Accueil culture Histoire Histoire Histoire : Jiang Ziya et l'histoire de l'état de Qi (partie 3)
Histoire : Jiang Ziya et l'histoire de l'état de Qi (partie 3) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Brigitte Duzan   
Mercredi, 09 Décembre 2009 12:06

Jiang Ziya

La chute des Shang et l'avènement des Zhou eurent valeur dogmatique et servir, à partir des Song principalement, à fournir un modèle de conduite aux empereurs et lettrés. Les excès en tout genre mènent à la ruine...


A lire : la partie précédente du récit

 

C’est évidemment une histoire passée au crible de la morale confucéenne : fondée sur des exemples édifiants ayant valeur de modèles et érigée en dogme fondamental. En fait, l’archéologie montre que les modèles que l’on dit confucéens existaient bien avant Confucius. Les inscriptions à l’intérieur d’un vase ding (*) découvert il y quelques années dans le district de Fufeng, au Shaanxi, sur le site de l’ancienne capitale du clan des Zhou, Zhouyuan, expliquaient déjà la chute des Shang par cette raison.

Le Shujing, ou Livre des Documents, compilé sous les Han, explique aussi la chute des Xia pour les mêmes raisons : les frères du dernier roi Xia se seraient révoltés contre lui parce qu’il opprimait le peuple. Mais c’est avec le renouveau confucianiste sous les Song qu’a été systématisée l’utilisation pratique de l’histoire comme miroir (légèrement déformant) du passé, afin de fournir des modèles de conduite aux empereurs et aux lettrés.

L’image stéréotypée des « mauvais rois » servira à la fois de raison pour expliquer la chute d’une dynastie, mais aussi d’instrument de propagande pour les successeurs. La turpitude des Shang a ainsi donné une morale en forme de chengyu : 酒 池 肉 林 - jiuchi roulin, mares d’alcools et forêts de viandes – évoquant allusivement les débordements de ces souverains pour fustiger les excès de bonne chère et de boisson qui, comme tout le monde sait, ne peuvent mener qu’à la ruine, des empires comme des individus.

L'avènement des Zhou

On dit que le vieux Jiang Taigong contribua à la montée en puissance des Zhou par son action non seulement dans le domaine militaire, mais aussi dans le domaine intérieur, et en particulier agricole. Quoi qu’il en soit, il fut dûment remercié de ses services, par l’octroi d’un fief.

En outre, le roi Wu épousa une de ses filles, ce qui lui donna le rang de beau-père, et l’intégra ipso facto dans le clan familial des Ji, ce qui – on l’a vu – était un facteur important dans l’attribution des fiefs.  Adoubé duc de Qi, il se vit attribuer un territoire encore à moitié sauvage, à l’est de ceux contrôlés par la dynastie, dans ce qui est aujourd’hui la partie centrale et orientale du Shandong.

Le nouveau duc devenait ainsi un élément essentiel dans la nouvelle distribution des rôles qu’entraînait la forme de gouvernement plus centralisée et plus formelle instaurée par les Zhou. En tant que duc, il était placé au sommet des cinq rangs de la hiérarchie nobiliaire.

Cependant, à partir de 680, l’usage se répandit d’accorder à chaque noble le titre de duc à titre posthume après sa mort, quelle que fût sa position antérieure. Les distinctions de rang perdirent dès lors beaucoup de leur signification, révélant l’autonomie croissante des feudataires et de leurs Etats.

 

(*) Vase tripode de bronze à usage domestique, servant à faire bouillir la viande. Sous les dynasties Xia, Shang et Zhou, ces bronzes servaient de vases rituels, utilisés pendant les cérémonies sacrificielles. Outre une décoration très riche, ils portaient, le plus souvent à l’intérieur, des inscriptions inestimables pour la compréhension de la société et de l’histoire de la période.

 

A suivre : la dernière partie du récit sur Jiang Ziya et l'histoire de l'état de Qi

 

 
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