématographie. «Adieu ma concubine», un joyau du cinéma chinoisUne première page de sa carrière s'achève, puisqu'il retourne aux études, dans la New York University Film School... A son retour dans les studios, il réalise en 1991 «La vie sur un fil». Une nouvelle réussite pour Chen Kaige, qui glane une seconde nomination pour la Palme d'or à Cannes.Ce n'est cependant que deux ans plus tard, avec le chef d'oeuvre «Adieu ma concubine», que Chen Kaige atteint la consécration : ce long métrage sur la Révolution culturelle et la tradition chinoise (symbolisée par l'Opéra de Pékin et ses acteurs), obtient la Palme d'or en 1993 ainsi qu'un grand nombre d'autres récompenses : double nomination aux Oscars, nomination aux Césars, prix FIPRESCI, et une victoire comme meilleur film étranger aux Golden Globes. Tout dans le film, de la mise en scène au jeu des acteurs (Leslie Cheung, Gong Li et Zhang Fengyi principalement), est sublime, Chen Kaige a alors atteint ce qui reste aujourd'hui encore comme son apogée. Apprécié à Cannes, Gong Li pour muse Pour son film suivant, «Temptress Moon», il fait de nouveau appel au duo Leslie Cheung-Gong Li. Moins réussi que «Adieu ma concubine», notamment en raison d'un scénario difficile à suivre, le long métrage s'appuie sur de magnifiques images.Il fera partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 1996, tandis que Gong Li sera couronnée meilleure actrice aux Golden Horse Awards 1996, et nominée pour le même titre aux Hong Kong Film Awards 1997. La belle actrice semble être alors devenue l'une des références de Chen Kaige, puisqu'il fait de nouveau appel à elle pour son projet suivant : «L'empereur et l'assassin», une histoire épique qui tranche avec les précédents travaux du réalisateur, plus portés vers la société chinoise contemporaine. Premier film important où apparaît la talentueuse Zhou Xun, «L'empereur et l'assassin» va confirmer l'histoire d'amour entre Chen Kaige et le Festival de Cannes : Grand prix technique du Festival et nomination pour la Palme d'or en 1999. Zhao Fei, pour la cinématographie, recevra lui un Golden Rooster en Chine. Le cinéaste pense alors venu le temps pour lui d'entamer une carrière internationale, avec un premier film en langue anglaise : «Feu de glace» en 2002. Le succès n'est pas au rendez-vous, ce qui n'empêche par Chen Kaige de rebondir dans la même année avec «L'enfant au violon». Il s'agit de l'histoire d'un jeune virtuose de la musique, dont le réalisateur traite la relation avec son père. L'influence de son expérience personnelle se fait sentir, et explique peut être le grand succès obtenu : titre de meilleur acteur pour Liu Peiqi aux Huabiao Film Awards, titre de meilleur second rôle aux Hundred Flowers Awards pour Wang Zhiwen, ainsi que trois Golden Roosters pour la réalisation, l'édition et le meilleur second rôle (Wang Zhiwen). «The promise», ou quand Chen Kaige touche le fond En 2005, Chen Kaige veut frapper un grand coup dans le sillage des Wuxia Pian «Tigre et Dragon» ou «Hero», avec le très attendu «Wu Ji, la légende des cavaliers du vent» (The Promise en anglais), présenté comme le film le plus cher de l'histoire du cinéma chinois à l'époque (budget autour de 30 millions d'euros).Appuyé par des acteurs réputés comme le Sud-coréen Jang Dong-gun, le Japonais Hiroyuki Sanada ou les Chinois Cecilia Cheung, Nicholas Tse et Liu Ye, le film n'a pas vraiment répondu aux attentes. Au contraire pourrait-on dire, le long métrage ayant surtout fait parler de lui en mal. Si les avis les plus favorables ont évoqué un film original, différent, voire contemplatif... beaucoup de critiques se sont abattues sur le nouveau travail de Chen Kaige : histoire incompréhensible, jeux des acteurs particulièrement étrange, décors et costumes peu soignés... En Chine continentale particulièrement, le film a été présenté par de nombreux spectateurs comme «une blague» ou un moment d'égarement du grand réalisateur qu'est Chen Kaige. En outre, l'équipe de tournage fut accusée d'avoir causé des dommages sur l'environnement du Yunnan et du Tibet. Il se dit que ceux qui ont le plus aimé le film sont ceux qui en ont le plus ri, notamment à travers une parodie intitulée «Meurtre pour un mantou» (un mantou est un pain cuit à la vapeur). Chen Kaige, visiblement touché, a menacé de traîner en justice l'auteur de ce court métrage comique de 20 minutes. Cela n'a fait que ternir sa réputation en Chine, où il est de plus en plus perçu comme un cinéaste qui s'adresse aux élites et non au peuple, comme sait le faire Feng Xiaogang. Reconnu à défaut d'être populaireEn 2008, Chen Kaige est revenu à un thème qui lui convient sûrement mieux : la société, et l'Opéra de Pékin, avec la biographie du célèbre acteur Mei Lanfang. Son choix se porta sur Leon Lai dans le rôle de la légende de l'Opéra, et Zhang Ziyi dans celui de sa maîtresse.Sans devenir un chef d'oeuvre égal à «Adieu ma concubine», «Mei Lanfang» reste un excellent film, agréable par l'image notamment, sélectionné pour l'Ours d'or du Festival de Berlin. Aujourd'hui, Chen Kaige reste l'une des références du cinéma chinois, en particulier vu de l'étranger. Mais pour lui s'applique parfaitement l'adage qui veut «qu'on ne puisse être prophète dans son pays». Ou plutôt faudrait-il préciser que Chen Kaige excelle dans le cinéma d'auteur, mais reste peu adroit pour créer des films commerciaux. Ce qui peut expliquer son manque de popularité, et le fait qu'il soit surtout apprécié des purs cinophiles que du grand public... Filmographie
1984 : Terre jaune (Huang tudi 《黄土地》)
1986 : La Grande Parade (Da yuebing 《大阅兵》) 1987 : Le Roi des enfants (Haizi wang 《孩子王》) 1991 : La Vie sur un fil (Bian zou bian chang 《边走边唱》) 1993 : Adieu ma concubine (Bawang bie ji 《霸王别姬》) 1996 : Temptress Moon (Feng yue 《风月》) 1999 : L'Empereur et l'Assassin (Jing Ke ci Qin wang 《荆柯刺秦王》) 2002 : Feu de glace (wenroudi shasi wo 《温柔地杀死我》) 2002 : L'Enfant au violon (He ni zai yi qi 《和你在一起》) 2005 : Wu ji, la légende des cavaliers du vent (wuji 《无极》) 2008 : Mei Lanfang (Mei Lanfang 《梅兰芳》) Récompenses
2009 : nominé au Festival du Film de Berlin pour le meilleur film (Mei Lanfang)
1994 : nominé pour le meilleur film étranger aux Césars (Adieu ma concubine) 1993 : Palme d'or au Festival de Cannes pour le film «Adieu ma concubine». Il a également été nominé en 1988 (Le Roi des enfants), en 1991 (La vie sur un fil), en 1996 (Temptress Moon) et 1999 (L'Empereur et l'assassin). 1985 : Léopard d'argent et prix spécial du jury au Festival International du Film de Locarno (Terre jaune)
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