| Tsai Ming-liang : un outsider de la deuxième vague du cinéma taïwanais |
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| Écrit par Brigitte Duzan | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Vendredi, 11 Décembre 2009 18:37 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Tsai Ming-liang, issu de la 2e génération de réalisateurs taiwanais, a su créer son propre univers en répétant de film en film des thèmes qui reviennent en boucle, comme des leitmotivs soumis à de légères variations. Portraits et présentations de l'oeuvre d'un cinéaste mondialement reconnu.
Tsai Ming-liang 蔡明亮Réalisateur et scénariste taiwanais (cinéma et télévision)Né le 27 octobre 1957 à Kuching (Malaisie) Une culture cinématographique développée grâce à ses grands parents Tsai Ming-liang est né en 1957 en Malaisie, à Kuching, capitale de l’Etat de Sarawak, sur l’île de Bornéo. Il apparaît comme l’un des maîtres de la seconde vague du nouveau cinéma taiwanais, après Hou Hsiao-hsien et Edward Yang, mais légèrement en marge par rapport à ses aînés.Son père était un modeste fermier qui tenait en outre un petit stand de nouilles pour arrondir ses fins de mois. Tsai Ming-liang a vécu là pendant vingt ans une vie tranquille, sans heurts, mais ce furent des années formatrices qui lui donnèrent à jamais la passion du cinéma. Ses grands parents en étaient fervents, et allaient voir indistinctement tous les films qui passaient dans le cinéma local, emmenant le gamin avec lui. Il a raconté que, comme ils devaient à tour de rôle servir les nouilles dans le stand familial, l’un allait à la séance de sept heures, l’autre à la celle de dix heures. L’enfant assistait ainsi aux deux. Il en acquit une formidable culture cinématographique, nourrie des films populaires cantonais et même philippins de l’époque, mais surtout du cinéma de Hong Kong des années 1950 et 60, voire des années 70 ; on en retrouvera des références (souvent musicales) dans nombre de ses films. Influencé par les grands réalisateurs européens Ce n’est qu’à vingt ans, à l’instigation de son père, qu’il partit à Taiwan, où il entra à l’Université de la Culture chinoise, dans la section cinéma et théâtre. C’est là, grâce aux archives de l’université, qu’il découvrit le cinéma européen, la nouvelle vague française, le nouveau cinéma allemand et le néo-réalisme italien. Les films de Truffaut, Bresson, Antonioni et Fassbinder, en particulier, exerceront sur lui une influence déterminante : Truffaut pour son humanisme chaleureux et sa capacité à se créer un univers bien à lui, Fassbinder pour ses préoccupations pour une sexualité décalée, Bresson pour le style de sa direction d’acteurs, et Antonioni pour ses paysages urbains déshumanisés. Il en acquit une nouvelle conception du rôle fondamental du réalisateur en tant que créateur possédant un style propre, une voix spécifique.
Il sortit diplômé en 1982. C’était un moment intéressant dans l’histoire de Taiwan. La République populaire, à Pékin, consolidait sa position comme représentante du peuple chinois ; trois ans plus tôt, le Congrès américain avait passé le « Taiwan Relations Act » qui reconnaissait formellement la République populaire de Chine et rompait par conséquent les relations diplomatiques avec l’île. Cette année-là, 1982, celle-ci répondait aux avances de Pékin par les « trois non » (aux contacts, aux négociations et aux compromis). Elle continuait à être dirigée d’une main de fer par le Guomingdang, et la loi martiale, qui avait été décrétée dès 1947 pour réprimer les émeutes de la population locale, ne serait levée que cinq ans plus tard. Du théâtre au cinéma en passant par la case télévision L’île évoluait cependant progressivement vers la démocratie, qui serait finalement instaurée avec l’élection en 1996 du président Lee Teng-hui au suffage universel.Cette situation politique tout autant que la croissance économique étaient favorables à une nouvelle génération d’artistes et de cinéastes, favorisant la renaissance du cinéma indépendant grâce, en particulier, à l’émergence de sources alternatives de financement.
Tsai Ming-liang fit ses premiers pas de metteur en scène au théâtre, puis, entre 1989 et 1991, à un moment où toute activité intellectuelle était gelée sur le continent à la suite des événements de Tian’anmen, il écrivit dix scénarios pour la télévision, ce qui allait lui offrir sa première expérience derrière la caméra, et l’occasion de commencer à définir son style et les thèmes que l’on retrouverait dans ses films ultérieurs. Dans l’un de ces téléfilms, « Boys », en 1991, il fit ainsi jouer pour la première fois une espèce de voyou qu’il avait découvert dans une rue de Taipei et qui allait devenir son acteur fétiche incontournable : Lee Kang-sheng (李康生). Il s’appelait déjà Hsiao Kang dans le film, comme dans ceux qui suivraient. Parallèlement, Tsai travaillait au scénario de ce qui allait être son premier long métrage, en 1992 : « Rebels of the neon god », un film qu’il voulait réaliste, sur la vie quotidienne à Taipei. C’était le premier d’une série de longs métrages qui n’en finiraient pas de redéfinir, avec les mêmes acteurs, des thèmes fondamentaux récurrents, pour aboutir à un univers ancré dans la réalité quotidienne, mais une réalité gauchie par la vision personnelle du réalisateur, ses souvenirs et ses fantasmes même, une réalité épurée et stylisée, et constamment renouvelée.
Cet univers s’est construit en huit films, le cinquième, « Et là-bas quelle heure est-il ? » représentant un sommet et pouvant être considéré, avec le recul, comme une œuvre charnière. Filmographie :Longs métrages
Principaux courts métrages
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