Accueil culture Arts chinois L'Opéra Yu (yuju), l'art théâtral du Henan
L'Opéra Yu (yuju), l'art théâtral du Henan PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Brigitte Duzan   
Lundi, 07 Décembre 2009 17:56

L'Opéra Yu (Yuju)

L’opéra qui était présenté au festival est une adaptation de cette histoire dans le style de l’opéra yu ou 豫剧 yùjù. Ce genre est né dans la région du Henan à la fin des Ming, 豫 yù étant le nom abrégé de la province, et s’appelle aussi Henan bangzi (河南梆子) du nom de l’instrument à percussion en bois utilisé pour donner le rythme, le bāngzi (3). Jusqu’au milieu des années 1980, l’opéra yu était l’un des plus importants opéras régionaux, au moins en nombre de troupes et d’acteurs. Sa popularité s’étend aujourd’hui à tout l’ouest de la Chine.

Comme pour les autres opéras provinciaux, il est né d’un mélange de styles locaux, en l’occurrence de formes de chants spécifiques de diverses régions du Henan. Il s’est beaucoup développé à partir de la fin des années 1920 : en 1927, en effet, les rôles ne furent plus interprétés seulement par des acteurs masculins ; cinq actrices, chacune avec son caractère propre, ont alors contribué faire évoluer le genre en suscitant l’écriture de nouvelles pièces intégrant des influences d’autres genres, dont le jingju.

L’une d’elles, Chang Xiangyu (常香玉), fonda sa propre école en 1938, contribuant à la création d’un style fusionnant les traditions vocales de l’ouest et de l’est de la province. L’opéra a pris un nouvel essor après 1949, dans le cadre du soutien du nouveau régime à ces formes d’art populaire.

L’opéra yu a gardé de ses origines des airs mélodieux, un rythme enlevé, des récitatifs dans une langue simple, très accessible, et des livrets basés sur des drames populaires. L’éventail des rôles a été peu à peu réduit de quatre à deux principaux : les rôles masculins sheng 生 et les rôles féminins dan 旦, plus quelques « visages peints » 花脸.

C’est un genre qui exclut les effets visuels pour se concentrer sur la musique et le chant, les effets dramatiques venant du jeu des acteurs. 《清风亭》n’est pas le plus connu, mais il répond parfaitement à ces critères. Il a en particulier des arias aux très belles lignes mélodiques, surtout celles où les deux époux épanchent leur douleur après le départ de Jibao, sans que la voix n’atteigne jamais les stridences du jingju, même au summum de l’affliction.
 
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