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Extraits des Entretiens de Confucius (ou Lunyu), chapitre XX PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction d'Ici la Chine   
Vendredi, 11 Décembre 2009 12:40

Extraits des Entretiens de Confucius (ou Lunyu), chapitre XX
Lunyu, ou les Entretiens de Confucius, reste à ce jour l'une des plus belles sources de sagesse chinoise. On peut y sentir la profondeur du maître spirituel que fut Kong Zi. La rédaction d'Ici la Chine vous propose des extraits du dix-neuvième chapitre.

Ces extraits proviennent de la traduction de Séraphin Couvreur (1835-1919), un père jésuite qui a traduit de nombreuses oeuvres littéraires, poétiques et philosophiques du monde chinois ancien. La transcription des noms ne correspond donc pas au hanyu pinyin (la méthode officielle en Chine) mais à celle de l'Ecole Française d' Extrême-Orient (EFEO).

Le roi Ou fondateur de la dynastie des Tcheou, répandit ses bienfaits dans tout l’empire. Il n’enrichit que les hommes bons. « Bien que [le tyran Tcheou] ait beaucoup de proches parents, dit-il, ils ne valent pas les hommes pleinement humains. Si 1e peuple faute, que j’en sois le seul responsable. »

Il régla les poids et les mesures, révisa les lois et les ordonnances, rétablit les charges [qui avaient été établies par Tcheou] ; et, dans tout l’empire, l’administration reprit son cours. Il reconstitua les principautés supprimées, donna une postérité adoptive aux chefs des grandes familles morts sans enfants mâles ; éleva aux charges les hommes capables qui avaient été laissés dans la vie privée ; et tous les cœurs furent à lui.

Il attachait une grande importance à la subsistance du peuple, aux funérailles et aux sacrifices. Si un prince est magnanime, il se conciliera tous les cœurs ; s’il est digne de confiance, le peuple s’en remettra à lui ; s’il est diligent, il mènera toutes ses œuvres à bonne fin ; s’il est juste, il fera la joie du peuple.

Tzeu tchang demanda à Confucius ce qu’il fallait faire pour bien gouverner. Le Maître répondit : « Il faut avoir en estime cinq qualités, et éviter quatre défauts ; cela suffit. – Quelles sont ces cinq qualités ? » dit Tzeu tchang. Le Maître répondit : « L’homme honorable exerce la bienfaisance, sans rien dépenser ; il fait travailler le peuple, sans le mécontenter ; il a des désirs, sans être cupide ; il est majestueux sans orgueil, imposant sans brusquerie. »

Tzeu tchang dit : « Comment exerce-t-il la bienfaisance sans rien dépenser ? » Le Maître répondit : « Il favorise tout ce qui profite au peuple ; par ce moyen, n’exerce-t-il pas la bienfaisance sans rien dépenser ? Il ne lui impose que des travaux dont il est capable ; dès lors, qui serait mécontent ? Il désire la bonté, et il l’obtient ; comment serait-il cupide ? Pour l’homme honorable, il n’y a pas de majorité ou de minorité, ni même de petit ou de grand. Il est sans arrogance ni mépris. N’est-il pas digne sans orgueil ? L’homme honorable prend garde que ses vêtements et son bonnet soient bien ajustés, que ses regards aient de la dignité. Sa gravité inspire le respect. N’est-il pas majestueux sans être dur ? »

Tzeu tchang demanda ensuite quels étaient les quatre défauts à éviter. Le Maître répondit : « Ne pas instruire ses sujets, et les punir de mort, c’est de la cruauté. Sans avoir averti d’avance, exiger que le travail [imposé] soit terminé tout de suite, c’est de la tyrannie. Donner des ordres peu pressants et hâter ensuite l’exécution, c’est de la fourberie. Quand il s’agit de payer, régler avec parcimonie, c’est agir comme un intendant. »

Le Maître dit : « Celui qui ne connaît pas le Décret céleste ne saurait être un homme honorable. Celui qui ne connaît pas les règles et les usages ne saurait s’affermir. Celui qui ne connaît pas le sens des propos, ne peut connaître les hommes. »
 
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