Extraits des Entretiens de Confucius (Lunyu), chapitre X

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Spiritualités - Confucianisme
Écrit par La rédaction d'Ici la Chine   
22-10-2008

Extraits des Entretiens de Confucius (Lunyu), chapitre XLunyu, ou les Entretiens de Confucius, reste à ce jour l'une des plus belles sources de sagesse chinoise. On peut y sentir la profondeur du maître spirituel que fut Kong Zi. La rédaction d'Ici la Chine vous propose des extraits du dixième chapitre.

Ces extraits proviennent de la traduction de Séraphin Couvreur (1835-1919), un père jésuite qui a traduit de nombreuses oeuvres littéraires, poétiques et philosophiques du monde chinois ancien. La transcription des noms ne correspond donc pas au hanyu pinyin (la méthode officielle en Chine) mais à celle de l'Ecole Française d' Extrême-Orient (EFEO).

Confucius, dans le village où demeurait sa famille, était très simple ; il semblait ne pas savoir parler. Dans le temple des ancêtres et à la cour du prince, il s’exprimait clairement, mais avec une attention respectueuse.

Dans le palais du prince, il parlait aux inférieurs avec fermeté et sans détours, aux supérieurs avec affabilité et franchise. En présence du prince, il montrait une crainte presque respectueuse, une noble gravité.

Confucius aimait que sa bouillie fût faite d’un riz très pur, et son hachis composé de viande hachée très fin. Il ne mangeait pas la bouillie qui était moisie et gâtée, ni le poisson ni la viande avariés. Il ne mangeait pas un mets qui avait perdu sa couleur ou son odeur ordinaire.

Il ne mangeait pas un mets qui n’était pas cuit convenablement, ni un fruit qui n’était pas assez mûr. Il ne mangeait pas ce qui n’avait pas été coupé d’une manière régulière, ni ce qui n’avait pas été assaisonné avec la sauce convenable.

Lors même que les viandes abondaient, il ne prenait pas plus de viande que de nourriture végétale. La quantité de boisson fermentée dont il usait n’était pas déterminée ; mais elle n’allait jamais jusqu’à l’enivrer. Il ne voulait pas de liqueur fermentée ni de viande séchée qui eussent été achetées. Il avait toujours du gingembre sur sa table. Il ne mangeait pas avec excès.

Couché pour prendre son repos, il ne s’étendait pas dans la position d’un cadavre. À la maison, son maintien n’avait rien de trop grave. Lorsqu’il voyait un homme en deuil, fût-ce un ami intime, il prenait un air de compassion. Lorsqu’il voyait un homme en bonnet de cérémonie ou un aveugle, même en particulier, il ne manquait pas de lui donner une marque de respect.

Lorsqu’il était en char, s’il voyait un homme en grand deuil, il s’inclinait jusqu’à la barre d’appui. S’il rencontrait un homme portant les tablettes du cens, il s’inclinait de la même manière. Quand on lui avait préparé un grand festin, il se levait et remerciait le maître de la maison. Quand le tonnerre grondait ou que le vent se déchaînait, il blêmissait.

 
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