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Luju, l'Opéra du Shandong PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Brigitte Duzan   
Mercredi, 09 Décembre 2009 21:08

Luju, l'Opéra du Shandong

Origines et développement du Lüju

L’opéra Lü ou 吕剧 Lǚjù est un opéra régional relativement peu connu, dont on a peu d’occasions de voir des représentations hors de Chine.

Même s'il date du début du vingtième siècle, le Lüju a une histoire qui remonte au milieu de la dynastie des Qing,. Dans des villages du sud du Shandong est alors née une forme de quyi (曲艺)- l’art traditionnel, en Chine, du récit parlé/chanté – qui a pris le nom de yangshu 琴书parce que le conteur s’accompagnait à la cithare dite yangqin 扬琴.

Au début du règne de l’empereur Guangxu (光绪), en 1877-78, il y eut une longue sécheresse et une grande famine frappa la région. Pour survivre, les artistes partirent avec leurs instruments « vendre leur art ». Cet exode forcé entraîna un enrichissement des formes autant que des contenus du yangshu au contact d’autres traditions dans les provinces voisines.

En 1900, un conteur de yangshu, Shi Dianyuan (时殿元), donna la première représentation d’une pièce en costume, intitulée《王小赶脚》Wángxiǎo gǎnjiǎo, les deux derniers caractères signifiant ‘conduire une mule, ou un âne, pour transporter des marchandises’. Pour représenter l’animal, il avait fait une sorte d’âne avec une armature en bambou et papier recouvert de tissu. L’âne se disant 驴lǘ, ce nouveau genre théâtral fut tout de suite nommé « le théâtre de l’âne » “驴戏”et, vu le succès rencontré, Shi Dianyuan adapta ensuite d’autres pièces de yangshu pour constituer un répertoire de ce que l’on appela aussi « l’art mêlant cithare et costumes » : 妆扬琴艺zhuāngyángqínyì.

Par la suite, au cours des représentations dans les villages, les artistes furent confrontés à d’autres opéras qui y étaient donnés en même temps, et le genre se développa ainsi en intégrant des styles différents. En 1917 eut lieu la première représentation à Jinan (济南市), la capitale du Shandong, puis le genre élargit son audience à d’autres villes de la province, et remonta jusque dans le Dongbei.

La guerre contre le Japon stoppa ce développement, et, fin 1946, la dernière troupe se dispersa. A partir de 1950, le nouveau régime chinois institua une politique active de recherche et de promotion des différentes formes d’opéras locaux, et le zhuāngyángqínyì reprit alors un nouvel essor, avec l’élargissement du répertoire et la constitution d’une nouvelle troupe, la ‘troupe de l’opéra huàzhuāngyángqín de Jinan’ (济南化妆扬琴剧团).

En 1953, l’opéra trouvait son nom définitif en reprenant le nom simplifié du Shandong, 吕, qui se prononce, à un ton près, comme âne : Lǚ. C’est cette année-là que fut en effet créée la troupe de la province du Shandong qui en officialisait le terme : 山东省吕剧团.L’opéra a été depuis lors inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de la Chine, comme nombre d’autres opéras régionaux.

Les caractéristiques du Luju

L’opéra lü est marqué par ses origines populaires. Il reprend des histoires de la vie quotidienne qui se veulent réalistes, dans le genre des récits des conteurs de quyi ; pour toucher un public qui était au départ un public villageois, il se devait d’être aisément compréhensible : il est donc écrit dans une langue simple, la langue de tous les jours, qui intègre des formes dialectales locales. Quant à la musique, elle est aussi relativement simple, avec une prédominance des cordes, et des influences, entre autres, de jingju et de bangzi.

 
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