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La Chine à la FIAC 2008 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Brigitte Duzan   
Vendredi, 20 Novembre 2009 09:12

La Chine à la FIAC 2008

La 35e édition de la FIAC (Foire internationale d'art contemporain) se tient actuellement à Paris. La rédaction d'Ici la Chine vous propose un petit éclairage sur la représentation chinoise.
La 35ème édition de la Foire internationale d’art contemporain, qui a ouvert ses portes au public ce jeudi 23 octobre, a investi cette année plusieurs sites parisiens différents : le Grand Palais, la Cour Carrée du Louvre et le jardin des Tuileries tandis que le nouvel Espace 104 inauguré il y a peu dans le dix-neuvième arrondissement offre une sorte de « salon des refusés ».

Shanghart, la seule galerie chinoise

Une seule galerie chinoise est présente, la galerie Shanghart, au Grand Palais, mais un certain nombre d’artistes chinois sont exposés par ailleurs dans quelques galeries, françaises et étrangères.

Le Grand Palais donne dans l’ensemble une vision assez conservatrice. L’art n’étant pas totalement à l’abri des fluctuations de l’économie, comme l’ont montré les récentes ventes aux enchères d’art contemporain réalisées à Londres.

Dans une ambiance forcément morose, on assiste à un repli sur des valeurs jugées sûres ; les artistes chinois exposés, dans l’ensemble, ne font pas exception

C’est le cas de deux des principaux peintres chinois exposés sous la grande verrière : Liu Ming, représenté par la galerie Salvador, et Wang Du, représenté par la galerie Laurent Godin, tous deux établis en France et représentant cette diaspora artistique chinoise dont la cote est établie en grande partie par le marché occidental.

Liu Ming, dans le genre «nouveaux pop»

Liu Ming, né en 1957 à Nanjing, où il a fait ses études à l’académie des arts locale, vit à Paris depuis 1991. Il n’a en fait jamais été influencé par l’art traditionnel chinois. Désormais classé dans les « nouveaux pop », peintres et sculpteurs qui reprennent les mêmes thèmes que leurs prédécesseurs du Pop Art il y a quarante ans, il a comme référence Warhol et Lichtenstein, et une certaine parenté avec Martial Raysse.

La toile exposée au Grand Palais, qui représente des corps de baigneurs sur une plage de Monte Carlo, a la facture d’une peinture pointilliste, mais sans jeux de lumière : rien de neuf chez Liu Ming, c’est l’un de ses genres favoris, avec la peinture de vues urbaines désolées et désertes.

Dans les années 70, le mouvement des « nouveaux pop » avait pris comme devise « Quoi de moins gai que l’air du temps ? ». C’est tout à fait l’impression qui ressort de l’œuvre de Liu Ming et il faut dire qu’elle s’accorde remarquablement bien avec l’atmosphère de crise qui plane sous les cintres.

Wang Du, l'artiste engagé

Wang Du, né en 1956 à Wuhan, fut un artiste engagé, qui, à force de prôner la liberté intellectuelle et d’organiser des manifestations, s’est retrouvé en prison pendant neuf mois à Canton pour activités subversives. Libéré grâce à l’entremise du gouvernement français, il est arrivé en France en 1990.

Son œuvre est fondée sur le recyclage des images de la presse et des médias en général, car ceux-ci sont pour lui une « post-réalité » qui se confond avec le monde réel : cet univers médiatique où le virtuel a détrôné la réalité, il le transforme en « hyper réalité » dans des installations à trois dimensions.

Dans la pratique, il part de photos sélectionnées dans les journaux illustrant les conflits mais aussi la vie des stars et des personnalités politiques, et il modèle dans l’argile les personnages qui y sont représentés, créant un monde factice où l’on retrouve les acteurs de l’actualité, mais revus et brassés dans un ordre arbitraire, devenant ainsi les instruments d’un autre média qui renvoie aux premiers comme un miroir déformant. Sa profession de foi ? « Je veux être un média » !

Il est devenu célèbre surtout à partir de la quadruple exposition organisée en 2004 dans quatre sites différentes, dont le palais de Tokyo à Paris, et intitulée « Wang Du Parade » (http://www.palaisdetokyo.com/wangdu/)

A cette occasion, Annick Colonna-Césari écrivait dans l’Express :


« On pénètre dans l'exposition du palais de Tokyo par un tunnel sinueux de 30 mètres de longueur. A ses parois tapissées de journaux sont accrochés une soixantaine de téléviseurs qui diffusent non-stop des chaînes du monde entier. A chacun de digérer comme il peut cette avalanche d'images et ce flot de paroles. Du toboggan qui prolonge le tunnel, on atterrit sur un tapis volant, reproduction monumentale, au code-barres près, d'une couverture du magazine Time, de février 2003, représentant l'explosion en plein vol de la navette Columbia. Non loin, comme violemment jetée sur le sol, gît une boule géante de papier journal: la page, froissée, des marchés mondiaux du Financial Times. Tout un symbole... »

Wang Du n’a pas changé. Il faut bien dire que, dans le climat actuel, les pages froissées du Financial Times ont toujours le même effet légèrement manipulateur sur le public. Même si l’on peut avoir quelques réserves quant à un art essentiellement caricatural, il faut bien reconnaître que cela se vend pas mal : Wang Du figure dans la collection d’art contemporain de la Société générale, aux côtés de Zao Wouki…

On peut cependant préférer des œuvres moins spectaculaires, moins médiatisées, mais peut-être plus profondes, et certainement plus chinoises…

 

 
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