Histoire : Jiang Ziya et l'histoire de l'état de Qi (partie 2)

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Histoire - Histoire
Écrit par Brigitte Duzan   
17-11-2008

Jiang ZiyaExpert militaire en stratégie militaire sous la dynastie Shang, Jiang Ziya s'était juré d'aider celui qui renverserait le roi décadent de son époque. Recruté par le roi Wen, il accomplira sa mission auprès du roi Wu. Seconde partie de notre sujet sur l'histoire de l'état de Qi.

A voir : la première partie du récit

Il passait ses journées à pêcher, mais d’une manière peu ordinaire: il utilisait une ligne sans hameçon, tenue très haut au-dessus de l’eau en chantonnant aux poissons une incitation à approcher. Cette étrange manière fut rapportée à un puissant vassal des Shang, celui qui allait devenir le roi Wen (*), premier de la lignée dynastique des Zhou.

Il dut penser que ce pêcheur était a priori intéressant, les excentriques, en Chine, sont a priori des sages camouflés, et un sage, c’est toujours utile, surtout à un roi qui n’en est pas encore un et voudrait bien le devenir. Le – futur – roi Wen envoya donc un sous-fifre voir ce dont il s’agissait.

Tuteur pour le fils du roi Wen

Jiang Ziya ne broncha pas et continua son manège. Alors le roi envoya un ministre, qui rapporta que l’individu disait : « Petit poisson, petit poisson, passe ton chemin, ce que je veux, c’est un plus gros poisson. » Intrigué, le roi finit par se déplacer en personne ; apprenant que c’était un stratège militaire et gagné par sa sagacité, se souvenant que son père et avant lui son grand-père lui avaient dit qu’il était très important de s’entourer de gens talentueux, il le prit à son service avec le titre honorifique de taigong, quelque chose comme grand-duc, et le nomma tuteur de son fils, le futur roi Wu.

Il est passé à ce titre comme un exemple de rigueur morale. Ainsi, des illustrations de textes confucéens éditées sous les Ming – pour l’édification morale des jeunes empereurs, puis d’un public plus large - le représentent comme un tuteur sévère et écouté. Il figure en particulier dans un livre publié à deux reprises à Nanjing, pendant l’ère Wanli, à la fin du seizième et au début du dix-septième siècle, avec des illustrations, imprimées en xylographie, caractéristiques d’un art alors florissant dans la province de l’Anhui : l’ouvrage est intitulé « la culture de la droiture illustrée et commentée ». […]

Lorsque son père, le « roi » Wen, mourut, cet élève exemplaire, avec la fougue de la jeunesse, décida de renverser les Shang dont on lui avait sans doute dit et répété que la vertu décadente et le mode de gouvernement menaient le pays à la ruine.

La fin de la dynastie Shang

Mais son vieux conseiller l’en dissuada, lui disant : « Quand je pêchais, là-bas dans mon village, j’ai appris une vérité fondamentale : si l’on veut réussir, il faut être patient et savoir attendre l’occasion adéquate. Ne vous précipitez pas. » Et le (futur) roi Wu, à nouveau, l’écouta.  Peu de temps après, cependant, la situation avait empiré au point que le peuple, misérable et désespéré, avait perdu foi en son souverain et était prêt à se révolter.

Wu attaqua non loin de la capitale, Yin (près de la ville actuelle d’Anyang) ; on dit que le roi Shang envoya des esclaves non entraînés à la bataille, et que beaucoup s’enfuirent ou se rendirent sans beaucoup combattre ; bref, ce fut un fiasco et Yin fut conquise. Le dernier roi Shang mit le feu à son palais et périt dans les flammes. La dynastie Shang avait vécu, ayant perdu le mandat du ciel, et tout le peuple en liesse accueillit son nouveau souverain en libérateur.

(*)[Au 8ème siècle avant Jésus-Christ, la dynastie des Zhou perdit On parle couramment du « roi » Wen, mais il ne l’a été en fait qu’à titre posthume, car son fils, le roi Wu, qui renversa les Shang et fonda véritablement la dynastie, ne pouvait, selon les usages, porter un titre supérieur à celui de son père ; il lui conféra donc celui de roi une fois monté sur le trône.

A suivre : 3e partie du récit sur Jiang Ziya et l'histoire de l'état de Qi

 
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