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Témoignages : ils sont allés à Shaolin (Partie 2) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Jucha (questions)   
Mercredi, 09 Décembre 2009 11:40
Jérémie Fontaine, devant le temple du Ciel à Pékin
Trois jeunes français férus d'arts martiaux se sont rendus au célèbre temple de Shaolin. Qui ont-ils vécu ? Qu'en ont-ils gardé ? Ils ont accepté de revenir sur cette expérience inoubliable. Seconde partie de notre interview témoignage, avec leur intégration dans le temple, et ce qu'ils pensent dorénavant de Shaolin...

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Dans la première partie de leur témoignage, Saïko, Mickaël et Jérémie nous avaient expliqué comment ils s'étaient retrouvé au temple de Shaolin et à quoi ressemblait leur quotidien sur place. Dans ce seconde partie d'interview, ils nous livrent plus en détails leur vision sur le mythique monastère qu'ils ont eu la chance de découvrir par leurs propres yeux.

ILC : y a t-il des niveaux et une hiérarchie précise dans le temple ?
L'abbé Shi Yongxin, à la tête de Shaolin S.F. : de la hiérarchie que je connais, il y a au plus haut, l’abbé du temple, Shi Yong Xin, le responsable des moines guerriers, Shi Yan Lu. Voici les deux personnages principaux du temple de Shaolin. Ensuite il y a tous les disciples de Shi Yan Lu pour la plupart instructeurs à l’école.

M.D. : en fait, l'abbé Shi Yong Xin dirige le temple Shaolin, il est le chef de 2 familles de moines, les contemplatifs, qui pratiquent le Bouddhisme, et les moines guerriers. On pourrait nommer une troisième catégorie qui est celle des artisans, ceux par exemple qui pratiquent la médecine traditionnelle chinoise. Chaque famille de moines a un chef qui rend compte directement à l'abbé Shi Yong Xin.

J.F. :
bien sûr, il y a une hiérarchie très précise. Il y a le grand maître Shi Yan Lu, responsable des moines guerrier du temple, ensuite ses disciples Shi Han Liang, Shi Han fa, et après leurs disciples qui sont aussi devenus maîtres.

Une discipline plus souple pour les étudiants étrangers

ILC : quelle était votre position par rapport aux élèves permanents ?

S.F. : nous étions logés comme les étudiants chinois, en revanche nous n’étions pas tenus d’être présent à l’appel du matin et pouvions facilement déroger a un entraînement pour aller par exemple faire des course ou visiter.

M.D. : pour ma part, nous étions tous candidats, donc pas un plus gradé que l'autre, mais personnellement, j'en ai profité pour me faire reconnaître auprès de mon maître Shi Yan Lu, et passer des équivalents de grade mais cela reste à titre personnel.

J.F. : nous n’avons pas passé de grade en revanche nous étions mis dans une classe spéciale pour les occidentaux qui viennent s’entraîner au temple. Nous étions avec un anglais, un suédois, un népalais, et deux français sont arrivés au cours de notre séjour.


ILC : en tant qu'étrangers, avez vous reçu un traitement spécial ou été traité à l'égal des autres ?

Saïko Fujita au double sabreM.D : Nous étions tous traités de la même manière, c'était important.

J.F. : nous voulions être traités à l’égal de nos camarades chinois mais nous avions quand même un traitement spécial au niveau de l’entraînement qui était moins difficile à notre grand regret.


ILC : qu'est-ce que représentait Shaolin pour vous avant d'y aller ? Qu'est-ce que cela représente t-il maintenant ?

S.F : pour moi, c'était le lieu sacré des arts martiaux chinois et ça l'est toujours aujourd'hui... On dit que tous les arts martiaux sont nés sous le ciel de Shaolin. Aujourd'hui, on sait que ce n'est pas vrai mais cela ne change en rien à la réputation bien méritée du temple. J'ai longtemps attendu ce voyage, longtemps rêvé de fouler le sol de Shaolin.

Une fois sur place j'avais comme l'impression de ressentir l'énergie de tous ces guerriers s'étant entraînés ces derniers siècles là où je marchais. Je n'ai en aucun cas été déçu, j'ai accompli des choses là-bas que jamais je n'aurais eu la force de réaliser en France.. Ce que je pense de Shaolin : c'est un lieu magique et on ne repart pas de Shaolin comme on y est venu...

M.D. :
Shaolin était pour moi un lieux légendaire bâti il y a 1500 ans. Aujourd hui je le considère comme un lieu de pèlerinage important dans la même mesure que La Mecque pour un musulman.

J.F. : Shaolin représentait pour moi le berceau des arts martiaux, un lieu mythique. Aujourd’hui il représente la même chose en plus fort car j’ai pu voir les maîtres, le temple et ce qui tourne autour.


ILC : quelles étaient vos motivations au départ ? Avez vous trouvé ce que vous espériez ? Avez trouvé plus ?

Mickaël DuchetS.F. : mes motivations...progresser tout simplement, me perfectionner. J'ai trouvé ce que jamais je n’ai même oser rêver...

M.D. : le séjour lui même était un bonus. J’ai passé le 3ème grade avec un grand maître à titre personnel, j ai été reconnu par mon maître, et mon niveau a été félicité par tous les connaisseurs dans les arts martiaux. C'est mieux que d'être champion du monde, et j'y ai trouvé plus encore : des amis.

J.F. : les motivations que j’avais étaient simples : m’entraîner avec les moines de Shaolin, améliorer mon niveau de kung-fu. J’ai largement trouvé plus car il y a une ambiance, il y a la progression immédiate qui pousse à demander plus, toujours plus. il y a l’esprit et aussi la volonté d’honorer les maîtres pour leur transmission de savoir. Il ne faut donc pas les décevoir.

L'envie de retourner à Shaolin au plus vite

ILC : qu'avez vous acquis en terme de connaissances et capacités martiales ? Vous sentez vous plus forts ou plus sage ?

Saïko FujitaS.F. : j'ai appris énormément, martialement comme culturellement mais ce n'est pas pour autant que je me sens plus fort ou plus sage...

M.D. :
moi, je suis trop jeune pour être sage (rire). C 'est dans l'aspect technique que j’ai appris le plus, avec les trois formes de Tongbei Quan, et surtout la différence entre les anciens taolus et leur évolution, ça c'est intéressant.

J.F. : on repart forcement plus fort de Shaolin en termes de connaissances et capacités martiales. C’est la même chose : être avec les moines de Shaolin, c’est être avec l’élite du kung-fu. On ne fait pas mieux donc on apprend à chaque instant et on essaye de récupérer le plus de choses possible de ce que l’on voit.


ILC : y a t-il encore des choses que vous aimerez savoir sur Shaolin ou pensez vous avoir tout découvert durant ce voyage ?

S.F. : au terme de mes deux voyages (en plus dans deux cadres différents), je pense avoir découvert beaucoup de choses sur ce lieu...malgré tout de nombreux mystères restent encore a éclaircir...

M.D. : l'organisation du temple est facile à comprendre. Ce qui est difficile c'est de savoir combien de boxes se pratiquent réellement à Shaolin, et aussi je n'ai pas visité tous les grands lieux d'entraînement des moines, je dois y retourner très vite.

J.F. : il y a énormément à apprendre et une chose est sûre : nous somme étudiant à vie car il y a toujours des choses à apprendre ou à travailler, à maîtriser ou à améliorer. C’est ça le kung-fu, la maîtrise et l’apprentissage. Comme on le dit souvent : on en apprend tous les jours, un proverbe qui prend tout son sens dans notre art martial comme dans la vie de tous les jours.


ILC : Comptez-vous retourner à Shaolin dans le futur ?

S.F. : oui régulièrement,pour des séjour plus ou moins long (de quelques semaines à quelques années...).

M.D. : bien sûr, j'ai plein de choses à faire là-bas, des instructeurs attendent mon arrivée.

J.F. : une fois que l’on a été à Shaolin, la seule question que l’on se pose est quand reviendra t-on... Nous sommes revenus en Europe mais une partie de notre âme est restée à Shaolin et nous attire à elle, donc oui j’y retournerai un jour c’est certain.


Ici la Chine remercie infiniment Saïko Fugita, Mickaël Duchet et Jérémie Fontaine d’avoir accepté de participer à cette interview. A bientôt sur notre site, pour plus de témoignages d’occidentaux en Chine et de reportages sur les arts martiaux et la culture locale...
Une stèle dédié à Boddhidharma
Auteur : Mickaël Duchet
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