Extraits des Entretiens de Confucius (Lunyu), chapitre VIII

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Spiritualités - Confucianisme
Écrit par La rédaction d'Ici la Chine   
10-10-2008

Extraits des Entretiens de Confucius (Lunyu), chapitre VIIILunyu, ou les Entretiens de Confucius, reste à ce jour l'une des plus belles sources de sagesse chinoise. On peut y sentir la profondeur du maître spirituel que fut Kong Zi. La rédaction d'Ici la Chine vous propose des extraits du huitième chapitre.

Ces extraits proviennent de la traduction de Séraphin Couvreur (1835-1919), un père jésuite qui a traduit de nombreuses oeuvres littéraires, poétiques et philosophiques du monde chinois ancien. La transcription des noms ne correspond donc pas au hanyu pinyin (la méthode officielle en Chine) mais à celle de l'Ecole Française d' Extrême-Orient (EFEO).

Le Maître dit : « Sans civilité la politesse devient laborieuse, la circonspection craintive, le courage rebelle, la franchise offensante. Que le prince remplisse avec zèle ses devoirs envers ses proches, et le peuple sera mû par le bien. Que le prince n’abandonne pas ses anciens amis, et le peuple ne sera pas négligent. »

Tseng tzeu mourant reçut la visite de Meng King tzeu¹. Prenant la parole, il lui dit : « L’oiseau qui va mourir crie d’une voix plaintive ; quand un homme va mourir ses paroles sont authentiques. Un homme honorable a surtout soin de trois choses : éviter la violence et l’insolence dans ses attitudes et dans ses gestes, garder une expression qui inspire confiance, prendre un ton dénué de vulgarité et de bassesse. Pour ce qui est des vases rituels de bambou ou de bois, il y a des officiers pour en prendre soin. »

Tseng tzeu dit : « Être habile, et interroger ceux qui ne le sont pas, avoir beaucoup, et interroger ceux qui ont peu, faire passer son acquis pour du non-acquis, et sa plénitude pour du vide ; recevoir des offenses sans les contester, j’avais autrefois un ami qui agissait ainsi. »

Tseng tzeu dit : « Un gentilhomme doit être robuste et courageux. Le fardeau est lourd, et le voyage long. Son fardeau, c’est la pratique de la vertu d’humanité ; n’est-ce pas lourd ? Son voyage ne finira qu’après la mort ; n’est-ce pas long ? »

Le Maître dit : « On peut amener le peuple à faire ce qu’il doit ; mais on ne peut lui en faire connaître le pourquoi. »

Le Maître dit : « Celui qui aime à montrer de la bravoure et supporte avec peine sa pauvreté causera du désordre. Si un homme, qui n’est pas pleinement humain, se voit trop détesté, il tombera dans le désordre. »

Le Maître dit : « Un homme eût-il les belles qualités de Tcheou koung, s’il est orgueilleux et avare, rien en lui ne mérite d’être regardé. »

Le Maître dit : « Adonnez-vous à l’étude avec une foi profonde, conservez la bonne voie jusqu’à la mort ; n’entrez pas dans un pays troublé ; ne demeurez pas dans un État en rébellion. Si le monde suit la Voie, montrez-vous, sinon cachez-vous. Si le pays suit la Voie, ayez honte de n’avoir ni richesses ni honneurs. Mais s’il ne la suit pas, ayez honte d’en avoir. »

Le Maître dit : « Étudiez, comme si vous aviez toujours à acquérir ; et craignez de perdre ce que vous avez acquis. »

 
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