| Arts martiaux : rencontre avec un des derniers experts chinois du Wing Chun |
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| Écrit par Nicolas Jucha | |
| Mardi, 01 Décembre 2009 18:49 | |
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Art par lequel Bruce Lee a fait ses armes, le Wing Chun souffre d'un manque de pratiquants au nord de la Chine. L'un des principaux experts chinois, le jeune professeur Wang Zhi Peng, nous a accueilli dans son école et a accepté de répondre à nos questions. Exclusivité www.icilachine.com. Crédits photos sauf mention : Nicolas Jucha
A lire également : notre dossier complet sur le Wing Chun
J'ai rendez-vous sur place en début d'après midi, l'enseignant, Wang Zhi Peng me connaît déjà, puisqu'en 2006 j'avais réalisé pour lui une interview à l'attention d'un magazine d'arts martiaux français. Arrivé sur place, il m'accueille, et je suis surpris de le voir habillé, lui et ses élèves d'ailleurs, de kimonos blancs tel le feraient des judokas.
Devant mon air interloqué, il se justifie : "je sais, cela ne fait pas très chinois, mais bon, au moins avec ça sur le dos on peut s'accrocher, se faire des saisies... sans s'inquiéter de déchirer ou non le vêtement. J'ai importé ces tenues du Japon, et j'en suis très satisfait."
Malgré ma présence, je demande à Wang et ses élèves de poursuivre leur classe, et me contente d'observer et prendre des photos. Les questions viendront plus tard, mais pour l'instant, laissez-moi faire une petite présentation : Jeune enseignant d'une trentaine d'années, professeur Wang Zhi Peng est l'un des derniers vrais experts en Wing Chun au nord du pays. Originaire de Mongolie intérieure, il a commencé les arts de combat à l'âge de 10 ans, et a pratiqué le Yi Quan, le Shaolin Quan, le Sanda ou encore le Taekwondo.
Aujourd'hui, cet ancien garde du corps enseigne le Wing Chun ( 永春拳 yong chun quan), art martial qu'il a découvert à Hongkong auprès d'un disciple de Yip Man, le maître de Bruce Lee. Il fait partie des rares experts de la discipline encore présent au nord du pays. Régulièrement, des professeurs hors de Chine issus de la lignée de Yip Man lui envoient des élèves. Le but : leur montrer du Wing Chun authentique.
Homme de petite corpulence mais remarquable combattant (il a opté pour le Wing Chun par soucis d'efficacité en combat), professeur Wang a accepté de répondre à nos questions. Ses réponses en exclusivité sur www.icilachine.com. "Créer un art martial où le plus faible physiquement pouvait l'emporter"
Ici la Chine : Professeur, comment définiriez-vous le Wing Chun en une ou deux phrases ?
Wang Zhi Peng : En général, on classe le Wing Chun parmi les Nanquan, les Boxes du sud, par rapport à ses origines géographiques. Réputé pour son efficacité et sa sobriété, cet art se démarque par sa source féminine, la none Ng Mui, issue de Shaolin. Son but était de créer un art où le plus faible physiquement pouvait l'emporter, et on dit qu'elle fut inspirée par le combat entre une grue et un serpent.
ILC : Quels sont les principes de cet art martial ? Les techniques les plus utilisées ? WZP : On doit emprunter la force de l'adversaire. Il y a toujours un point avancé comme un pieu, et l'autre au coude prêt à frapper. Le déplacement est à la base de chaque technique, il est indispensable de toujours contrôler son centre de gravité. ILC : le Wing Chun est très différent des autres styles nés à Shaolin. Pourquoi ? WZP : Pour moi, c'est le meilleur style : il est rapide, efficace, sans détours. Les réponses aux attaques sont instantanées. Le travail des jambes se limite aux déplacements, courts mais nombreux, et à des frappes basses. Pas besoin de pratiquer des Taolus pour progresser. Je le présente souvent comme un art interne car la sensation est à la base des techniques, et on utilise une autre force que celle des muscles.
ILC : A notre époque, le Wing Chun offre t-il des solutions efficaces dans ses situations de combat réel ? WZP : Si la pratique est correcte et régulière, alors le Wing Chun offrira beaucoup de victoires en combat.
ILC : Connaissez-vous des unités d'élite qui utilisent cet art ? WZP : Certaines unités suivent des stages, j'avais notamment travaillé pour l'armée chinoise. Mais en général, très peu d'unités d'élite l'étudieront à temps plein. Cela nécessite une pratique régulière qu'ils ne peuvent peut être pas assumer, en raison de leurs obligations. "Prendre la force de l'adversaire, la base du Wing Chun"
ILC : Quels sont les points forts du Wing Chun ? WZP : Une faculté à s'approcher de l'adversaire, des déplacements rapides et surprenants, la capacité à bloquer et frapper en même temps, et surtout, le fait de prendre la force de l'adversaire.
ILC : Quels sont les éventuels points faibles ? WZP : Le point faible vient du pratiquant. C'est une création humaine, et l'homme n'est pas parfait. Celui qui s'entraîne mal sera vulnérable.
ILC : Quelle est la situation duWing Chun aujourd'hui ?
"Bruce Lee a donné un second souffle"ILC : Bruce Lee a t-il servi la cause du Wing Chun ? WZP : Il a offert une grande contribution au Wing Chun, mais aussi et surtout à l'ensemble des arts martiaux. Il est un symbole, et a réussi à fusionner des méthodes et techniques orientales et occidentales. Il a donné un second souffle au Wing Chun, qui a toujours été à la base de sa pratique, ce à partir de quoi il a créé le Jeet Kune Do. Mais sa plus belle oeuvre, c'est d'avoir créé un pont entre l'Orient et l'Occident en matière d'arts martiaux.
ILC : Un conseil pour les pratiquants francophones ? WZP : Si vous voulez être bon, travaillez vos bases le plus souvent possible... Et puis quand vous apprenez un art martial, essayez de ne pas vous focaliser sur les apparences, mais plutôt de comprendre des choses qui vous serviront dans la vie quotidienne.
Merci professeur pour vos réponses et à Madame Duchet Tangrui pour la traduction. A bientôt sur www.icilachine.com pour de nouvelles interviews. A lire également : notre dossier complet sur le Wing Chun
Crédit : Mickaël Duchet
Crédit : Mickaël Duchet
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