| Jia Zhangke, le fer de lance de la 6e génération de réalisateurs chinois |
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| Écrit par Pascaline Vallée | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Mercredi, 09 Décembre 2009 16:14 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Lion d'or à la Mostra de Venise 2006 pour "Still Life", Jia Zhangke fait partie des réalisateurs chinois les plus reconnus en Occident. Dans son pays natal, au contraire, il est plus familier des organes de censure que du public...
Jia Zhangke(贾樟柯. Jiǎ Zhāngkē)
Né en 1970 à Fen Yang dans le Shanxi. Réalisateur chinois A savoir-en 1995, Jia Zhangke fonde le « Youth Expérimental Film Group », première structure de production indépendante en Chine, avec laquelle il réalise ses deux premiers films tournés en vidéo Xiao Shan Going Home et Du Du.
-en 2004, sept ans après sa première production, The World est son premier film autorisé sur les écrans chinois. -en 2006, Still Life a remporté un Lion d’or à Venise. Au XXe siècle, en Chine, « il y a eu des réformes, des hésitations entre révolution et monarchie démocratique ; il y a eu des révolutions et des guerres, mais c’est toujours la population qui en a fait les frais », regrettait Jia Zhangke dans une interview au journal Libération le 18 mars 2009. Lui, à l’inverse, puise les personnages de ses films dans les figures exclues de l’évolution de la société chinoise. Dans un sens contraire à l’image de prospérité de la Chine, on y croise des travailleurs migrants, des ouvriers, et surtout une jeunesse désabusée. Documenter la Chine Né en 1970 à Fenyang dans le Shanxi, Jia Zhangke entame les Beaux-Arts avant de se diriger vers le cinéma et d’être diplômé de l’Institut de Cinéma de Pékin en 1993. C’est à Fen Yang qu’il tournera son premier film, "Xiao Wu, artisan pickpocket" (1997), histoire d’un jeune marginal, décalé par rapport aux évolutions socio-économiques de la Chine. Toujours, au travers d’un personnage ou d’un lieu (parc d’attraction, usine, ville…), les films de Jia Zhangke montrent un microcosme qui devient le symbole de la société chinoise actuelle.Filmer le réel. Jusque dans la bande son, qui utilise les médias, (comme avec l’annonce des JO 2008 attribués à Pékin dans "Plaisirs inconnus"), les tubes Pop ou le karaoké, l’image est documentaire. Une tendance actuelle plus générale, que le réalisateur salue : « Nombre de cinéastes utilisant le numérique ont choisi le documentaire comme premier mode de création – phénomène tout à fait réjouissant, car, qu’il s’agisse du film documentaire ou du cinéma expérimental, ces deux traditions ont toujours fait défaut au cinéma chinois au cours de ses cents ans d’histoire. » (1) Pourtant, Jia Zhangke mêle toujours fiction et réalité. Ses films comportent des contrepoints irréels, à l’image du funambule qui passe d’un toit d’immeuble à l’autre en arrière-plan dans "Still Life". Le réalisateur ne s’interdit rien. Immeubles qui s’envolent en fusée, sms qui se transforment en animations, l’imaginaire s’introduit dans le documentaire comme une percée dans l’esprit des personnages. Au-delà de ce mélange, les films de Jia Zhangke ont avant tout une valeur sociale et politique. The World critique la société du spectacle actuelle, "Still Life" dénonce le sort des habitants des villages noyés par le barrage des Trois gorges, "24 City", celui des ouvriers contraints de renoncer au travail de toute une vie. Dans toutes ces situations, les relations sociales sont exposées, dans toute leur fragilité. Dernier en date, "24 City" trace le portrait de huit Chinois, liés de près à une usine en pleine démolition. Pour ce faire, Jia Zhangke a interrogé plus de cent ouvriers, en faisant témoigner cinq et s’en inspirant pour ajouter trois fictions. A travers ces personnages, le spectateur découvre quelques histoires qui ont traversé l’usine, histoires d’amour, de mort et de familles. Un hymne au travail, mais dans lequel Jia Zhangke, fidèle à la liberté d’expression qui lui valut longtemps des embrouilles avec l’Etat, montre la dérision de ce système. Tianan men et la 6e génération Connu et reconnu en Occident, Jia Zhangke n’a que récemment réussi à infiltrer les canaux officiels chinois. Réalisateur indépendant, il a signé dès son premier film, refusé par le bureau des censeurs, son appartenance à la « sixième génération » du cinéma contemporain chinois.Agé de 19 ans à l’époque des événements de Tian anmen, Jia Zhangke en a profondément été marqué. Avec lui, la 6e génération s’est définie par rapport aux conflits de 1989, décidée depuis à filmer la Chine actuelle, sa misère et ses problèmes sociaux. Pour autant, les cinéastes indépendants ne cherchent pas à rester en marge. Ils voudraient être diffusés en Chine mais sont contraints d’aller chercher financement et diffusion à l’étranger. Etat et population chinoise en général jugent que ces films font « perdre la face » à leur pays en occultant sa réussite économique. "The World" est le premier film de Jia Zhangke à franchir la censure en 2004. Depuis, le réalisateur est reconnu par les médias et les professionnels. Etat forcé par la reconnaissance extérieure. Aujourd’hui diffusé en salles, il s’assure qu’il n’est pas le seul à dépasser la censure. En 2003, avec six autres réalisateurs, il adresse au bureau des censeurs du gouvernement chinois une lettre, demandant de changer leur manière de faire, en instaurant par exemple des interdictions en fonction de l’âge. Aujourd’hui, même si le cinéma indépendant chinois continue de vivre par les DVD pirates, le vieil édifice de la censure, à l’image des bâtiments de Still Life, commence à se fissurer. Filmographie
Notes : (1) « Des films qu’ont ne peut pas interdire», dans Alors la Chine ? catalogue de l’exposition éponyme présentée au Centre Pompidou en 2003.
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