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Écrit par La rédaction d'Ici la Chine   
Mercredi, 09 Décembre 2009 17:08

Extraits des Entretiens de Confucius (ou Lunyu), chapitre XVIII

Lunyu, ou les Entretiens de Confucius, reste à ce jour l'une des plus belles sources de sagesse chinoise. On peut y sentir la profondeur du maître spirituel que fut Kong Zi. La rédaction d'Ici la Chine vous propose des extraits du dix-huitième chapitre.

Ces extraits proviennent de la traduction de Séraphin Couvreur (1835-1919), un père jésuite qui a traduit de nombreuses oeuvres littéraires, poétiques et philosophiques du monde chinois ancien. La transcription des noms ne correspond donc pas au hanyu pinyin (la méthode officielle en Chine) mais à celle de l'Ecole Française d' Extrême-Orient (EFEO).

Tzeu lou, voyageant avec Confucius, resta en arrière et le perdit de vue. Il rencontra un vieillard qui à l’aide d’un bâton portait sur son épaule une corbeille pour recueillir de l’herbe. Il lui demanda s’il avait vu son maître. Le vieillard lui dit : « Vous ne remuez ni pieds ni mains ; vous ne savez pas même distinguer les cinq espèces de grains. Quel est votre maître ? » Puis, ayant enfoncé en terre son bâton, il arracha de l’herbe. Tzeu lou joignit les mains et attendit. Le vieillard L’invita à passer la nuit dans sa maison. Il tua un poulet, prépara du millet, et servit à manger à son hôte. Il lui présenta aussi ses deux fils.

Le lendemain Tzeu lou s’en alla et raconta ce fait à Confucius. Le Maître dit : « C’est un ermite. » Il ordonna à Tzeu lou d’aller le voir de nouveau. Quand Tzeu lou arriva le vieillard était déjà parti. Tzeu lou dit à ses deux fils : « Refuser les charges, c’est manquer à la justice. S’il n’est pas permis de négliger les égards dus à ceux qui sont plus âgés que nous, quelqu’un a-t-il le droit de ne pas remplir les importants devoirs d’un sujet envers son prince ? En voulant se conserver sans tache, il violerait les grandes lois des relations sociales. L’homme honorable accepte les charges, pour remplir le devoir qu’il a de servir son prince. La Voie ne règne plus ; nous le savons depuis longtemps. »

Tcheou koung, instruisant le prince de Lou, lui dit : « Un prince ne néglige pas ceux qui lui sont unis par le sang. Il a soin que les grands officiers ne puissent pas se plaindre de n’être pas employés. À moins d’une raison grave, il ne rejette pas ceux qui ont servi l’État de génération en génération. Il n’exige pas qu’un homme possède à lui seul tous les talents et toutes les qualités. »
 
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