Accueil culture Histoire Histoire Histoire : Jiang Ziya, et l'histoire de l'état de Qi (partie 1)
Histoire : Jiang Ziya, et l'histoire de l'état de Qi (partie 1) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Brigitte Duzan   
Mercredi, 09 Décembre 2009 11:47

Jiang Ziya

Au 8ème siècle avant Jésus-Christ, la dynastie des Zhou perdit peu à peu tout pouvoir véritable, et, dans ce contexte, l’Etat de Qi devint progressivement un acteur majeur sur l’échiquier politique chinois, surtout à partir de l’avènement du quinzième duc, le duc Huan, en -685.

Le fief de la famille des Jiang

Cet Etat de Qi, selon l’historien Sima Qian, devait son nom à une source sacrée. La sixième des biographies impériales de ses Mémoires historiques décrit les sacrifices et rituels pratiqués par le premier empereur Qin Shi Huangdi au cours d’un voyages à travers son territoire ; il offrit des sacrifices aux diverses montagnes sacrées, aux principaux fleuves ainsi qu’aux « Huit Esprits ».

Sima Qian explique : « Certains disent que le culte des Huit Esprits a commencé à l’époque du premier seigneur de l’Etat de Qi, au début de la dynastie des Zhou. Mais, comme ces rituels n’ont pas été pratiqués depuis longtemps, personne ne sait plus très bien quelle est leur origine exacte. Des Huit Esprits, le premier était appelé Tianzhu,, le Maître du Ciel ; des sacrifices lui étaient offerts en un endroit nommé Tianji, le Nombril du Ciel : c’était le nom d’une source située au pied d’une montagne dans les faubourgs sud de Linzi (*), et l’on dit que le nom de Qi vient de là. »

L’Etat aurait été fondé vers 1046 avant Jésus-Christ comme fief de la famille des Jiang. L’un des membres de cette famille, Jiang Ziya, avait servi le dernier roi des Shang en tant qu’expert en stratégie militaire. On lui attribue même le premier traité chinois de stratégie, le Liu Tao, « les six stratégies » : même si le traité en question date de la période des Royaumes combattants (475-221 avant Jésus-Christ) et représente un condensé de la pensée stratégique de l’époque, il est probable qu’il reflète certaines des idées de Jiang lui-même.

On dit aussi qu’il descendait de l’empereur mythique Yandi, ou Yandi Shennongshi, l’ancêtre mythique à qui les Chinois devraient l’agriculture : mention est faite de cette ascendance dans une interprétation de divination rapportée dans le Zuo Zhuan. Par ailleurs, selon une autre légende, la mère du futur Yandi, alors qu’elle voyageait dans le Huashan, l’une des cinq montagnes sacrées, aurait été agressée par un dragon, donnant naissance quelques temps plus tard au bébé Yandi.

Jiang Ziya, un destin hors du commun

Celui-ci, ayant grandi près de la rivière Jiang, en aurait adopté le nom... On dit aussi que l’un de ses ancêtres avait occupé une position importante pendant le règne de l’empereur Shun, et que cet ancêtre avait ensuite aidé Yu le Grand à endiguer les rivières et contrôler les eaux. Bref, la légende a doté Jiang Ziya des origines dignes d’un héros promis à un destin hors du commun, justifié en outre par ses talents et sa grande vertu.

Le dernier roi des Shang, nous dit l’histoire officielle, étant tyrannique et corrompu, et qui plus est débauché, au bout de plusieurs années de service, Jiang Ziya en vint à le détester au point qu’il attendait le jour où quelqu’un viendrait lui proposer de l’aider à le renverser.

Le comble fut atteint lorsque le roi décida de se faire construire un palais somptueux, le palais « de la terrasse des daims », pour qu’on y vienne le glorifier comme une divinité. Le projet finit de ruiner le pays et d’affamer la population. Jiang Ziya décida alors de renoncer à son poste et partit vers l’ouest avec sa femme. Ce furent des années de grande pauvreté, et sa femme finit par le quitter. Mais jamais il n’abandonna la conviction que quelqu’un allait venir lui demander son aide pour venir à bout de la dynastie des Shang. On raconte qu’il attendit ainsi jusqu’à l’âge canonique de 72 ans.

(*)  Capitale de l’Etat de Qi depuis le règne du duc Xian, septième en titre ; selon Sima Qian, il l’établit comme capitale en 859 avant Jésus-Christ. Elle fait aujourd’hui partie de la ville de Zibo, dans le Shandong.

A suivre : deuxième partie du récit sur Jiang Ziya et l'histoire de l'état de Qi

 

 
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