Pékin, entre tradition et modernité

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Tourisme - Villes chinoises
Écrit par Céline Tabou   
12-10-2008

Pékin, entre tradition et modernité

Pékin est l’une des plus anciennes villes de Chine. Son architecture est représentative de la pensée classique chinoise qui veut que le monde soit carré. La ville est le centre politique, culturel et intellectuel de la Chine et la seconde ville du continent. Métropole historique mais moderne, Beijing offre aux touristes et aux habitants monts et merveilles.

Photos : Christophe Lefumeux

La Grande Muraille, un symbole de Pékin et de la ChineBeijing 北京, pinyin : Běijīng

Statut administratif : Municipalité autonome

Superficie : 16 808 Km²

Population : 16,33 millions d’habitants pour toute la municipalité, 7,5 dans la zone urbaine

Préfixe téléphonique : 10

Code postal : 100000 - 102600

Latitude et longitude: 39°54’20’’Nord et 116°23’29’’ Est

Le savez-vous ?

-Ce sont les missionnaires français qui ont francisé «Pékin» au XVIIème siècle sans prendre en compte le changement de prononciation. D’ailleurs, les Allemands et Néerlandais disent «Peking» tandis que les Portugais utilisent «Pequim», les Italiens «Pechino» et les anglophones emploient le mot chinois «Beijing».

-C‘est à 50 Km de la capitale que les archéologues ont retrouvé l’Homme de Pékin ou Sinanthrope en 1921. Cette découverte montre que la ville a été peuplée dès le néolithique.

-La meilleure vue de la Cité interdite est à l’aube aux alentours de 6 h du matin, lorsque le soleil se lève sur la Cité.

-Les adeptes de Taiji Quan se retrouvent dans les parcs de la ville et côtoient les anciens chanteurs d’Opéra qui font leurs vocalises.

-La bicyclette est le moyen de transport le plus utilisé en ville même si des routes et des autoroutes ont été construites ces dernières années.

Présentation :

Le climat continental de la ville donne des étés chauds et des hivers froids et secs. C’est dans cette atmosphère que la ville loge plus de 16 millions de Pékinois sur une superficie de 16 800 km².

Pékin administre dix-huit subdivisions, soit seize districts et deux xian, eux-mêmes divisés en 273 cantons, comprenant 119 bourgs, 24 cantons, 5 cantons ethniques et 125 sous-districts.

Les districts dans la zone urbaine de pékin sont :

Une moment de vieDongcheng - 东城区 Dōngchéng Qū ;

Xicheng - 西城区 Xīchéng Qū ;

Chongwen - 崇文区 Chóngwén Qū ;

Xuanwu - 宣武区 Xuānwǔ Qū ;

Chaoyang - 朝阳区 Cháoyáng Qū ;

Haidian - 海淀区 Hǎidiàn Qū ;

Fengtai - 丰台区 Fēngtái Qū ;

Shijingshan - 石景山区 Shíjǐngshān Qū.

Les banlieues ou villes satellites de la métropole sont :

Mentougou - 门头沟区 Méntóugōu Qū ;

Fangshan - 房山区 Fángshān Qū ;

Tongzhou - 通州区 Tōngzhōu Qū ;

Shunyi - 顺义区 Shùnyì Qū ;

Changping - 昌平区 Chāngpíng Qū ;

Daxing - 大兴区 Dàxīng Qū.

Les deux districts et xian situés dans les zones rurales et semi-rurales de Pékin :

le district de Pinggu - 平谷区 Pínggǔ Qū ;

le district de Huairou - 怀柔区 Huáiróu Qū ;

le xian de Miyun - 密云县 Mìyún Xiàn ;

le xian de Yanqing - 延庆县 Yánqìng Xiàn.

De Ji à Bejing, une identité donnée par l'histoire

La Cité InterditeAu cours de l’histoire, la ville prit différents noms en fonction des dirigeants qui s’y installaient. Le plus ancien nom de la ville remonte à 1000 ans avant J.C., on le doit au Premier Empereur de Chine, Qin Shi Huangdi : Jì (, signifiant "chardon").

Lors des Royaumes Combattants, la ville devint Yanjing, ainsi que la capitale de la dynastie Yan. Vinrent ensuite les dynasties Tang (Youzhou), Jin (Zhōngdū, 中都, Capitale du Centre), Yuan (Dàdū, 大都, Grande Capitale ou Khanbalik qui veut dire Ville du Khan en mongol), Qing (Gemun Hecen, capitale en mandchou, ou Jīngshì 京市 en mandarin) ainsi.

Ce n’est qu’en 1928, que Pékin redevient Běipíng (北平, Paix du Nord) après avoir eu ce nom sous la dynastie Ming. L’appellation officielle a été votée par le Guomindang afin de redonner à la ville sa fonction de médiateur durant les expéditions militaires au nord de la Chine.

Effectivement, pendant les conflits entre le Parti Communiste de Mao Zedong et Zhou Enlai et la Ligne Nationaliste «à l’occidentale», dirigée par Sun Yat Set (Chang Kai-chek), le Guomindang transfère la capitale à Nankin.

Brûlée par Gengis Khan, reconstruite par Kubilai

Entre 1115 et 1215, Pékin est dominée par les Jin du Nord, qui la nomme Zhongdu puis Dadu. Toutefois, la ville est brûlée par l’empereur mongol Gengis Khan en 1215. De nombreux changements s’effectuent : en 1264, Pékin est reconstruite par Kubilai Khan, fils de l’Empereur mongol qui l'avait brûlée.

Kubilai Khan crée la dynastie Yuan et fait de la ville la capitale de tout l'Empire, elle porte alors le nom de Khanbalik. Mais en 1368, les Ming renversent le pouvoir Yuan et font de Nankin, la nouvelle capitale. Khanbalik devient alors Beiping (北平), qui signifie «paix du nord».

La Cité Interdite, le Temple du Ciel, deux joyaux pour une seule ville

Le Temple du CielAfin de refléter l’ordre cosmique et être conforme aux normes géométriques, Pékin est construite comme un gigantesque damier. La ville abrite plusieurs monuments comme la Cité Interdite, ainsi que le Temple du Ciel, construit par l’empereur de la dynastie Ming, Yongle au début des années 1400.

Ces monuments regardent vers le midi pour être protégés des influences néfastes yin venant du nord. Les anciens pensaient que le yang, qui est une énergie positive, venait du sud.

La Cité Interdite a été construite entre 1407 et 1420. Elle est devenue aujourd’hui un musée qui recèle de trésors de l’histoire de Chine. Le nom complet du Palais Impérial est la Cité pourpre interdite (Zǐjìn Chéng, 紫禁城) en référence à l’étoile violette de l’astronomie chinoise et qui correspond à l’étoile polaire dans l’astronomie occidentale.

Au centre de Pékin, la Cité s’étend sur 720 000 m² et fût le centre administratif de l’Etat dans l’histoire du pays. Egalement appelé Gùgōng (故宫, «l'ancien palais»), le monument est devenu l’une des attractions touristiques à ne pas manquer quand on visite Pékin.

Le Temple du Ciel a lui été construit dans la vieille ville chinoise, dans le district de Xuanwu. L’empereur de Chine était considéré comme le «fils du Ciel», représentant la figure de l’autorité céleste.

Le temple est un lieu de culte carré au sud et rond au nord, pour offrir ses sacrifices, l’empereur passait de la terre carrée au ciel circulaire. Les experts s’accordent à dire que le Temple du Ciel (Tian tan) est un chef d’œuvre de l’art religieux chinois.

Transformée par les Jeux Olympiques

Depuis que le CIO (Comité international olympique) a décerné les Jeux Olympiques à Pékin en 2001, la ville s’est transformée en une mégalopole où se côtoient temples anciens et gratte-ciels tous neufs.

Des habitants ont dû quitter leurs logements afin que les bulldozers redonnent une image à Pékin et également à la Chine entière. Les fameux «hutong» ont été pour beaucoup détruits aux profits des nouvelles structures olympiques.

Avec l’arrivée des Jeux, Pékin s'est divisée en cinq quartiers principaux : le quartier des hautes technologies, le quartier olympique, le quartier des services généraux, le quartier commercial et le quartier historique. La rénovation qu’a subi la ville a permis d’étendre le réseau de transport ferré, de rénover certains vieux quartiers et d’améliorer les infrastructures, notamment pour les handicapés.

La seconde ville économique du pays

Une rue commerçante à WangfujingImposant centre industriel et commercial, Pékin est située dans une des régions les plus riches du pays, notamment avec la présence de la mine de fer de Longyan et la mine de charbon de Mentougou. Les secteurs traditionnels comme la sculpture de jade, de laques ou les tapis tissés sont toujours une ressource importante pour la cité.

Les investissements en capitaux fixes ont doublé, lorsque la ville s’est vue offerte l’organisation des Jeux Olympiques, principalement dans l’immobilier. La ville se développe grâce à sa diversité de secteurs économiques : agroalimentaire, textile (coton et textiles synthétiques), confection, chimie, (engrais, pharmacie), papeterie, électronique, imprimerie, métallurgie, automobile, mécanique de précision et bien sûr, le tourisme.

Une particularité de la ville est d’être segmentée en fonction des secteurs d’activité : par exemple, le quartier des affaires et de l’administration se trouvent à l’ouest, alors que le quartier international, qui regroupe les ambassades et les entreprises étrangères, est à l’est.

Des aménagements hydrauliques (barrages-réservoirs) ont été réalisés pour satisfaire les énormes besoins en eau et en électricité de la mégapole, ce qui a permis à l’agriculture péri-urbaine (fruits, légumes, élevage) de se développer grâce à l’irrigation.

Les communications et les échanges ont été au cours des années développés pour offrir aujourd’hui aux citadins de nouveaux moyens à la mesure des technologies japonaises. Lors des Jeux, l’aéroport international de Pékin a vu son nombre de passagers augmenter considérablement.

Les multiples transformations de Pékin ont conduit à un développement urbain considérable et une croissance de l’économie de la ville. Certains spécialistes parlent de «renaissance culturelle», mais à quel prix ?

 
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