Yi Jing, une origine mystérieuse et mythique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Jucha   
Vendredi, 11 Décembre 2009 22:45

Fuxi, personnage de légende et créateur présumé du Yijing

Ouvrage à la base de tous les courants de pensée d'origine chinoise, le Yi Jing n'en est pas moins entouré d'un grand mystère. Il est difficile d'établir précisément sa date de création, et ainsi, l'histoire de sa paternité prend volontiers une forme mythique.

A lire également :

Introduction sur le Yi Jing

La structure du Yi Jing


Que sont les trigrammes et les hexagrammes ?


Comment consulter le Yi Jing ?

Yi Jing 易经

 

Aussi communément appelé Yi King, son nom français est souvent «Livre des Mutations», mais la traduction la plus fidèle consisterait à l'appeler «le Classique des changements»

yì : facile, simple - change, échanger - changement

jīng : livre canonique, classique

 

Il est impossible d'affirmer avec certitude quelle est l'origine du Yi Jing, ce qui augmente un peu plus son prestige et le mystère qui l'entoure. Sa création est surtout l'objet de spéculations et son contenu reste encore sujet à l'étude aujourd'hui.

Selon les experts, il existerait plusieurs versions du Classique des Changements, celle nous étant parvenue serait la dernière et la seule ayant été conservée. On positionne en général la naissance de l'ouvrage dans le premier millénaire avant l'ère chrétienne, pendant la période des Zhou occidentaux.

Concernant l'auteur, ou le créateur du Yi Jing, il semblerait qu'il faudrait se fier aux légendes et à l'hypothèse que l'ouvrage aurait été retravaillé au fil du temps, du moins pour la version que nous connaissons.

La tradition attribue sa conception à quatre grands héros exemplaires de la Chine : Fu Xi, le Roi Wen, le duc de Zhou et Confucius lui-même (d'où parfois la classification du Yi Jing comme un ouvrage classique du Confucianisme). Réalité historique ou besoin idéologique, la version la plus communément acceptée se base sur ces quatre personnages.

Fu Xi comme créateur ?

Le Duc Zhou GongPersonnage mythique, Fu Xi est généralement considéré comme le «père» de la civilisation chinoise et du Yi Jing dans sa forme originelle. Cette théorie fait sortir le livre de toute limite historique connue, et lui donne une importance majeure, égale à celle des trois autres piliers de la civilisation chinoise attribués à Fuxi : l'écriture, les rites et la cuisine.

Fu Xi est considéré par certains comme un fondateur potentiel des huit trigrammes (bagua 八卦) , au même titre qu'un autre personnage de légende : Yu le Grand, fondateur de la dynastie Xia. La possibilité d'une origine étrangère ne peut non plus être écartée, car les huit trigrammes ne sont pas des caractères d'écriture, et n'ont donc aucun lien avec les signes chinois (Hanzi : 汉字).

Mais le livre a visiblement évolué au fil du temps, des éléments comme les commentaires y étant ajoutés, d'autres étant modifiés.

C'est ici que les trois autres héros chinois interviennent :

-le roi Wen Wang, dont l'existence est historiquement attestée, fonda vers 1100 avant notre ère la dynastie des Zhou (1150-750 avant JC). C'est lui qui aurait développé les 64 hexagrammes à partir des huits trigrammes. A son époque, le Yi Jing était utilisé pour les oracles.

-le duc Zhou Gong (l'un des fils du roi Wen), qui fut un administrateur modèle, serait l'auteur des premiers commentaires qui accompagnent chacun des 64 hexagrammes.
Confucius, dont le duc Zhou Gong aurait été l'un des modèles, étudia intensément le Yi Jing à la fin de sa vie, et aurait contribué à le modifier. La majeure partie des commentaires officiels des 64 hexagrammes lui sont attribués. D'où la tendance à classer le Yi Jing comme un classique confucéen.
Il est possible que par l'intermédiaire de ces trois personnages, l'ouvrage se soit éloigné de sa nature initiale.

Yi Jing, une évolution des techniques d'oracles ?

Les tortues ont de bonnes raisons de ne pas aimer le YijingDans la période précédent la création du Yi Jing, l'usage d'oracles était courant sur le sol chinois. Une méthode très répandue consistait à faire brûler des carapaces de tortues, et d'en interpréter les craquelures. Tous les résultats étaient archivés.

Sous la dynastie Zhou, cette technique était progressivement abandonnée et l'on consultait directement les carapaces gardées en archives. En effet, la notion cyclique du temps des hommes de cette période leur faisait penser que chaque question devait avoir sa réponse sur une carapace déjà utilisée.

Finalement, pour simplifier, on allait progressivement changer de support, en passant aux tiges de bambou. Les intellectuels de l'époque auraient réduit les possibilités à 64 situations, et vers le IIIe siècle avant JC seraient nés les hexagrammes...

Ce serait ensuite durant la dynastie Han que l'ouvrage prit sa forme telle que nous la connaissons aujourd'hui. A la même époque, il devient la référence de base de presque tous les courants de pensée en Chine (à l'exception notable du Bouddhisme) jusqu'à l'arrivée des puissances coloniales occidentales.

La version du Yi Jing que nous connaissons aujourd'hui est la seule qui ait survécu jusqu'à notre époque. Sa valeur est inestimable de part la sagesse pluri millénaire qu'elle propose. Néanmoins, il faut prendre en considération le fait qu'elle est probablement éloignée de la forme originelle, laquelle restera certainement à jamais un mystère pour l'humanité.
 
Bookmark and Share
Dao De Jing, le Livre de la Voie et de la Vertu (Livre I chapitre 21)

article thumbnail

Chapitre vingt-et-un du Livre I du Dao De Jing (Tao Te King), l'ouvrage de base du Taoïsme, généralement attribué à Lao Zi.


Dao De Jing, le Livre de la Voie et de la Vertu (Livre I chapitre 20)

article thumbnail

Chapitre vingt du Livre I du Dao De Jing (Tao Te King), l'ouvrage de base du Taoïsme, généralement attribué à Lao Zi.


Dao De Jing, le Livre de la Voie et de la Vertu (Livre I chapitre 19)

article thumbnail

Chapitre dix-neuf du Livre I du Dao De Jing (Tao Te King), l'ouvrage de base du Taoïsme, généralement attribué à Lao Zi.


Dao De Jing, le Livre de la Voie et de la Vertu (Livre I chapitre 18)

article thumbnail

Chapitre dix-huit du Livre I du Dao De Jing (Tao Te King), l'ouvrage de base du Taoïsme, généralement attribué à Lao Zi.


Dao De Jing, le Livre de la Voie et de la Vertu (Livre I chapitre 17)

article thumbnail

Chapitre dix-sept du Livre I du Dao De Jing (Tao Te King), l'ouvrage de base du Taoïsme, généralement attribué à Lao Zi.