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Écrit par Nicolas Jucha   
Vendredi, 27 Novembre 2009 12:14

L'histoire de l'Opéra de Pékin

Seulement 200 ans d'histoire, mais pourtant, les Chinois le considère comme la quintessence de leur culture. La rédaction d'Ici la Chine vous propose de mieux connaître l'histoire de l'Opéra de Pékin à travers un compte rendu historique concis et complet.

Une synthèse des anciens styles théâtraux chinois

L'Opéra de Pékin a un peu plus de 200 ans d'histoire. Il tient officiellement son origine des vieux théâtres de Beijing (où il est né comme son nom l'indique). Son inspiration majeure vient des troupes «Hui Ban» très en vogue au XVIIIe siècle.

Elles étaient réputées pour leur capacités à jouer différents styles. De ces différentes associations d'arts va se créer l'Opéra de Pékin, une synthèse des styles anciens qui va devenir la forme d'expression scénique la plus populaire du pays.

La première période de prospérité de l'Opéra de Beijing est généralement située à la fin du XIXe siècle, même s'il n'a été officiellement reconnu qu'en plein milieu de cette période. Les spectacles se jouaient dans les campagnes mais aussi parfois dans le Palais Impérial.

Mei Lanfang, le porte drapeau

Mei Langfang, le plus grand acteur du XXe siècleL'Opéra de Pékin s'est ainsi développé à une grande allure grâce au soutien matériel de la famille impériale, lui permettant d'améliorer ses décors et costumes assez facilement.

Le deuxième age d'or se situe des années 20 aux années 40 du XXe siècle. Cette époque est marquée par la naissance de nombreuses écoles formant des acteurs célèbres. On peut citer l'école Mei (Mei Lanfang 1894-1961), l'école Shang (Shang Xiaoyun 1900-1976), l'école Cheng (Cheng Yanqiu 1904-1958) et Xun (Xun Huisheng 1900-1968). Des spectacles sont régulièrement donnés à Pékin et Shanghai.

Mei Lanfang a contribué durant sa carrière à faire évoluer l'Opéra de Pékin, notamment pour les rôles féminins dont il était un spécialiste (il créa le rôle féminin Huashan). En 1919, sa tournée au Japon avec sa troupe a été la première représentation de l'Opéra de Pékin hors de Chine. En 1930, il visitait les USA puis 4 ans plus tard l'Europe. On peut donc dire qu'il a largement contribué à la promotion internationale de son art.

Taïwan l'appelle Guoju en signe de protestation

Aujourd'hui, le Théâtre Chang An à Pékin reste le plus actif pour la mise en place de spectacles d'Opéra de Pékin. Cet aspect de culture reste très apprécié de la population, et des chanteurs réputés tels Jay Chou (Zhou Jielun) ou A Xin y ont déjà fait référence dans leurs chansons.

L'Opéra de Pékin est le terme adopté à partir de la définition du dictionnaire d'anglais d'Oxford de 1953. Mais cette forme d'art a connu bien d'autres appellations en Chine, selon les époques et les endroits.

Son nom le plus ancien est Pihuang, en contraction de Xipi et Erhuang, les deux mélodies les plus utilisées lors des représentations. Avec le temps et la popularité, référence fût faite à son origine pékinoise (Beijing = jing qui veut dire capitale) : jingxi ou jingju. Avec la fondation de la République populaire, le nom fût fixé à Jingju, tandis qu'en signe de protestation, à Taïwan on décidait de le nommer Guoju ( 國劇 ; pinyin: Guójù).

Touché par la Révolution Culturelle, à la recherche d'un second souffle

Un art touché par la Révolution CulturelleEn général, les acteurs ont suivi un apprentissage depuis très tôt dans leur vie. Avant le 20e siècle, certains professeurs sélectionnaient des enfants dont ils jugeaient le potentiel suffisant, et les entraînaient pendant environ sept ans. Selon un contrat avec les parents, l'enfant devait par la suite rembourser sa dette avec l'argent de ses prestations.

En 1911, des écoles plus formelles virent le jour, mais l'entraînement y était particulièrement dur. Vers 1930, des écoles moins rigides furent ouvertes durant une courte période, l'invasion japonaise en 1931 débouchant sur la fermeture de toutes. Ce n'est qu'en 1952 que de nouveaux établissements s'ouvrirent.

Pendant la Révolution Culturelle (1966-1976), l'Opéra de Pékin a souffert aux côtés des autres formes d'arts théâtrales en Chine. Les pièces traditionnelles furent mises au ban tandis que celles mettant en scène l'activité communiste durant la guerre contre le Japon, ou dans la guerre civile contre les Nationalistes, et la lutte des classes furent mises en valeur.

Les pièces traditionnelles furent à nouveau autorisées en 1978, néanmoins, l'Opéra de Pékin a perdu une large partie de son public en raison de son style ancien et du manque de connaissances (et d'intérêt) historiques des jeunes. Les personnes âgées qui étaient enfant pendant l'âge d'or de l'Opéra de Pékin sont aujourd'hui le public de base.

Des campagnes de promotion sont aujourd'hui mises sur pied pour redonner vie à cet art très populaire sous la dynastie Qing, mais aujourd'hui en perdition.

Tous les articles de notre dossier sur l'Opéra de Pékin :

L'Opéra de Pékin, la quintessence de la culture chinoise

L'histoire de l'Opéra de Pékin

Opéra de Pékin : ce qu'il faut savoir de la mise en scène

Les codes visuels de l'Opéra de Pékin

L'immense répertoire de l'Opéra de Pékin

Les différents rôles de l'Opéra de Pékin

Mei Lanfang, l'acteur roi de l'Opéra de Pékin
 
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