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Extraits des Entretiens de Confucius (Lunyu), chapitre XII PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction d'Ici la Chine   
Samedi, 05 Décembre 2009 16:00

Extraits des Entretiens de Confucius (Lunyu), chapitre XII, crédit : Christophe Lefumeux

Lunyu, ou les Entretiens de Confucius, reste à ce jour l'une des plus belles sources de sagesse chinoise. On peut y sentir la profondeur du maître spirituel que fut Kong Zi. La rédaction d'Ici la Chine vous propose des extraits du douzième chapitre.


Ces extraits proviennent de la traduction de Séraphin Couvreur (1835-1919), un père jésuite qui a traduit de nombreuses oeuvres littéraires, poétiques et philosophiques du monde chinois ancien. La transcription des noms ne correspond donc pas au hanyu pinyin (la méthode officielle en Chine) mais à celle de l'Ecole Française d' Extrême-Orient (EFEO).


Ien Iuen ayant interrogé Confucius sur la vertu d’humanité, le Maître répondit : « Se maîtriser soi-même, et revenir aux rites de la courtoisie, c’est cela le sens d’humanité. Si un jour on parvenait à se maîtriser soi-même, et à rétablir les rites, aussitôt le monde entier recouvrerait cette vertu d’humanité. Agir en ce sens, ne dépend-il pas de nous-mêmes et non des autres ? » Ien Iuen dit : « Permettez-moi de vous demander quelle est la méthode à suivre. » Le Maître répondit : « Ne rien regarder, ne rien écouter qui soit contraire aux rites de la courtoisie ; ne rien dire, ne rien faire qui soit contraire aux rites de la courtoisie. » Ien Iuen dit : « Malgré mon manque d’intelligence, permettez-moi de me mettre au service de ces préceptes. »
Tchoung koung interrogea Confucius sur le sens d’humanité. Le Maître répondit : « En sortant de la maison, sois attentif, comme si tu voyais un hôte distingué ; en commandant au peuple, sois aussi diligent que si tu célébrais un sacrifice solennel ; ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse à toi-même. Dans la principauté, personne ne sera mécontent de toi ; dans la famille, personne ne se plaindra de toi. » Tchoung koung dit : « Malgré mon manque d’intelligence, permettez-moi de me mettre au service de ces préceptes. »
Seu ma Gniou ayant interrogé Confucius sur la vertu d’humanité, le Maître répondit : « Il est ardu d’en parler. » Seu ma Gniou dit : « Est-ce donc si difficile de parler de la vertu d’humanité ? » Le Maître répondit : « S’il est difficile de la mettre en pratique, comment ne le serait-il pas d’en parler ? »

Seu ma Gniou dit avec chagrin : « Les autres hommes ont tous des frères ; je suis le seul qui n’en aie plus. » Tzeu hia répondit : « j’ai entendu dire que la vie et la mort dépendent du destin, que les richesses et les honneurs dépendent du Ciel. L’homme honorable veille sans cesse sur sa propre conduite ; il est respectueux et civilisé. Entre les quatre mers, tous les hommes sont ses frères. L’homme honorable a-t-il lieu de s’affliger de n’avoir plus de frères ? »

Seu ma Gniou était de la principauté de Soung. Voyant son second frère Hiang T’ouei exciter une révolte contre le prince de Soung, et ses autres frères Tzeu k’i et Tzeu kiu prendre part à ce crime, il éprouvait une grande affliction, et disait : « Les autres hommes ont tous des frères ; je suis le seul qui n’en aie plus. »
Tzeu tchang demanda en quoi consiste la lucidité. Le Maître répondit : « Ne pas se laisser imprégner par les calomnies, ni se laisser meurtrir par les accusations ; cela peut s’appeler lucidité. Ne pas se laisser imprégner par les calomnies, ni se laisser meurtrir par les accusations, c’est la lucidité d’un homme qui voit loin. »
Ngai, prince de Lou, dit à Iou Jo : « Cette année les récoltes ont manqué ; et je n’ai pas assez pour faire face aux besoins ; que faut-il faire ? » Iou Jo répondit : « Pourquoi ne percevez-vous pas la dixième partie des produits de la terre ? » Le prince dit : « Les deux dixièmes ne me suffisent pas. Comment puis-je n’exiger qu’un dixième ? » Iou Jo répliqua : « Si le peuple ne manque de rien, comment le prince serait-il le seul dans le besoin ? Si le peuple est dans le besoin, comment le prince serait-il le seul à ne manquer de rien ? »
Ki K’ang tzeu, interrogeant Confucius sur la manière de gouverner, lui dit : « Ne ferais-je pas bien de mettre à mort ceux qui contreviennent à la Voie, pour faire place à ceux qui la suivent ? » Confucius répondit : « Pour gouverner le peuple, Seigneur, avez-vous besoin de tuer ? Vous-même tendez vers le bien, et le peuple sera bon. La Vertu du prince est comme le vent ; celle du peuple est comme l’herbe. Au souffle du vent, l’herbe se courbe toujours. »
 
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