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Interview : le Festival du Premier Film (Pékin et Tianjin), l'espace de promotion du nouveau cinéma chinois PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Jucha (questions)   
Mardi, 26 Octobre 2010 18:55

Interview : le Festival du Premier Film (Pékin et Tianjin), l'espace de promotion du nouveau cinéma chinois

Du 2 au 16 novembre prochains va se tenir dans 12 universités de Pékin et Tianjin la troisième édition du Festival du Premier Film. L'un des organisateurs, Brice Longnos, a accepté de nous présenter cette plate forme de découverte des stars de demain du septième art chinois.

Brice Longnos est responsable de la coordination pour les films étrangers lors du Festival du Premier Film 2010 à Pékin et Tianjin. Ce festival est organisé par la société Legend Film Production, et se tiendra du 2 au 16 novembre.

Ici la Chine : en quelques mots, pouvez-vous nous dire ce qu'est le Festival du Premier Film ?

Brice Longnos : Le Festival du Premier Film est né il y a deux ans, en 2008, et fut crée par le réalisateur chinois Wu Wen afin de promouvoir les premiers films de réalisateurs chinois, dont le sien (Life is Easy, 2008). Il est depuis lors organisé par la société du réalisateur - Legend Film Production -, créée en 2007, tous les ans et vers la même période (première quinzaine de novembre): 2010 est donc sa troisième édition.

ILC : quelles sont les ambitions du festival ?

Brice LongnosBL : Le festival se fixe trois objectifs majeurs. Le premier est de créer le premier festival cinéma de Chine à se baser sur la technologie internet : en ce sens, nous essayons d’étendre le processus de sélection des films à toutes les provinces de Chine en y ayant des comités présents. A cet effet, nous souhaitons organiser des forums de discussion, des conférences d’échange et développer la première communauté du film de Chine.

Le second objectif est de s’imposer comme la plus puissante plateforme pour l’émergence de nouveaux talents en Chine : chaque année le festival sélectionne et investit dans de nouveaux réalisateurs, scripts, acteurs et finance de nouveaux projets en collaboration avec eux.

Le troisième objectif est de s’appuyer sur les NTIC pour devenir le plus dynamique des festivals cinématographiques de Chine. En plus de la technologie internet traditionnelle, la téléphonie mobile et en particulier la technologie 3G permet d’étendre considérablement la diffusion en ligne de notre festival : la visualisation, le téléchargement et l’achat via la téléphonie mobile permettent de transporter le festival dans une autre dimension.

ILC : en termes de chiffres, que représente cet événement ?

BL : Depuis 2008, le Festival du Premier Film n’a pas cessé de gagner en visibilité et en réputation. Ce qui lui permet d’accroître et de diversifier ses sources. En termes de chiffres, cette évolution est très notable si l’on considère les courts métrages : en 2008, 57 films ont été soumis à sélection, 84 en 2009 et 130 en 2010.

Fait important pour comprendre la répartition en termes de nombre de films : le nombre de sections. Le festival en comporte quatre : la rétrospective d’un maître du cinéma francophone, la rétrospective des premiers films de maîtres du cinéma chinois, la présentation des premiers films de nouveaux réalisateurs chinois et étrangers, et enfin une compétition internationale de courts métrages.

Le nombre de films a augmenté dans toutes les sections : de seulement 10 en 2008 à 22 en 2009 (globalement le même nombre en 2010) pour les films de nouveaux réalisateurs, de 7 en 2008 à 15 en 2009 pour les premiers films de maîtres du cinéma chinois. Le nombre de courts métrages projetés reste sensiblement le même et la rétrospective d’un maître du cinéma francophone accueille toujours 5 films. En terme de projections, le nombre a également bien augmenté : 17 en 2008, 41 en 2009 et 50 en 2010.

Le Festival du Premier Film est aussi le premier festival à réunir autant de réalisateurs locaux et étrangers : plus de 37 réalisateurs, sans compter les courts métrages.

En terme d’audience, le public présent est passé de 6 500 en 2008 à 22 000 personnes en 2009. Nous nous attendons donc à avoir plus de 30 000 spectateurs pour cette édition.

Plus de salles, plus d’écrans: cette année nous en sommes à 12 universités et une quinzaine d’écrans pour accueillir la manifestation.

Enfin, le festival se déroule sur deux semaines, du 2 au 16 novembre à Pékin et, depuis cette année, à Tianjin.

ILC : quelles sont les principales institutions et célébrités qui vous soutiennent dans ce projet ?

La cérémonie 2009BL : Le festival étant prioritairement basé en Chine, à destination du public chinois et à contenu majoritairement chinois, les institutions et célébrités sont surtout du monde sinophile.

Pour le festival notre principal partenaire est la Peking University (Beida) qui accueille les cérémonies d’ouverture et de clôture ainsi que les projections pour certains films des sections nouveaux réalisateurs et premiers films de réalisateurs chinois reconnus. China Unicom est notre sponsor officiel dans le cadre de l’édition 2010.

Le China Film Group® met généreusement ses films à notre disposition, nous permettant à ce titre de projeter de grandes productions chinoises. Nous bénéficions aussi du soutien de la China Film Archive et de la Taiwan Film Archive.

Wu Wen ayant étudié en France pendant 7 ans, il a tissé de bonnes relations avec l’Ambassade de France et le Centre Culturel Français, ce qui nous permet d’organiser la rétrospective d’un réalisateur francophone au sein de notre festival...

Par ailleurs, nous collaborons avec d’autres festivals qui nous soutiennent dans notre projet, tels que le Shanghai International Film Festival ou le Beijing International Film Festival.

Depuis cette année, nous avons aussi le soutien de nouvelles institutions en raison de notre sélection élargie de films étrangers : la Japan Foundation, la Media Development Authority (MDA) de Singapour ou encore l’Institut Cervantès.

Au niveau des célébrités, beaucoup d’acteurs et réalisateurs chinois, y compris hongkongais et taïwanais, soutiennent notre festival. Le doyen du cinéma chinois, Xie Tieli ; le producteur Gao Jun ; des écrivains tels que Jean-Michel Frodon (Les Cahiers du Cinéma), des réalisateurs tels que Amos Gitai (France/Israël), Jack Neo (Singapour), Wang Chuan , Cao Baoping, Huang Jianxin ou des actrices telles que Jiang Wenli, Fan Binbing… et récemment, Sophie Marceau à qui nous avons présenté le festival.

ILC : premier film... cela signifie que vous allez proposer au public des oeuvres de pures néophytes. N'est-il pas compliqué de sélectionneur les «bons» réalisateurs ? Comment se déroule la sélection ?

BL : D’où l’importance du réseau que l’on essaie de créer en Chine. Il permet de faire connaître plus facilement les nouveaux réalisateurs, de nous faire remonter l’information. Nous avons actuellement deux comités d’organisation : l’un est étudiant, l’autre est un groupe de professionnels de l’industrie.

Par ailleurs, le festival a acquis une certaine réputation, ce qui lui permet d’être connu des nouveaux réalisateurs qui viennent de plus en plus spontanément proposer leurs films. Mais il y a aussi beaucoup de films chinois que nous invitons lorsqu’ils ont déjà acquis une reconnaissance en festival.

Pour les films étrangers, nous requérons des reconnaissances acquises en festival d’importance (Toronto, Karlovy Vary, Shanghai) ou nous essayons de prospecter afin de nous faire connaître et de promouvoir la diversité.

Nous sommes encore un jeune festival, mais nous nous efforçons d’avoir une sélection de qualité.

ILC : Quelles sont les origines géographiques des différents cinéastes retenus ? Y a t-il une majorité de Chinois ?

BL : Le festival se voulant à l’origine une plateforme de découverte du nouveau cinéma chinois, je pense que le festival gardera toujours une majorité de films de cinéastes chinois. Et c’est très bien comme ça. Mais, nous nous efforçons d’internationaliser la sélection (longs métrages tout comme courts métrages), pour permettre au public chinois de découvrir un cinéma auquel il n’a presque jamais accès.

Cette année, nous avons donc des films de réalisateurs venant d’Israël (cf. Rétrospective sur Amos Gitai), du Japon, de Singapour, des Etats-Unis, de Pologne, de Russie, de République Tchèque, de Colombie, de France et d’Espagne.

ILC : quels vont être les grands moments de l'édition 2010 de votre festival ?

BL : Comme chaque année, la cérémonie d’ouverture est le moment qui va capter toute l’attention médiatique de par son rôle introductif clef dans le festival mais aussi par son «effet paillettes» (beaucoup de jeunes stars chinoises seront présentes).

Il y aura aussi, nous l’espérons, une Masterclass avec le réalisateur hongkongais Nelson Yu Lik-wai de Plastic City qui ouvre le festival.

Globalement, il y aura un grand nombre de conférences et de Masterclass organisées avec les réalisateurs qui permettront de réunir les cinéphiles et les gens de l’industrie.

ILC : vous avez une partie «rétrospective» sur les cinéastes chinois de la 5e génération. Quels films allez-vous présenter ?

BL : Le Sorgho Rouge de Zhang Yimou, La Terre Jaune de Chen Kaige, L’Affaire du Canon Noir de Huang Jianxin, La Loi du Terrain de Chasse de Tian Zhuangzhuang ou encore Swordsmen in Double Flag Town de He Ping.

ILC : pouvez-vous nous en dire plus sur l'usage de la téléphonie 3G pour diffuser votre festival ?

BL : Comme je l’ai expliqué précédemment, la téléphonie 3G est un outil très utile pour permettre la diffusion du festival et sa prise de connaissance par le plus grand nombre. En Chine (comme dans tous les pays d’Asie du Nord Est), on se sert beaucoup de son téléphone mobile pour consulter internet.

Tencent - notre partenaire pour le festival - y est l’entreprise dominante en ce qui concerne la fourniture d’accès internet et les services à valeur ajoutée pour la téléphonie mobile et les télécoms. Avec son QQ Labs, l’entreprise a pu développer nombre de services en se basant sur sa messagerie instantanée et la technologie 2.0.

Le tout étant accessible depuis un téléphone portable grâce à la 3G, ceci est un levier considérable pour faire connaître notre festival, QQ étant de loin la première expérience connectée de tout citoyen chinois.

ILC : que peut-on vous souhaiter pour cette édition 2010 du Festival du Premier film ?

Nous aurions trois vœux, notamment en ce qui me concerne :
1.D’élargir son public en termes de générations et de typologie et d’avoir une audience encore plus importante qu’aux précédentes éditions.
2.De voir un grand enthousiasme des spectateurs pour les films étrangers que nous avons sélectionné, nous permettant d’envisager plus de sélections étrangères à moyen terme.
3.D’être de plus en plus reconnu en Chine et à l’étranger comme un festival majeur en Chine.

La page facebook du Festival

 
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